‹ Thésée, ou, Les lois de MinosChapitre 97 sur 517 · CÉTHÉGUS, TULLIE · texte numérisé non relu

CÉTHÉGUS, TULLIE

TULLIE

Eh bien î autour de moi lorsque je vous implore, Avec Catilina je vous retrouve encore ?

32 CATILINA

En vain, dans Ja pitié qui me parle pour vous,

A vous en détacher j'ai porté mon époux ;

Mes larmes , mes efforts n'ont rien pu sur votre âme ;

Vous ne connaissez plus les pleurs de votre femme.

Depuis que de vos goûts ce tyran détesté

Vous soumet à l'excès de son autorité ,

Du bonheur de nos nœuds l'immortelle tendresse

Ne vous arrête plus pour en goûter l'ivresse ;

Dans votre empressement vous ne me cherchez plus;

L'ennemi qui corrompt jusques à vos vertus,

Sans estimer le bien dont lui-même il me prive,

Au mépris de mes droits tout entier vous captive.

Ah ! vous renoncerez au penchant réprouvé

Du cruel ennemi sur ma perte élevé ;

Céthégus, à lui-même abandonnez un traître.

CÉTHÉGUS

Que dites-vous, ô ciel ! puis-je le reconnaître,

Aux traits que votre haine ose se figurer ?

Moi, de Catilina vouloir me séparer !

Que j'immole des nœuds d'une telle importance

Aux soupçons odieux de votre défiance !

Mais de ce sacrifice avant de me parler,

Savez-vous quels devoirs je lui peux immoler ?

Je vous aime, et vous plaire est mon unique envie ,

En dépit des soupçons dont ma flamme est suivie.

Mais réduit au besoin de violer ma foi

Ou de trahir l'ami qui s'abandonne à moi ,

S'il faut entre vous deux que mon ame incertaine

Ne cède à l'amitié qu'en méritant la haine ,

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