VENIR
En ce qui concerne le Bien dans cette même 5* période, nous avons précédemment reconnu que la Moralité, dans sa neutralisation originaire, implique les deux éléments hétérogènes que voici: I'activité conditionnelle où prédomine l'idée physique de l'Intérêt, et I'activité inconditionnelle où prédomine l'idée hyperphysique du Devoir, Tune et l'autre cherchant, par une élaboration de plus en plus rapprochée, à se rendre identiques dans une
unité qui les réunirait dans une même activité sans les détruire, et transformerait le virtualisme de la Moralité dans le réalisme de la Moralité, telle qu'elle existe dans Tautogénie de la Liberté ou la création de soi-même par soi-même. Mais, malgré tous les efforts, la Moralité resta dans un problème incessamment insoluble. Ces éléments loin de s'identifier, restaient toujours dans leur prépondérance respective. Le premier de ces éléments, l'Activité conditionnelle, dans la 1" période ne fut comprise que comme une simple réceptibilité , c'est-àniire, une PASSIVITÉ morale sans règles déterminées. Dans la T période, après avoir été développé par le Socratisme et surtout dans l'École de Platon, elle fiit considérée comme une dépendance des besoins physiques. Dans la 3* période, par la Morale chrétienne, elle fut considérée comme un fait des penchants TERRESTRES cmpirés par le péché originel. Enfin, dans la 4' période, vers la fin, les Écoles sensuelles de l'Empirisme la fixèrent, telle que nous la désignons ici, dans une activité conditionnelle, hétéronomique, avec le caractère d'iNERTiE, soumise aux contingences pratiques de la vie. — Le deuxième de ces éléments, l'Activité inconditionnelle n'est encore comprise, dans la l'** période que comme une simple réaction morale sur le Bien physique que veut l'organisation corporelle ; ce n'est qu'une activité conditionnelle en ce qu'on la fait résider
dans la contemplation, considérée comme la plus haute vertu, méconnaissant, ainsi, l'activité inconditionnelle. Dans la 2" période, par son développement dans le Socratisme, elle fut considérée comme étant la liberté, manifestée par l'indépendance physique de l'homme. Dans la 3" période, et par la culture didactique de la Morale chrétienne, après le retour de l'ordre, elle fut considérée comme libre ARBITRE de l'homme, qui, au milieu de la dépendance des intérêts terrestres, fait discerner le bien et le mal. Enfin, dans la 4" période, vers la fin, les Écoles intellectuelles du Rationalisme la fixèrent, comme nous la signalons ici, dans une activité inconditionnelle, autonomique, avec le caractère de spontanéité, dans la nécessité pratique d'une détermination impérative de la volonté. — Et, la considération de l'hétérogénéité dans ces deux éléments de la Moralité, devenant un fait de conscience, le problème de la Moralité absolue se posa, comme cela devait se faire, dans la synthèse transcendantale de ces deux éléments, l'un, portant sur l'intérêt ou l'être physique dans l'homme, l'autre, portant sur le devoir ou l'être hyperphysique dans l'homme, tous les deux conditions l'un de l'autre, car sans l'intérêt il ne saurait y avoir de devoir, de même que sans le devoir il ne saurait y avoir d'intérêt. La solution de ce problème fut tentée par Kant dans sa Critique de la raison pratique, sous la
considération du Bien absolu dans la création du monde. Cette solution, bien qu'imparfaite en ce que, dans le postulat du Bieji absolu, s'y trouve impliquée la considération du Bien physique qui n'a rien d'absqlu, et qui, par conséquent, jioit lui rester étranger, c'est-à-dire que le Bien doit s'opérer malgré l'intérêt quand il lui ^st contraire, cette solution, dis-je, offre néanmoins la première constitution de la Philosophie pratique, et par rapport aux philosopbies antérieures, une véritable réforme morale. Dans l'appréciation des synthèses opérées par Kant, les lois morales se rangent en deux grandes classes que voici : d'un côté, les lois JURIDIQUES, fixant le Droite constituent dans la synthèse transcendantale des effets extérieurs des actions humaines (les intérêts) avec lfi^ moralité de ces actions (le devoir), la prédominance de Thétéronomie ou de l'activité conditionnelle sur l'autonomie ou l'activité inconditionnelle, qui n'intervient ici et n'exerce sa légi^lativi té juridique qu'à l'occasion de l'effet extérieur de l'action: ce qui établit la nécessité dans cette synthèse ; et de l'autre côté, les LOIS ÉTHIQUES, fixaut la VertUj constituent, dans la synthèse transcendantale des actions humaines (leur activité conditionnelle portant sur l'intérêt) avec les maximes intimes de ces actions (leur activité inconditionnelle portant sur le devoir), la prédominance (le Taulonomie sur l'hétéronomie qui assouplit
