‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 501 sur 517 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CLORINDE, TANCRÊDE.

Tancrède encor ! vient- il rire de ma douleur i3 Vient-il pour m'éprouver et braver mon malheur, Aujourd'hui que des siens je me suis vu la fable? Et le jouet encor d'un sort plus misérable, Méprisée à tel point par l'un de ces chrétiens Qu'il a vu sans pitié mes pleurs humilians, Lui ! dans qui j'avais mis toute mon espérance ! Mais tu viens, je l'ai dit, jouir de ma souffrance.

TANCRÈDE

Non; mais vous-même ici vous ne m'épargnez pas Les traits injurieux dont je lis l'embarras,

60 OLLNDË ET SOPHROiNIE.

Et ce n'est, je le vois, que l'injure à la bouche

Que vous me témoignez la douleur qui vous touche.

Mais il n'importe enfin, prêt à quitter ces lieux

Tancrède à vos genoux apporte ses adieux ;

Ou plutôt, dans l'horreur qui de mes sens s'empare,

Je vous viens annoncer l'assaut qui se prépare;

Contre moi-même enûn prêt à vous protéger

Je vous viens prémunir contre un nouveau danger.

GLORINDE.

Cesse, cesse, il est temps de prendre ma défense, Ou par tes soins toi-même avance sa présence. Il me tarde déjà que pour m'en délivrer Je ne sois avec toi prête à me mesurer; Aussi bien c'est par là, ce n'est que par ta fuite, Que je m'assurerai de ta vaine poursuite; Ce n'est qu'en t'éprouvant les armes dans les mains Que je mettrai, cruel, un terme à tes desseins; Et ma mort, jusque-là, si long-temps attendue Au moins si je te perds ne sera pas perdue!

TANCRÈDE

Eh quoi ! pour Aladin, honteuse de trembler

Vous ne redoutez pas de lui tout immoler?

Lui ! qui de votre amour contraignant la tendresse

Se plaît à tourmenter l'objet de votre ivresse.

Ne vaudrait-il pas mieux, cherchant d'autres soutiens,

Accompagner mes pas aux tentes des chrétiens ?

De vos vrais ennemis trompant la surveillance

Revenir à leurs yeux montrer voire vaillance,

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