NARSÈS, CLORINDE
CLORINDE
Ah! mon père, est-ce vous?
m OLIINDE ET SOPHRONIE.
Eh bien, vous Pavez-vu?.. Leur perte est assurée ! En vain quelques instans l'ai-je ici différée. Farouche, inexorable, impétueux il sort; Et de son fils lui-même il va hâter la mort.
rURSÈS.
Eh quoi! de vos aveux étonnant sa tendresse, Vous n'avez pu glacer sa fureur vengeresse?' Qu'attendait votre espoir de lui nommer son fils, Et d'arrêter sur vous ses soupirs attendris ?
CLOÏUNDE.
Vous ie dirai-je ; hélas !.. Près de m'en faire entendre, Près de rompre un secret dont mon sort va dépendre, J'ai craint de m'expliquer : j'ai frémi des aveux Dont l'indiscrétion allait trancher nos nœuds. Condamnez, s'il le faut, mon indigne faiblesse; Malgré les nœuds du sang, maître de ma tendresse , Olinde, hélas! mon frère! est plus cher à mon cœur ; Et m'ordonne un secret dont dépend mon bonheur. Mais pour tarir enfin la source de mes larmes, Je retourne aux chrétiens rapporter les alarmes, Leur envoyer la mort, et retarder des coups Dont se venge Aladin sur Olinde et sur vous. Vous, durant ces momens, retenez sa furie , Du nom de ses enfans touchez sa barbarie, Et fléchissez le bras déjà levé sur eux.
NARSÈS
Eh ! le puis-je ? grand Dieu ! quand ce courage affreux Aux pièges de l'erreur les livre sans défense, Et va de nos chrétiens repousser l'alliance?