l'exigence de son action conditionnelle devant l'impératif inconditionnel de la loi éthique, ce qui introduit la Liberté dans cette synthèse. A ce terme, qui ne dépasse pas les phénomènes physiques du monde terrestre, la raison, pour satisfaire à Tidéal de sa réintégration hyper physique, veut donner une base absolue à ces lois morales. Mais, elle ne peut y parvenir, et tombe dans les antinomies pratiques qui l'avertissent bientôt que la sphère des intérêts terrestres est un obstacle à l'exercice de sa spontanéité créatrice. — Telle est la limite où viennent se clore les recherches de la PHiLosopmE pratique de Kant. Toutefois, la Moralité du monde créé, celle engendrée par les deux synthèses que nous venons d'apprécier, reçoit sa législativité pratique, c'est-à-dire la détermination des actions par des maximes qui peuvent s'étabUr en lois universelles: telle que celleci : « Agis d'après une maxime de fins, telle qu'elle « puisse servir de loi générale à chacun. :> — Cependant ces antinomies, par la perplexité où elles plongeaient la raison pratique, étaient bien de nature à provoquer la fondation de la Moralité dans l'identité de ses deux éléments contradictoires, hétéronomique et autonomique. Mais, l'attention, qui s'était si puissamment portée en Allemagne sur la fondation de la Réalité, telle qu'elle avait été effectivement accomplie, du moins dans son caractère extérieur par l'identité de Schelling, fut ainsi
détournée des considérations morales. Ce fut Schleiermacher qui en fit sentir le vide, sans que ce célèbre théologien fît, lui-même, rien pour le remplir. Ce fut, sans doute, un mal, car les conditions étaient déjà établies, du côté hétéronomique, tel que l'envisageait Jacobi dans le sens de Spinoza, pour voir dans le Non-Moi créateur, la Rémunération divine, considérée comme eflfet dans la Moralité, par conséquent comme une ampliation de Fétre dans l'homme ; et du côté autonomique, la haute activité morale que Fichte avait assignée au Moi créateur, qui transportait l'homme dans une sphère nouvelle, celle de la vie divine, signalait la Régénération spirituelle, considérée comme cause dans la Moralité, par conséquent comme une création de l'être dans l'homme. Or, l'unité logique de ces deux éléments créateurs, le Non-Moi et le Moi, eût établi une harmonie intellectuelle entre eux, qui aurait fait de la Régénération spirituelle, comme autonomie, un des éléments du Verbe, le principe spéculatif de la Moralité, attachant une fin, un but qui manque à la Moralité, celui de l'être éternel, but qui, pour être accompli, ferait de la Rémunération divine, comme hétéronomie, l'autre élément du Verbe, le principe pratique de la Moralité dans une action autolélique, qui, par son unité avec le principe spéculatif de la Moralité, est efiectivemenl en possession de la fin éternelle (jui lui manquait :
ce qui opérerait la transition de la Moralité ou de rhétéronomie à la Messianité ou à Tautonomie. Ainsi serait constitué, dans le Moi par le Moi, Tétre autostatique, par Taccomplissement spontané dans Têtre de l'homme, dans son hypostase, de Têtrecréé en lui. Et de même serait réalisée dans le Moi Tessence intime de l'Absolu, par laquelle lui serait assurée Tobtention de l'immortalité , ayant pour caractère la réalisation autostatique du Verbe dans l'homme par l'accomplissement final de la Loi du progrès, objet futur de la 7* période dans les temps DERNIERS. — Et dans cette même et dernière période du développement de l'humanité, la réunion systématique du savoir autostatique de la 6^ période, qui donne la Découverte de la vérité dans la notion de l'essence intime de l'Absolu, avec l'Être autostatique de la T période, qui donne YObtetftion de V immortalité dans la réalisation propre de l'essence intime de l'Absolu, opérerait, au moyen de l'accomplissement final de la Loi de création^ l'individualisation absolue des êtres raisonnables, c'est-à-dire, leur création propre. Et ainsi, et également, serait opéré dans le temps , 1' accomplissement des destinées ABSOLUES de l'humanité, cct accomplissemcut de la création de l'homme, qui est l'objet du Problème universel de l'Histoire.
Il nous reste à voir ce qu'a fait le Mysticisme dans notre actuelle 5" période, et d'en induire les prin-
cipes avec leurs conséquences, qu*on pourra déjà en prévoir pour les 6* et 7* périodes. — Les développements du Vrai et du Bien, tels qu'ils se sont manifestés dans la conscience humaine, et tels qu'ils se résument aujourd'hui, du côté du Vrai, dans la fixation de la Réalité, et du côté du Bien, dans la fixation de la Moralité, avec les conditions que nous avons assignées à Tune et à l'autre; ces développements n'ont pu être suivis par les êtres mystiques dans nul autre accomplissement que dans une altération de la haute origine des éléments du Vrai et du Bien, parce que, dépourvus de la spontanéité créatrice de la raison, ces êtres ne peuvent pénétrer que dans les replis du monde primitif, tels que le Magnétisme animal, et autres conceptions intellectuelles qui les montrent, aux yeux des autres hommes, comme étrangers au monde présent. Aussi, tous leurs efforts de confusion du monde primitif du mal avec le monde actuel du bien, n'ontils abouti encore qu'à retarder l'essor de la raison dans sa marche ascendante vers l'infini, sans en arrêter la poursuite qui se faisait malgré les obstacles. Ainsi, dans la 1'® période, où domine la Religion, quand la Philosophie, en suivant cette direction religieuse, reconnaît, dans le domaine pratique, le Précepte moral comme un commandement de Dieu et conclut à la Théocratie qui en prescrit los observances; et dans le domaine spéculatif.
