‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 484 sur 517 · OLINDE, CLORINDE · texte numérisé non relu

OLINDE, CLORINDE

CLORINDE

Non, demeurez, Olinde.

Ciel! que vois-je? C'est lui!.. Reconnais-tu Clorindc?

38 OLINDE ET SOPHROME.

Oui, c'est lui! que le ciel me permet de revoir Pour m'acquitter ici du plus juste devoir. Ne le souvient-il pas que je t'ai dû la vie Qu'un barbare sans toi m'aurait bientôt ravie , Et qu'au camp des chrétiens déjà prêle à périr, Ta main de l'un des tiens daigna me secourir?

OLINDE

Que t'importent mes soins quand je meurs ta victime? J'ai trop à regretter ma pitié qui m'opprime, Aujourd'hui que le ciel m'a remis dans tes mains Pour exercer sur moi tes ordres inhumains.

CLORINDE

A cet excès , ô ciel ! as-tu pu té méprendre ? Tu m'as sauvé le jour et je viens te le rendre.

OLINDE

Le ciel par trop de nœuds nous a faits ennemis.

CLORINDE

Il voulait ton trépas, et ne l'a pas permis. Depuis que tes bienfaits honorèrent tes armes, Combien à ton absence ai-je donné de larmes ? Je te retrouve enfin; c'est assez de t'aimer Pour conserver des jours qui m'avaient su charmer, Qu'importe des honneurs et de la vaine image Dont Aladin séduit veut relever l'hommage? Je ferai plus pour toi qu'excuser l'attenlat Qui d'un culte frivole a tiré tant d'éclaî.

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