SCÈNE IX
ALADIN, NARSÈS, ÏSMEN.
ISMEN
Ah ! Seigneur, des chrétiens l'échafaud dispersé Des mains des révoltés vient d'être renversé. Le peuple, qui partage et leur rend l'espérance, De Sion hautement prêche la délivrance.
Hors des murs la révolte à ce signal répond , Des deux camps rapprochés le peuple se confond , Et déjà des remparts se disputant les portes, L'ennemi dans la ville assiège nos cohortes. Mais ce qui dans mon cœur a chassé tout espoir, Et ce que sans horreur mes regards n'ont pu voir : A ce tumulte horrible un calme affreux succède; J'ai vu se mesurer Clorinde avec Tancrède, Et Clorinde long- temps résiste à ce héros. Mais d'un trait qui la frappe, avec de longs sanglots, Son casque détaché, laisse voir la guerrière Vomissant à longs flots son sang sur la poussière.
ILv OLINDE- ET SOPliRONIE.
Désormais dans nos murs il n'est rien de sacré !
De ses affreux exploits Tancrède est égaré ;
Il regrette le prix que lui coûte sa gloire ,
Et plus que nous cent fois déteste sa victoire.
Il paraît à vos yeux.
ALADIN
Le temple est envahi.
Ismen, de nos soldats amenez-nous l'appui.