reconnaît le Panthéisme comme universalité embrassant les individualités de la création, et conclut à la Démonocratie dans l'expression de la propension de l'homme au mal, la Bande, comme nous appellerons désormais le Mysticisme, qui triomphait alors dans la pratique souveraine des mystères théistiques et des prestiges de la thaumaturgie, cherchait à étouffer toute tendance rationnelle. Et c'est ce qu'elle fit en exerçant une violente répression contre le Bouddhisme, qui était la première manifestation du rationalisme ou de la réflexion spontanée dans l'homme. — Dans la 2* période, où domine la Philosophie, quand la Baison venait de découvrir l'idée du Devoir en opposition à celle de l'Intérêt, ce qui engendra l'idée de la spontanéité pratique cx)rélative à l'idée juridique de la Morale, par quoi l'on fut conduit, du côté de la Beligion, aux Mythes poétiques, interprètes des mystères religieux, et du côté de la Philosophie, à la distinction de l'idéalisme et du réalisme, la Bande, par son intervention, pervertit le sens de ces nouvelles créations dans la fameuse Ligue pythagoricienne fondée, en apparence, en faveur de la liberté politique, et en opposition secrète aux progrès rationnels des Mythes. Et elle courotine son œuvre par l'accusation et la mort de Socrate, l'homme qui précisément poussa au développement du Vrai et du Bien de cette période. — Dans la 3% où de nouveau domine
la Religion, quand la Philosophie, en suivant cette nouvelle direction, reconnaît la révélation de la Loi morale en opposition au Péché originel, ce qui , du côté pratique, engendra rétablissement de l'association éthique des hommes, l'Église, et du côté spéculatif, conduisit au Théologisme des Saints- Pères, et ultérieurement à la Philosophie scolastique, la Bande, pour arrêter l'essor de la spéculation vers les idées infinies, jeta la confusion dans les préceptes et dans les dogmes chrétiens, d'où suivirent les hérésies, la scission de l'Église grecque et latine, et surtout la rétrogradation du Christianisme au Théisme dans l'Islamisme, destinée à partager la domination de la terre. Et encore, du côté pratique, à la place des anciennes initiations aux mystères, tombées en désuétude par les progrès de la raison, elle forma les associations publiques et armées des Ismaéliens et des Templiers qui , ligués aux Musulmans, firent avorter le grand but des Croisades. De même, du côté spéculatif, elle arrêta les progrès philosophiques par la production de la Philosophie gnostique exclusive de toute rationalité, qui aboutit à la ridicule science des Théosophes, ces prétendus hommes supérieurs. Mais, le trait le plus caractéristique de la Bande dans cette 3" période, où l'humanité, vit, dans le Christ, le modèle divin et l'indice delà virtualité créatrice de l'homme, fut l'accusation et la condamnation à mort de Jésus
au milieu de deux larrons. — Enfin dans la 4*^ période, où de nouveau domine la Philosophie, quand la raison de l'homme, en cherchant, du côté spéculatif, la solution du problème du Verbe, révélé dans la période précédente, découvrit les conditions résolutives de ce problème dans l'idée du savoir comme Certitude^ où se manifeste la spontanéité du savoir, en opposition à l'idée de l'être comme Existence^ où se manifestent les simples données du savoir, ce qui établit rintellectualisme et le Sensualisme, précurseurs de la vraie philosophie; et quand, du côté pratique, par ces mêmes conditions du Verbe, et par l'union de la spontanéité spéculative de cette 4' période avec la spontanéité pratique de la 2* période, la raison fut conduite à l'idée de l'aptitude de l'homme à se donner sa propre législation morale, ce qu'elle exécuta dans la formation des Gouvernements constitutionnels où le droit divin est représenté par le chef de l'État comme source de la justice, et où le droit humain est représenté par les membres de l'État dans leur aveu ou désaveu de cette justice; la Bande, d'abord déroutée par de tels progrès inattendus, sortit de sa torpeur, et, pour paralyser autant qu'elle le put alors, cette salutaire tendance vers l'absolu, ouverte par le Protestantisme, pervertit la sphère philosophique par l'inepte LOGOMACHIE, qui n'cst qu'une dégénération du Psychologisme de Ix)cke et pervertit la sphère politique
en rejetant le principe du droit divin pour n'admettre que le principe du droit humain : d*où s'en suivit l'esprit révolutionnaire qui n'a cessé de régner depuis lors. Dans la Religion, la liberté de la pensée, qui fut le caractère dominant de cette 4* période, conduisit à scruter les hauts intérêts religieux; et réveil ainsi donné à la raison absolue, permit la solution temporelle du problème du Verbe au moyen de la jonction à la théologie de deux branches nouvelles, l'exégèse philologique et la dogmati(jue philosophique ; solution qui montra , par la preuve apogogique, Tabsurdité du Socinianisme et de son pendant, l'Athéisme, produits de la liberté de la pensée dans son essor abusif. La Bande, pour paralyser, de ce côté religieux, les hautes tendances qui s'y manifestaient, dans la sphère spéculative en pervertit le sens par la GNosiMAcmE, et dans la sphère pratique, seconda secrètement la cour de Rome dans la convocation du concile de Bâle et dans l'institution des Jésuites qui devaient réprimer l'extension du Protestantisme. Mais, l'autorité du pape ne fut pas plutôt et ainsi fortifiée, que la Bande, dans son allure accoutumée, en atténua la puissance par la scission de l'Église gallicane. Il en fut de même de l'institution des Jésuites qui , lorsqu'elle voulut s'opposer à la doctrine des Jansénistes n'admettant que la grâce, et, ainsi, détruisant toute la spontanéité humaine, fut perdue par Tintroduction de la
casuistique morale, due à de faux frères, n'appartenant point à cette illustre corporation qui alliait, dans ses principes de direction religieuse, Tharmonie de la grâce divine et du mérite humain, toute la portée du Christianisme. C'est encore à la Bande qu'il faut attribuer la Guerre de la Ligue, répression mystique de la raison pratique en France, et cause des révolutions politiques qui ont suivi, quand, d'un autre côté, éclatait la Guerre de Trente ans, suite de l'émancipation de la raison spéculative et religieuse en Allemagne, et cause de tout le développement philosophique dans cet illustre pays. La Saint-Barthélémy, l'Apostasie d'Henri IV, son Assassinat, la Bévocation de l'Édit de Nantes, ne peuvent s'expliquer que par la suggestion de l'esprit de confusion, et l'hypothèse de la puissance de la Bande. Aussi, vit-on la 4* période de l'humanité se fermer en France dans I'indifférence pour la vérité, qui €sous le nom gracieux de légèreté est devenue le € caractère dominant des Français dans les trois der- € niers siècles» par opposition à la réalité intellectuelle du savoir, objet de la culture des autres nations dans cette même période. Delà, cette tendance à la démoralisation absolue manifestée par I'esprit révolutionnaire, qui, par son existence dans le droit public des nations, sous le nom de Suffrage ou Vote universel, et autres interventions populaires,
