ACTE II, SCÈNE VIII
Alors", forçant un choix qu'on veut tyranniser, Calilina lui seul en pourrait disposer ; Oui , lui seul de mon cœur disposerait en maître , Et vous en bannirait , vous qui prétendez Fétre.
tullie.
A quel point le cruel a fasciné vos yeux ! Et voilà donc sur vous tout le fruit de mes vœux ? Ainsi vous refusez aux plus tendres alarmes Cet heureux changement mérité par mes larmes ? Ah ! voyez sous vos pas quel est l'abîme ouvert, Et de vos noirs complots le crime à découvert. Artisans odieux des malheurs de l'empire , C'est à le renverser que votre audace aspire.
CÉTHÉGUS
Moi!
TULLIE
Vous. Déjà ce bruit glace tous les esprits,
Et c'est à conspirer que je vous ai surpris.
Insensés, jusque-là la fureur vous égare î
Vous pensez que pour vous le destin se déclare ?
Mais des dieux protecteurs le courroux irrité
Ne peut prêter d'excuse, à votre impunité.
Rome et ces mêmes dieux, auteurs de la victoire,
N'ont point à vos forfaits abandonné sa gloire.
Le succès plus long-temps ne saurait vous tromper,
Le sort qui vous flattait s'apprête à vous frapper 5
Un revers éclatant et la mort la plus prompte,
Devient de vos apprêts le supplice et la honte.
34 CATILINA
CÉ THÉ G US
TuJlie , au nom des dieux , ne suivez point mes pas i
TULLIE
Mes soupçons m'éclairaient , je ne me trompais pas. De mes prédictions la menace l 'irrite ; Suivons-le, et m'assurons du transport qui l'agite.
FIN DU SECOND ACTE