JEUNES ATHÉNIENS
THÉSÉE
Arrêtez! de vos lâches transports Epargnez à vos mains la honte et les remords. Thésée est devant vous! il vient punir les crimes Dont vos cruels soutiens prodiguaient les victimes. Je leur arrache un bien qu'ils n'ont pu posséder 5 N'ayant plus leur appui , c'est à vous de céder : Reconnaissez vos torts.
MÉDÉE
Mes torts ? ah ! j'en fais gloire :
Oui, j'osais à vos mains disputer la victoire ;
8o THÉSÉE.
J'osai vous envier et l'empire et le jour $ Destinant la couronne aux fils d'un autre amour , De Médée , il est vrai , reconnaissez l'audace , D'âgée entre ses bras j'avais proscrit la race. Je ne m'en défends pas : oui , j'ai détruit l'abri , L'asile hospitalier que je m'étais choisi. Venez , si vous l'osez, me fermer la carrière, Et dans vos fers honteux m'arrêter prisonnière; Je saurai bien encor m'en affranchir aussi : Dieux , éclatez , tonnez et tirez-moi d'ici. Je laisse sur mes pas la terre intimidée , Et plus d'un jour encor tu connaîtras Médée.
( Médée sort au bruit du tonnerre et au feu des éclairs excités par ses
imprécations. )
THÉSÉE
Vous courez vers mon père? arrêtez des soupçons Dont j'ai conçu pour lui de trop justes raisons.