met les gouvernements qui en sont entachés en
DEHORS i«s LOIS MORALES , et eu chasso, ainsi, ia représentation divine ; à moinâ que la qualité divijie de ces Lois tie soit réintégrée dans la personne du chef de l'État, comme en France, où TEmpereur édicté sa souveraineté au nom de la grâce de JHeUj et n'introduise, par là, un frein modérateur, une autorité impératoriale, dans les écarts éventuels, parce qu'ils sont inévitables, d'un tel ordre populaire : double état dangereux, figure d'une arme à deux tranchants, dont le caractère est nécessairement transitoire. — Le résultat final de cet esprit dé perversion se manifeste, ici, dans la haine implacable attachée au Protestantisme et au nom de Martin Luther, précisément à ce fondateur illustre de Témancipatiôn de la pensée, à laquelle sont dues les grandes découvertes du savoir humain, et ce Protestantisme qui est encore aujourd'hui l'expression de la moralité sur la terre. Ce fut alors, dans notre actuelle 5* période, après tant d'eflforts qui, tout en limitant l'élan de la raison, n'ont pu cependant en arrêter le développement, ce fut alors, dis-je, quie se posa le problème du Mysticisme absolu dans la confusion des caractères extérieurs du Verbe et de l'Absolu, tels que l'esprit de perversion les reçoit, dans leur pureté, de la Philosophie et de la Religion, leurs causes génétiques. Nous lui donnons la dénomination de MYSTICISME OCCIDENTAL, parcc que, dépouillé de tous les vestiges élémentaires des doctrines orientales, il
fait dériver ses principes des lumières qu'il peut saisir dans la présente civilisation européenne, sur laquelle il exerce son influence subversive. Ses connaissances qui, en définitive, ne proviennent que du Sentiment, cette faculté inférieure, purement physique, dans laquelle il excelle, ne peuvent donc, comme principe, porter, dans son défaut de facultés supérieures hyperphysiques, que sur les révélations, conséquences correspondantes au principe. En efi^et, c'est sur cette production, importante pour la raison par son caractère problématique de révélation de la vérité, que le Mysticisme, dans l'exercice actuel de ses actions, va fonder tous ses desseins, en défigurant le sens rationnel de ces hautes révélations par des modifications démoniques du monde primitif. Ainsi, il puise dans le Théisme ou le Judaïsme, tel que nous Tavons déterminé, le Mysticisme cabalistique dans le sens que nous lui avons également fixé ; dans le Christianisme, il puise le Mysticisme gnostique ; du Brahmanisme, cette transition progressive du Commandement de Dieu au Verbe en Dieu, il en fait le Mysticisme indien en remontant jusqu'au Dualisme mystique, les deux génies, Ormuz et Âhriman; enfin, dans Tlslamisme, cette transition régressive du Verbe en Dieu au Commandement de Dieu, il puise le Mysticisme musulman. Et de la combinaison systématique de ces quatre Mysticismes différents, résultent les deux Bandes succursales dont
nous avons déjà fait mention ^ le Mysticisme français et le Mysticisme germanique. La provenance de Fun date de la migration des Juifs d'Orient en Occident, et de la réunion de ceux-ci aux Templiers et aux Ismaéliens dans les écoles rabbinique et mauresque de TEspagne et du Portugal, lesquels, en s'affublant du simulacre chrétien, formèrent en France la Bande qui y a invétéré l'Esprit révolutionnaire. La provenance de l'autre doit être attribuée à la jonction du Mysticisme gnostique avec le Mysticisme indien, lors de la résurrection des études philologiques de l'Allemagne en vue de l'interprétation des livres sacrés. Elle siège particulièrement dans le sud de l'Allemagne avec le but apparent de restaurer le Catholicisme défaillant. Il nous est facile de confirmer l'existence de ces deux Bandes par des faits en correspondance avec les caractères que nous leur assignons ici. — D'abord, en ce qui concerne la Bande française, nous trouvons chez elle quatre classes distinctes de doctrine. Deux principales : la première, établit le principe sur lequel s'appuie le parti du droit humain extrême, dans l'argument de Voltaire et des Encyclopédistes en général, que voici : « Tout ce qui est « inintelligible pour l'homme, c'est-à-dire, insaisis- « sable directement ou indirectement par les sens, « est une absurdité ou du moins une chimère qui « n'a point de réalité >. De cette déclaration, il
résulte qu'il n'y a point de conditions hyperphysiques du savoir, et il n'y a de vérité que celle qui provient du bon sens ou de l'expérience: un tel argument, comme destructeur de la vérité, est destructeur de la Philosophie. La seconde, établit le principe du droit divin extrême, dans l'argument de Pascal et des Jansénistes en général, que voici : € L'homme, dans son état de péché originel, est € incapable de concevoir, hors la révélation, aucune € vérité absolue ; et cette incapacité constitue , € dans ce monde , son expiation du péché origi- € nel j>. Par cette autre déclaration, la raison est impuissante, et il suffit de la vérité révélée : un tel argument, comme destructeur des problèmes théologiques qui ne sauraient demeurer sans solution rationnelle, est destructeur de la religion. Mais, ces deux arguments, quoique formant, l'un, .celui de Voltaire, une anti- religiosité philosophique qui, par la limitation de la raison dans les sens, s'oppose à la transcendance des notions religieuses. Dieu, l'immortalité de l'âme, etc., qu'elle nie; et l'autre, celui de Pascal, formant un antipmLosoPHiSME religieux, qui, par la négation de la raison, s'oppose à la transcendance des principes philosophiques, la conscience par compréhension, la conscience par génie et la conscience par création; ces deux arguments, disons-nous, parce qu'ils sont susceptibles de modifications rationnelles, ne son
An
pas précisément de la perversion. Il n'en est pas de même des deyx autres classes, superfétations démoniques, complémentaires des deux doctrines, encyclopédiste et janséniste, qui, par leur confusion du corporel et du spirituel, ne sont nullement susceptibles de discussions rationnelles. En effet, la doctrine PHYSioGRATiQUË sur laquelle s'appuie la Bande française du côté du parti du droit humain, après la modification de l'intérêt économique puisé dansQuesnay, Turgot et consorts, se livre, chez les Saint-Simoniens et les Fouriéristes, à la prétention morale de réhabiliter LA CHAIR, ainsi qu'ils rappellent, ce que nous traduisons parla prétention de transmuer la matière en esprit, c'est-à dire, de faire triompher l'esprit démocratique sur l'esprit monarchique, et cela par une confusion que nous allons voir à l'instant. En voici la confirmation dans leur principe secret, mais qui n'est pas tellement voilé que nous n'ayons pu le transmettre en ces termes : « Perversion systéma- « tique des conditions physiques de l'homme, en € faisant considérer ces conditions passives comme « ayant une réalité absolue, et en niant ou mécon- € naissant que ces conditions inférieures n'ont « qu'une réalité relative au développement des con- € ditions hyperphysiques de l'homme, dont il reçoit « sa virtualité créatrice ou la spontanéité de sa rai- € son. » Or, prétendre que les conditions physiques consiiluent la Réalité absolue de l'homme, c'est, ni
