‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 510 sur 517 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Me (il cacher vingt ans ce secret téméraire Dont avec des chrétiens je fus dépositaire. Des mains de la victoire avec soin élevé, Olinde, à ce palais vous fûtes enlevé.

Dans la même défaite on comprit Sophronie Qui dans les mêmes lieux n'a pas reçu la vie ; Et vous saurez bientôt l'excuse de l'erreur...

SOPHRONIE

Non, n'éclaircissez point ce secret plein d'horreur; Et cachez-moi surtout la naissance cruelle Dont je repousserais l'excuse criminelle.

OLIKDE.

Non, je n'accepte point le déshonneur d'un rang Dont il faudrait rougir pour épargner mou sang !

SOPHROME.

Olinde, de ce rang dont nous sommes victimes Nous faudra-l-il souffrir les mépris légitimes, Quand désormais les noms et de frère et de sœur Nous défendent des nœuds trop remplis de douceur? Non ; que de nos transports la flamme s'ennoblisse Dans les tourmens divins, la gloire du supplice. Donnons à notre amour le bûcher pour tombeau; Et que de notre hymen ses feux soient le flambeau.

Oui, Narsès, lorsqu'en vous, je ne vois plus mon père, Ne me conseillez plus l'inceste ou l'adultère. Au devant des tourmens nous marchons avec vous, Aux mêmes feux cruels, veuez , conduisez-nous.

SOPHRONIE

C'est la gloire où j'aspire !

NARSÈS

Et je vais vous y suivre !

A de si saints transports je ne saurais survivre.

(// sort.) SCÈNE VII.

ALADIN

Oui , du bord de l'abîme on peut vous rappeler : Pour la dernière fois je veux bien vous parler. Mais quand autour de moi la trahison conspire, Vos aveux m'apprendront si c'est vous qu'elle inspire. Dans l'ombre du secret jusqu'ici triomphans, Vous allez en mes mains remettre ces enfans, *e§ fils au pied du trône élevés pour la gloire, Et dont Jérusalem garde encor la mémoire. Madame, de plus près liée à mes malheurs , Et des chagrins d'un père instruite par vos pleurs, De vos parens aussi cruellement privée, Vous sentez de quels pleurs mon âme est abreuvée. Vous me rendrez mes fils rappelés du trépas. Qu'ils vivent !

SOPHRONIE

Moi , Seigneur ! je ne les connais pas;

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