‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 498 sur 517 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

NARSÈS, CLOMNDE.

CLORINDE

Ah ! je vous ai trahi!... c'est moi dont la douleur Vous ramène eu ces lieux témoins de sa fureur. Il faut le pardonner à l'amour qui m'enflamme ; Au zèle dont l'ardeur avait rempli mon âme Pour ces fils d' Aladin , tristes jouets du sort , Qu'un barbare destin condamnait à la mort. Tancrède a révélé le secret de leur vie. Il est donc vrai, mon père, Olinde et Sophronie Sont ces tristes enfans, proscrits par le malheur, Qu' Aladin sur le trône appelle en sa douleur? Du secret de leurs jours vous avez connaissance \ Et vous allez au Pioi révéler leur naissance.

NARSÈS

Ah ! que me dites-vous? J'ai fait serment à Dieu

De cacher ce secret dont vous voulez l'aveu.

Olinde, ce héros, ne me doit pas la vie,

Dont l'origine ici lui vient d'être ravie,

Et de son nouveau rang lui montrer les liens

Ce serait l'enlever à la foi des chrétiens,

A ce joug, à ce Dieu qui l'avait su soumettre,

Et sans vous l'attacher le ravir à son maître.

Quel est d'ailleurs sur lui l'espoir que vous formez?

Croyez-vous l'obtenir ainsi que vous l'aimez ?

CLORINDE

Et d'où naîtrait pour moi sa faible résistance?

56 OLINDE ET SOPHROiNlE.

NARSÈS

Du besoin d'éviter, de fuir votre présence ; D'un secret ignoré qui changeant vos destins Va remettre les siens peut-être en d'autres mains. Vous connaissez son sort , mais apprenez le vôtre , Et quel lien étroit vous a joints l'un à l'autre.

Ce que je vous ai dit du prince et de la cour, Où dans l'Ethiopie on vous donna le jour, N'est qu'un déguisement , un récit lamentable Où j'ai peint de vos maux l'histoire véritable. Dans ces lieux en effet, aux rives du Jourdain > Vous reçûtes le jour de l'hymen d'Aladin. Bientôt à votre mère il en coûta la vie. Un ordre dont soudain cette mort fut suivie, Et qui fut précédé de votre enlèvement, Aux caresses du Roi remit un autre enfant. Sophronie , accordée aux vœux de ma famille , Abusa sa tendresse et passa pour sa fille. Du moins dans ce palais ramenés par l'honneur, Et nouveaux conquérans du temple du Seigneur, Les chrétiens l'ont pour telle à ses murs arrachée , Et depuis dans la foule elle resta cachée , Quand le Sultan vainqueur, rentré dans ses états, Voulut mais vainement éclaircir son trépas. Mais aujourd'hui qu'enfin par dimprudens mystères Je puis l'asseoir pour vous au trône de vos pères, Ou que vous révélant vos droits à cet honneur De vos jours éternels je risque le bouhenr. Tremblant de la livrer au sort qui la menace , Ou risquant le danger de vous mettre à sa place ,

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