plus ni moins, dans son application à la société juridique, faire prédominer les buts corporels sur les buts spirituels, et conformément à la distinction établie par cette doctrine entre Yélal social et Y état politiquej c'est accorder la préférence au premier, dans lequel, en effet s'est réalisé le but corporel de la 1'* période historique par le Bien-être physique ou de sentiment, sur le second, dans lequel s'est réalisé la Sûreté publique qui, par les conditions morales créées par la spontanéité pratique de la raison , garantit ce Bien physique qui n'existerait point sans ces conditions. C'est donc subordonner les lois morales aux lois physiques dans l'espèce humaine, c'est confondre ce qu'il y a de plus distinct dans la conscience intellectuelle; et de l'Absolu, qui est l'inertie des lois physiques ou de la matière, faire le Verbe, qui est la spontanéité pratique des lois morales ou Tesprit; et par conséquent,, sous le nom même du Progrès^ dont ils osent ainsi s'affubler, opérer une honteuse rétrogradation. — Il ne faudrait pas s'imaginer que cette ignoble Doctrine physiocratique, quoique latente aujourd'hui dans ses expressions théoriques, ait épuisé son règne. Bien au contraire, elle subsiste d'une manière pratique et très-développée; et, à notre insu, nous en recueillons les fruits d'immoralité. Qu'on veuille y porter l'attention nécessaire, et l'on verra ! — La DOCTRINE HiÉROcRATiQUE , sur laquelle s'appuie la
Bande française du côté du parti du droit divin est une manifestation des doctrines religieuses qui n'ont point cessé de paraître, de temps à autre, depuis la scission de TÉglise gallicane, et auxquelles on peut attribuer l'extinction de la foi en France. Cette Doctrine, en suivant les allures accoutumées de la confusion, et en se fondant sur les « Paroles d-un croyant ï>, autre et nouvelle manifestation de ces prétendues doctrines religieuses, prétend déduire de la révélation chrétienne à laquelle on doit l'origine de la souveraineté divine, l'égale origine de la souveraineté humaine, qui, comme on le sait, se caractérise par le désaveu des Lois morales et par conséquent de l'autorité qui a pour mission de garantir ces lois morales. Et, en partant de ce désaveu, qui ne correspond nullement à la prétendue cause chrétienne de la souveraineté humaine, elle s'ingère la fonction d'en redresser les abus en la faisant revenir de son esprit démocratique à l'esprit monarchique dont elle prône le semblant, car, au fond, comme on va le voir dans son principe secret, elle vise à transmuer l'esprit en matière. Voici son principe : « Perversion systématique des conditions hyper- « physiques de l'homme, en faisant considérer la « raison absolue et la virtualité créatrice qui lui sont « données par ces hautes conditions, comme étant, « en toute réalité, un poiivom destructeuu do ses « destinées , lorsque ros conditions supérieures
€ servent à arrêter en lui les élans physiques de la € vie et les profondes inspirations de son intimité « sentimentale ; en un mot, lorsqu'elles tendent à € anéantir ses conditions physiques. > Or, prétendre que les conditions hyperphysiques de Fhomme, dont il reçoit sa spontanéité créatrice, soient un Pouvoir destructeur de ses destinées que la Bande fait consister dans les conditions physiques, c'est, ni plus ni moins, dans l'application de ce principe à la société juridique des hommes, faire prédominer le but négatif de Moralité ou de garantie de la justice par la religion, tel que l'a développé la 3* période historique, sur le but positif de Bierir-étre spirituel ou de cognition, tel que l'a développé la 4* période; et conformément à l'intention systématique de cette doctrine de détruire l'esprit religieux quoiqu'avec le semblant contraire, c'est accorder la préférence à la Révélation, principe du but de la moralité par le problème du Verbe, sur la raison, qui, non-seulement, par la solution temporelle de ce problème, a ouvert la voie à la conscience de la virtualité créatrice dans l'homme, mais encore donne une sanction rationnelle à la révélation et par conséquent à la Religion, qui serait sans valeur sans cette solution. C'est donc subordonner la spontanéité spéculative de la Raison, les conditions hyperphysiques de l'homme, déjà anticipation sur la conscience immanente du Vorbo , à ses conditions physiques , à
l'inertie du Sentiment, qui n'aTOue ce Verbe que comme inhérent à Tessence de Dieu. — La confusion, ici, passerait notoirement pour une insigne absurdité, s'il ne fallait y voir la contradiction satanique qu'il s'agissait d'établir pour l'accomplissement des desseins de la Bande. En effet, il est hors de doute, que c'est à la spontanéité spéculative de la raison, par la susdite solution temporelle du problème du Verbe dans la réformation religieuse du Protestantisme, qu'appartient l'idée du droit qu'ont tous les hommes de concourir à la législation des États, et par là-même l'idée de la souyeraineté de droit humain, qui, jointe à l'idée antérieure de la souyeraineté du droit divin, ont fondé, dans leur réunion, les Gouvernements constitutionnels de la 4* période, donnant la qualité juridique de l'homme dans l'État, son égalité devant la loi. Or, attribuer l'origine de la souveraineté humaine au problème du Verbe dans la révélation chrétienne, qui a fondé la souveraineté de droit divin qui ne donne à l'homme que la qualité éthique ou hiérarchique dans l'Église, son égalité devant Dieu, c'est confondre ce qu'il y a de plus distinct dans la conscience intellectuelle; et du Verbe, qui est la spontanéité dans l'esprit, faire l'Absolu, qui est l'inertie dans la matière. Mais, il fallait obscurcir le vrai sens de l'origine de la souveraineté populaire, à laquelle sont attachés tant d'abus et de licences, et, en lui donnant la Religion
pour origiue, on mettait sur la cause le désaveu des Lois morales qui est l'efifet, et on portait ainsi un coup funeste à la Religion dont émanait cette souveraineté destructive. Et c'est encore une immoralité flagrante qui s'établit sans qu'on s'en aperçoive y et qui n'en restera pas là, comme on va le voir dans le concours simultané des deux doctrines, physiocratique et hiérocratique , à l'établissement d'un nouveau but de confusion plus désastreux qu'aucun autre par son influence sur l'ordre social, s'il recevait son accomplissement.
