‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 515 sur 517 · ACTE V, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE X

TANCHE DE

Vous me pardonneriez? Mais vous, mais vous! barbares, Qui lui donnez la mort... serez-vous plus avares De ce sang malheureux, pour elle répandu! Non , non , tranchez mes jours ; je m'y suis attendu. Quand j'hésite à hâter cette mort que j'appelle , Ma main à me frapper n'en est que plus cruelle. Au remords qui me suit pourrais-je résister ? Je la prive du jour et ne puis me l'ôter ! La nuit même à mes pleurs ouvrira ma paupière ; Toujours avec horreur je verrai la lumière. Frappez, punissez-moi: c'est m'épargner assez.

ALADIN

Oui, noyons dans son sang ses transports insensés. Avançons, suivez-moi.

CIORINDE.

Non , malheureux monarque.

Retenez du pouvoir cette impuissante marque, Et cédons au destin qui courbe sous ses lois Le bras de l'héroïne et le sceptre des rois. C'est son ordre éternel que ma voix vous annonce : Rebelles, redoutez l'arrêt qu'on vous prononce ! Le Seigneur parle en maître, et vainqueur du Croissant L'étendard de Sion s'avance triomphant.

Mais parmi les horreurs que ce désordre entraîne , Et les exploits sanglans d'une rage inhumaine, Parmi ces fils mourans dans l'horreur des cachots, Et traînés en martyrs au pied deséchafauds,

7(5 OLINDE ET SOPHKOME.

Savez-vous de quels traits frappe ici voire vue, Celle qui vous surprend d'une horreur imprévue? Le ciel pour vous toucher semble emprunter ma voix ,. Et vous parle aujourd'hui pour la dernière fois. Expirante à vos pieds vous voyez votre fille, Et le ciel en mourant vous rend votre famille.

TANCRÈDE

Vous, Madame, à ce point vous l'auriez donc chéri? (à Aïadin)

Barbare! et sa douleur ne t'a pas attendri? Je me pardonnerais une mort qui me passe, h sa pitié pour toi ne me demandait grâce.

ALADIN

D'un mensonge si noir me laissant éblouir, Moi ! qu'à lui pardonner je puisse m'avilir?

(Aux gardes amenés far Ismen) .

Soldats, secourez-moi.

tancrède, à sa suite.

Soldats, qu'on les enchaîne.

(Une lutte s'engage entre les troupes d'Aladin et de Tan-

crède, où Aladin est repoussé avec les siens) . Lui-même est emporté dans sa fuite soudaine! Et me laisse à vos pieds les baigner de mes pleurs. Narsès à mon amour déroba vos malheurs ; Vous au trône nourrie et des rois descendue, Madame? ah ! ma pitié vous aurait défendue! Je cours...

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