ACTE V, SCÈNE VIL
El je dois à vos vœux encor ce témoignage, Que vos prétentions me seraient un outrage ; Et que sur vos enîans ce que je viens d'ouïr N'a rien qui m'encouragea vous les découvrir ; Que si même ma voix vous parlait pour leur compte Leur rang, que vous m'offrez, me serait une honle.
ALADIN
Mon fils ! me gardes -tu la même inimitié, Et comme elle pour moi seras-tu sans pitié?
OLINDE
Moi ! que prétend ici , Seigneur, votre vengeance ?
Que je vienne livrer vos fils en sa puissance ?
Mais pour qu'à vos désirs je puisse me prêter
Il faudrait quelque droit à les manifester.
Et quels droits avez-vous à ces nœuds légitimes,
Vous qui faites ici nos malheurs par vos crimes ?
Quelle tâche, Seigneur, pour ces (ils malheureux
Que le sang des chrétiens que vous versez pour eux !
Non, jamais leur vertu n'acceptera pour père
L'ennemi de ce Dieu leur appui tutélaire.
Mais s'agit-il ici de notre adoption ,
Et venons-nous traiter de grâce ou de pardon ?
Nous avons enlevé la statue à vos crimes ;
Elle ou moi, choisissez : nos vœux sont unanimes.
Tous deux aux châtimens avons des droits égaux :
Qu'on nous fasse tous deux conduire à vos bourreaux.
ALADIN
Eh bien , J'adoucirai la dureté barbare
De l'inhumaine loi qui de moi vous sépare.
C'est peu que des tourmens je vous veuille excepter, Pour mes enfans encor je vous vieus adopter. Que ma clémence en vous se fasse enfin connaître, Si vous n'êtes mes fils vous méritez de l'être.
OLINDE
Qu'on nous mène à la mort.
ALADIN
(A part.) Sortez. Vous allez voir Sur vos cœurs endurcis ce que peut mon pouvoir.