Ainsi que nous venons d'en arrêter les termes, les deux doctrines, hiérocratique et physiocratique, ne se sont attachées jusqu'alors qu'à l'anéantissement de la Religion et de la Philosophie, cherchant, par l'ime, à ruiner la morale, et par l'autre, à altérer la politique, qui, pour garantir la morale, cherche et trouve son appui dans cette morale même, d'où dérive son autorité. Ces perturbations ne leur suffisant point encore, nous allons les voir concourir en commun à la destruction de l'ordre social, tel que les successives et nécessaires relations humaines ont dû l'établir. A cette fin, cette corporation cherche et trouve son point d'appui dans les classes qui vivent du salaire de leur travail; et par un hypocrite APITOIEMENT SUT leuT prétendu sort malheureux, la Rande française, dans la communauté de ses desseins hiérocraliques et physiocra tiques, prétend améHorer
le sort de cette classe d'hommes, la plus noml)reuse comme elle là qualifie, par une réorganisation du travail dans la société : ce qui, directement, tend à pervertir Tordre moral de cette classe d'hommes, et indirectement tout Tordre social et économique : ordre économique qui, par suite des rapports humains, porte le caractère de la régularité et même de la nécessité, et non de la volonté qui n'en peut changer la marche sans le compromis que vont chercher à en faire ces deux doctrines réunies, dont les fausses promesses fondées sur les faux principes inculqués dans Tesprit malléable des travailleurs, doivent porter à la destruction de la société. Tel est, du moins, leur dessein prémédité. Or, la question est à savoir, s'il est moralement et physiquement possible de changer Tordre des relations existantes entre la classe d'hommes vivant du salaire de leur travail et les autres classes de la société? — En ce qui concerne, d'abord, la première partie de cette question, nous déclarons impossible un changement quelconque dans Tordre des relations, sucxîessivement établi dans le monde civilisé en vertu de Tessencc physique, morale et rationnelle de l'homme, à moins, au préalable, de parvenir à effacer de c^tte essence la dignité et la liberté, qui en sont, à la fois, la cause et Teffet. Car, cette essence, Thomme ne peut s'en donner la réalité que par le travail; r'est, en effet, par le travail
qu'il crée lui-même sa propre dignité et sa propre liberté; c'est par le travail qu'il acquiert ce qu'il veut posséder depuis les biens physiques jusqu'à son immortalité hyperphysique. De même, les biens terrestres dont l'humanité dispose et les lumières qu'elle possède à chaque période historique, sont les fruits du travail et forment les conditions de son développement .pour la réalisation de ses destinées par elle-même. Et quand l'homme ne possède, par le fait de ses ancêtres, aucun de ces moyens physiques pour sa fin hyperphysique, il doit les acquérir par le travail. Or, s'il en est ainsi, et il ne saurait en être autrement, toute atteinte portée à l'existence de l'homme ainsi que nous venons de la caractériser dans l'établissement des susdites relations, soit qu'il obtint cette existence par un moyen qui ne lui serait point propre , tel que le travail accumulé d'autrui, soit qu'elle lui fût conservée par un travail qui ne serait pas de son libre choix, constituerait une dégradation morale de l'homme , ainsi qu'il en serait de la classe des travailleurs, si elle était nourrie et instruite aux dépens des classes riches de la société, dont la richesse, qui n'est qu'un travail accumulé par leur fait propre, ou par le fait des ancêtres, ne doit, dans aucun cas, tomber à la merci de la disponibilité publique, comme nous en avons entendu proclamer la déclaration dans les jours néfastes de
la république de 1848, fruit avorté des horribles doctrines préconisées par la Bande. Il y a donc impossibilité morale à rien changer à Tordre des relations existantes. Il n'y a qu'un seul cas où il soit moralement permis et juridiquement possible de nourrir et d'instruire les classes pauvres aux dépens du travail accumulé des classes riches, et l'État, seul, en est le juge et le dispensateur, c'est quand il s'agit de la conservation de la Sûreté publique. — En ce qui concerne, ensuite, la seconde partie de la question, celle de savoir s'il est possible physi- QUEMEiiT d'améliorer la classe d'hommes vivant par le salaire de leur travail, on en verra également l'iMPOssiBiLiTÉ par la considération même de I'orgamsBiE ÉCONOMIQUE dc toute société humaine. L'organisme physique de tous les animaux et même des plantes qui jouissent de la vie, se manifeste, de la part de ces êtres, à l'instar d'une prévision rationnelle, dans une sorte de dépendance intentionnelle avec l'ensemble systématique des autres êtres doués de vie ; et réciproquement, l'ensemble systématique de ces êtres, également par cette même prévision rationnelle, se trouve dans une sorte de dépendance intentionnelle par rapport à chacun de ces êtres organisés : ce qui constitue, par une sorte d'harmonie, en quelque façon préétablie par la création, Téeonomie physique de ces êtres organisés, qui, comme une conséquence, permet la perpétuité de leur vie.
