‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 516 sur 517 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

SOPHRONIE, OLINDE (Peuple, Suite d' Olinde et de Sophronie) , NARSÈS , TANCRÈDE , CLOR1NDE {Suite de Clorinde et de Tancrède).

sophronie, à Narsès.

O mon père !

OLINDE

O Narsès! de notre délivrance , Admirez le bienfait.

NARSÈS

O sort inespéré !

OLINDE

A peine du bûcher me vois-je délivré,

Le peuple de ses mains nous flatte , nous couronne ;

Et nous pousse au palais que la foule environne.

Nous avons vu le Roi porté par des soldats

De tendresse et d'effroi tendre vers nous les bras ;

Et pleins d'un souvenir, maître de ma tendresse ,

Une égale pitié pour lui nous intéresse.

Mais il n'était plus temps, et le Roi massacré,

Satisfait aux fureurs de ce peuple égaré,

Oui de la voix du ciel appuyait sa sentence,

Et croit servir ainsi la céleste vengeance.

11 voit dans notre règne un nouveau rédempteur,

Et le Roi qu'il détrône est un usurpateur.

Mais quel farouche aspect d'une douleur amère

Attriste mes regards? Vous pleurez, ô mon père!

Je vois Clorinde en sang, le teint inanimé ;

Et dans le désespoir ïancrède est abîmé.

TANCREDE

Oui , j'ai privé du jour l'amante qui t'adore.

Oui, sois juste envers moi : c'est ta main que j'implore

Olinde, venge-toi.

CLORINDE

Respecte ses douleurs, Olinde, et sans courroux laisse couler ses pleurs. Unis ta destinée aux jours de Sophronie, Elle , que la naissance à toi n'a pas unie. Le sais-tu? Dans ton sang j'avais puisé le jour. Le ciel dès le berceau condamnait mon amour; La seule Sophronie eut des droits sur Olinde, Et reçut pour faimer la place de Clorinde. Aimez-vous, et hâtez, pressez de justes nœuds » Dont le ciel eut blâmé mes détestables feux.

(à Tancrède).

Témoin en ce moment d'un plus grand sacrifice, Ami , que de mes vœux ton âme se remplisse. Du casque sur mon front abattu par les mains. Verse l'eau salutaire au repos des humains.

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