‹ Thèses d'après Hoené Wronski. Philosophie de la religion, ou Solution des problèmes de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'hommeChapitre 1 sur 5 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Voici la proposition qui a motivé la production et la publication du présent travail sur la philosophie de Hoêné Wronski :

Donner au lecteur, comme principe, une idée assez complexe de la Découverte de Là vérité que contiennent les ouvrages philosophiques de Hoéné Wronski ; et donner, commeî conséquence, une idée assez complexe de l'application de cette Vérité dans les différentes sphères de Tactivité humaine, philosophique, morale, politiqne, religieuse, et historique, que contiennent également !.j ouvrages de Wronski, pour que le lecteur, assez éclairé par cette double idée anticipée, puisse recourir, pour la fin péremptoire que tout homme, doué de raisoa et avide de savoir, doit ambitionner dans la connaissance de la vérité, à la doctrine même de cet illustre philosophe. — L'expérience prouvera^ si, en présumant trop de ma tentative pleine d'efforts et en Taccomplissant, je n'ai point eu, l'une ou l'autre, ou une trop faible estime des contemporains de Wronski dont les ouvrages, dans leur publication successive remontant à 50 ans (1803 à 1853), ne leur ont point transmis la participation à la vérité, ce qui manifesterait alors leur indifférence pour elle, ou une

trop grande confiance en leur spontanéité et vocation présente, pour attendre d'eux, aujourd'hui, le recours salutaire à la vérité, ce qui manifesterait, de leur part, le sentiment de la vérité, et en provoquerait dès lors l'établissement.

Il s'agissait, pour accomplir ce but proposé, de produire un ensemble de doctrine dont, d'ailleurs, tous les éléments épars m'étaient fournis dans les nombreux ouvrages de Wronski, mais un corps de doctrine qui fût mien, et qui pût ainsi prouver une égale participation aux travaux, prétendus incompréhensibles, de Wronski, de la part de tout homme qui voudrait s'y livrer. Et en prenant mon point initial dans la Religion, qui implique tous les problèmes de la raison, en tant que révélation de la vérité^ je fus conduit à leur solution par le mérite de la philosophie» de qui dépend la création de la vérité. De la sorte, par la Philosophie et par la Religion qui lui doit son accomplissement, par l'une et par l'autre, fut op^ré l'égal accomplissement des destinées humaines , réalisées dans l'Histoire, leur manifestation, et garanties par la Politique ou la constitution définitive de l'État. — Tel a été l'objet de mon but pour répondre à l'objet de ma susdite proposition. La question est à savoû: si je suis parvenu à l'accomplir. S'il n'en est rien, le défaut est mon fait, car les éléments de ce but résident incontestablement dans les ouvrages de l'illustre philosophe.

Maintenant, le lecteur, entre les mains duquel tombera le présent travail, s'il n'a pas le sens philoQophique, que je déclare au moins qualité suffisante, ou la culture préalable de la philosophie depuis son origine jusqu'à son développement opéré en Allemagne, peut repousser ce livre, car, ce serait peine perdue pour lui. U peut continuer d'appliquer ses loisirs à sa convenance, quoiqu'il

n'y ait pas d'autre objet dans la destination de rhonuM, en vertu de sa raison, que les fins proposées par la plii-* losopbie*

Ce n*est point à dire que la philosophie doive imposer des modifications restrictives à la vie commune, ainsi qu'on s'en fait une fausse idée chez les philosophes représentés avec le rigorisme empesé de leur doctrine. Il n'en est rien, la philosophie, en se proposant, en vertu de son savcnr, comme la nomothétique de la vie dans toutes ses acceptions, se constitue, par là même, son auxiliaire et non sa gène. Elle donne et ne retire rien aux hommes, qui demeurent avec les nécessaires inclinations de la nature. C'est ainsi qu'elle produit les lois des sciences et du savoir, ces guides vers la notion des réalités de l'univers, qui, en reflétant la puissance du Créateur et l'immensité de la création, signalent à l'homme la grandeur dont il doit revêtir les attributs. Elle produit les principes du droit dans l'ordre juridique avec soumission à la Souveraineté dont elle rehausse la majesté ; elle produit les principes de la vertu dans l'ordre éthique auquel elle attache la Sainteté de l'Église. Elle établit la certitude du monde moral et éternel, et par là elle relie la société, ranime la pratique des devoirs, et élève la dignité humsdne. Et par la substitution des principes immuables de la raison à la vague et indéterminée opinion publique des faits, elle s'oppose à la perpétuité des erreurs et des préjugés, toujours obstacles au développement de la vérité. — Tel est l'objet de la philosophie qui, dès la plus haute antiquité, et dans tous les temps, a été poursuivi par les hommes supérieurs , et que Wronski est venu accomplir. De si hautes considérations qui portent sur le savoir créateur des réalités du monde, exigent, pour être saisies, une véritable création du savoir de oes réalités par le savoir de l'homme. Et c'est là ce qui rend difficile l'étude de la

philosophie, considérée comme développement de la réalité de notre savoir, ou comme eréatian de soi-même. Aussi, en face de cette difficulté, bien autre que celle de l'étude des sciences qui portent sur Yêtre^ ou sur ce qui n'est pas nous-mêmes^ et pour laquelle il suffit d'apporter de l'attention et du travail, l'esprit inférieur de l'homme se tronve-t-il comme révolté de la supériorité du génie créateur, et pour se relever d'une défaillance qui l'offhsque et le déprime, le voit-on s'en prendre à la vérité inabordable qu'il ne craint pas de revêtir de rèvme et même de folie. Heureusement l'esprit supérieur de l'homme du Bien et du Vrai ne se laissera pas démonter par ces clameurs de bas étage , et n'en continuera pas lacnns la poursuite de ses investigations. Telle est mon espérance.

Nous croyons devoir donner ici la li^te des ouvrages de Wronski qui, par l'étude préalable que nous en avons faite, servent de base à notre travail présent :

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