— Ce qui ici, par rapport aux animaux n'est qu'une ANALOGIE DE LA RAISON, devient, pour la société humaine, par une même mais libre dépendance de l'homme, comme individuelle partie constituante de la société, à l'égard de Tensemble systématique, et par une même dépendance de l'ensemble des hommes, comme société, à l'égard de chacun des membres de la société, une réalité rationnelle dont voici les conditions économiques : chaque homme a la connaissance rationnelle de ses fonctions économiques ou de ce qu'il faut qu'il fasse par rapport à l'ensemble de la société ; et c'est cette action directe de l'homme sur l'ensemble systématique de la société économique qui constitue la concurrence du travail individuel; et l'ensemble systématique de la société par une réaction réciproque sur chacun de ses membres économiques, constitue la répartition du produit universel du travail. — Telles sont les deux conditions fondamentales de toute production sociale. — Disons ici par parenthèse, que dans la théorie, l'anglais Adam Smith a traité la science dans toute sa pureté, que la nation anglaise exerce strictement dans l'application de ses lois exclusivement d'intérêt, science et application que les Français sont loin de comprendre à ce même degré. En théorie, depuis l'apparition de Pinsidieux Saint-Simonisme , ils ont introduit dans la science des considérations anthro-
pologiques qui ne lui appartiennent nullement, et dans l'exercice des relations industrielles et commerciales, des convenances sociales qui portent à se demander si le traitant ne donnera pas à son obséquiosité révérencieuse, un prix vénal que le traité aura à payer d'une manière ou d'une autre. — Or, tout ce qui viendrait porter atteinte à cette libre action et à cette nécessaire réaction, produirait inévit}J)lement une imperfection dans l'organisme économique de la société, et par là apporterait une diminution notable dans la productivité. Aussi, le projet de changer, de diriger même, et a fortiori d'organiser le travail, ce retentissant projet, élaboré pendant de longues années dans le silence sous le prétexte d'améliorer le sort des ouvriers, n'est-il pas seulement absurde, mais dangereux par la dislocation économique qui en résulterait. Il doit donc rester avéré qu'ici, encore, il y a impossibilité physique à changer l'ordre établi des relations économiques du travail. L'État, seul, peut se permettre moralement et même il en a le devoir juridique, pour la conservation de la Sûreté publique, pendant ou après une guerre, ou même à la suite d'une révolution intérieure, de diriger et même d'organiser des travaux exceptionnels. Et encore en résulterait-il une diminution dans la productivité industrielle. — Pour venir à ses fins, il n'y a pas de moyens que n'ait employés la Bande. Ainsi, elle n'a cessé de présenter la classe
pauvre du peuple comme étant èxi^loitée par les classes riches qui profitent de la sueur de leurs travaux; et par surcroît complémentaire, les biens de ces classes, fruits de leurs travaux propres ou de ceux, non moins sacrés, de leurs ancêtres, fruits du Moi créateur de l'homme, indestructibles et inviolables à perpétuité, à l'instar de ce Moi lui-même, ces biens étaient signalés comme une spoliation de la propriété des travailleurs. Amorcée et excitée par de telles manœuvres, la classe ouvrière, quand éclata la révolution inattendue de 1848, fut prête à la révolte, et disposée à s'emparer des biens des riches : ce qui s'est manifesté bien ostensiblement, du côté négatif, par l'inscription que portaient les édifices publics : Respect à la propriété nationale^ et du côté positif, par des revendications diverses, le Droit au travail, le concours forcé du maître à transiger avec l'ouvrier, les associations de tous genres, les règlements industriels les plus étranges, de capitalistes, de propriétaires et d'ouvriers, etc., etc. Nous en passons d'autres et des plus belles. De telles prétentions, s'annonçant au nom du bien pour arriver au mal, seraient une mystification de la raison humaine, si elles n'étaient ouvertement le projet le plus osé d'amener la destruction de la société. — Qu'on n'aille pas s'imaginer que l'avortement de ces faits funestes soit une cause de renoncement de la
part de leurs fauteurs. L'esprit du mal connaît la
longanimité. D'ailleurs n'avons-nou& pas tu, il y a peu de temps, à la fin de 1856, l'apparution d'une Brochure anonyme, intitulée : Pourquoi des propriétaires à Paris? qui ne tendait à rien moins qu'à confisquer toutes les propriétés au profil de TÉtat; et dans la sphère anti-religieuse et anti-philosophique, l'eX'père Enfantin reproduire sa doctrine de confusion dans un volumineux ouvrage, une Physiologie religieuse^ (deux mots qui s'entrechoquent) quMl a osé dédier à S. M. l'Empereur dest Français : ce qui a peu de signification; car, on pourrait appliquer à S. M. le susdit distique de Schiller^ (cité page 576) et même Lui signaler le Rapport fait à Son oncle auguste, Napoléon-le-Grand, dont voici la conclusion : « Ils sont partout, dans les clubs et « dans les conseils, dans l'administration et dans « l'armée. Il y en a au parlement d'Angleterre, dans « lo Congrès américain, au Vatican, à l'Escurial, « et jusque dans le sérail de Gonstantinople, Les rois « son^meillent sur le trône ; et quand même ils se « réveilleraient... ! 11 est trop tard. > — Napoléon no voulut pas y croire et il a péri. — Le travail, cette fonction dévolue à tous les hommes^ qu'ils accomplissent avec tant de répugnance, laquelle prouve combien encore ils sont liés au monde primitif du péché ; le travail, effet de la chute, dont ils doive&t as réhabiliter en reconquérant, par mérite, le moncJe do pureté perdu, est le plus grand bien sur
la terre. Accompli eu apparence pour la satîsfactioir du bien-être physique, il développe, par le fait^ toutes les fa^ul6^s humaines pour des buts que Fhomme ne voit point d*abord. En vue de la conservation de àoh être, il: provoque FétabKrèement de Yéconomk sociale; puis, pour la garantie des produits du travail, il provoque rétablissement de la morale y précurseur, dans dés conditions initiales, de la réalisation finale du Serbe dans l'honime, à laquelle il devra le bien absolu sur la terre. Pour la création des produits du travaily il provoque Téta^ blissement des sctencesfy précurseur, dans des conditions initiales, de la réalisation finale de FÂbsolu dans rhommêj à laquelle il devra la genèse des réalités de l'univers, le vrai absolu sur la terre. G*est, de la sorte, que l'homme accomplit ses destinées, dont Dieu, par grâce,^ lui a révélé tous les piroblèmes dans l'essence de sa' raison, qu'à Taide de cette suprême faculté, il doit» résoudre, comme il le fait progressivement par le travail, en apparence, pour son bien-être, soit qu'il le fasse consister dans les sens, dans la gloire, dans l'ambition, dans l'honneur, toutes conditions vaineà tant que le but final n'est pas dévoilé, mais qui deviennent autant de réalités pour l'obtention de ce but, dès qu'il devient l'objet de la raison; Le travail est donc, en toute vérité, la voie qui conduit à la réhabilitation de
pureté morale et à la découverte de la vérité, qui, par leur unité dans la raison de Thomme, constituent, conformément à l'identité de la philosophie en vertu de TAbsolu, et de la religion en vertu du Verbe, la création propre ou l'individualisation absolue des êtres raisonnables. — Telle est aussi, la signification du travail imposé à l'homme dans ces paroles solennelles : Tu obtiendras ta vie (ton immortalité; il n'y a pas de vie hors de l'immortalité) d la sueur de ton front (par le mérite du travail). Toute autre interprétation ne serait pas seulement insufiSsante, mais elle serait encore un non-^ns, contraire aux Saintes-Écritures, un détoumem^t blasphématoire de l'idée de la chute, cause du travail et par conséquent régénération, spirituelle^ à son tour effet du travail et par conséquent rémunération divine. — C'est donc cette interprétation que la Bande cherche déjà à altérer, en confondant le Verbe et l'Absolu, ces deux uniques conditions de la création propre, pour en venir à la destruction propre de la Réalité humaine.
