‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 504 sur 517 · ACTE V, SCÈNE I. G · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I. G

Puisse d'abord Tancrèdc, offert à mes regards, Affronter le premier la pointe de nos dards! Lui ! jaloux du Croissant qu'il se flatte d'abattre , Et qu'en soldat du Cbrist, je brûle de combattre. Mais vainqueur des chrétiens des rives du Jourdain , Des tribus de Sion ministre moins hautain , Bornant à mes efforts votre offense impunie, Il vous faut épargner Olinde et Sophronie.

ALADIN

Qui, moi! leur pardonner?

CLORINDE

Seigneur, si ces enfans, Si ces amans livrés à vos ressenlimens... S'ils étaient... Si vos fils... Ciel ! que lui vais-je dire? Oui , du pardon sur eux les bienfaits doivent luire.

ALADIN

Quoi ! lorsque dans ces murs de ces séditieux L'exemple a ranimé le zèle furieux ; Quand leur supplice encor, loin d'étonner l'audace , Rappelle l'ennemi qu'effrayait la menace, Je leur pardonnerais leur aveugle projet ! Vous-même d'où vous vient un si tendre intérêt ? Me direz-vous, pourquoi cette pitié soudaine En face du supplice et de leur mort prochaine? Pourquoi retardez-vous Tordre de leur trépas?

CLORINDE

Aucun motif, Seigneur, n'arrête votre bras.

(>/t OLINDE ET SOPHRONIE.

Frappez, si vous Posez... Ma confiance extrême Ne peut sur sa pitié s'interroger soi-même ; Mais, si de vos rigueurs vous condamniez l'excès, Suivez dans vos regrets les conseils de Narsès. Que ce vieillard surtout, que ma clémence embrasse , Parmi les révoltés ait part à votre grâce.

al ad m.

Quoi ! de Narsès encor vous implorez l'appui? Dans nos divisions vous me parlez pour lui? Quand la rébellion, à sa voix rallumée , De la ville et du camp a gagné notre armée. Trop lent à le punir , plus prompt à le juger, Pour la dernière fois je vais l'interroger.

Page 1