Quant à la Bande indo- chrétienne, régnante en Allemagne dans ses rapports parallèles avec les hautes spéculations philosophiques qui s'y sont développées jusqu'à la tendance de la raison vers Y Absolu y elle vise de tous ses efforts, à arrêter cette tendance en anéantissant la philosophie et
la reltgion, parce qu'elle pressent que c'est sur la voie de ces deux réalités que doit s'opérer Taccomplissement des destinées finales de Thumanité. Nous la voyons renchérir sur la Bande française en se plaçant ainsi en opposition directe avec la raison, < arborant le drapeau de la déraison, car rien autre « que la déraison ne saurait être opposé à la raison. « Et comment comprendre que cette Bande de TAl- « lemagne, qui plonge entièrement sa face dans « la boue afin d'éviter la lumière religieuse et « philosophique, ait pu se produire publique- « ment sans être conduite et enfermée dans des « maisons de fous? — Cette incompréhensibilité « est d'un triste augure pour l'actuelle espèce « humaine. » Pour produire un exemple de la monstruosité intellectuelle qui caractérise cette Bande germanique, nous citerons un de ses membres, le fameux Goerres, qui n'a pas balancé à déclarer que la Réforme religieuse par le Protestantisme était une deuxième chute morale ; réforme qui, précisément, en donnant naissance à la raison spéculative a réalisé la spontanéité créatrice de l'homme, proposée parla religion chrétienne comme le complément de la Réalité humaine. La haine des dissidences religieuses n'était pas capable d'aller aussi loin. — Par l'intérêt que nous supposons attaché à l'existence de cette Réalité mystique , maintenant bien manifeste, nous allons, dans le
tableau suivant, en reproduire sommairement les caractères, et produire, d'après ces données déjà accomplies, celles qui pourraient s'opérer dans un dernier Mysticisme, — Voici ce tableau :
A) Obstacles présentés à la création humaine du Vrai et du Bien par la cQpfusiop de ces deux réalités^ que poursuivent les hom^nes démoniques qui dérivent essentiellement du monde primitif du mal.
a) Le mal sur la terre dérive de la gbute morale. a2) Son problème.
a3) Sa solution empirique est donnée par l'objectivité du
mal physique dans notre monde^ et par la subjectivité
du mal moral dans la maxime de Thomme»
63) Sa solution rationnelle, en dehors de ces conditions
empiriques^ est donnée par Texplication démonolo-
gique de la chute morale de I*homme^ créé immortel
par la toute-puissance infinie^ et par conséquent doaé
de l'Absolu et du Verbe^ dont^ par orgueil et par sa
volontaire action créatrice^ il a fait un usage per-
versif;, en vue de ne devoir qu'à lui-môme sa Réalité
propre. = Cause de sa mort, accusée par lé Judaïsme.
62) Tous les hommes participent de cette chute symbolisée
par le péché originel.
a 3) Les uns, en sentant son action malfaisante en euxmêmes, cherchent à. s'en libérer par la culture et la poursuite du Vrai et du Bien. = La mort vaincdk, accusée par le Christianisme.
63) Les autres, en se complaisant, par ce même orgueil satanique dont ils relèvent, dans la confusion du Vrai et du Bien, cherchent à renouveler la chute. = perpétuité DE LA PROSTITDTIOIf.
6) Manifestation historique desdits obstacles, dans leur théorie et leur application. = mysticisme.
V"- Premier Mysticisme; Première virtualité de confusion du Vrai et du Bien, opérée dans le Sentiment do l'homme. =
UYÀnaswÊ, ORiEHTAL. — Go Mystjeisme, paràttèle au dévek>pp6ment rationnel poursuivi par les honiiiies d'an monde à vemir^ commence avec le DuaHstne myitique de la 1** période liistorique, et finit vers la l'* partie de la 3* période, dans le problème dTéléinents nouveaux, posé à la cognition de Thomme pour en avoir la solution.
T—- Deuxième Mysticisme; réalité initiale donnée à la confasion du Vrai et du Bien, opérée dans la CognitUm de Thoinme. = HTSTictsm moyen. -^ Ce Mysticlstne, parallèle au développement rationnel des hon^mes du monde du toalttt, commence atec le Mysticisme chrétien de la V partie de la 3* période historique, et finit vers la 2* partie de la k* période, dans le problème d'éléments nouveaux, posé à la prochaine raison temporelle de Thomme pour en avoir la solution.
3* — Troisième Mysticisme ;cùïiA\ÛùXï& définitives de là Réalité mystique dans la confusion des caractères extérieurs de TAbsoIu et du Verbe , opérée dans la Baisan temporelle de rhomme. = mysticisme occidental. — Gô Mysticisme, également parallèle au développement de la raison élevé jusqu^à la reconnaissance de ces caractères extérieurs dans Videntité fnimiti^ du saivoir et dé l'être, comme problème de Dieu, commence, dans notre 5* période, avec Vantinôfitie sociale^ de laquelle doifent iturgir les deux susdite faits, salutaires ou funestes. Les premiers résulteraient de Tunion d'hommes supérieurs, dont la fonction, fondée sur la connaissance des destinées finales de l'humanité, consisterait à dhriger les hommes vers leur accomplissement Les faits funestes consisteraient dans le délaissement des hommes à leur propres tendances actuelles, celles où se manifesteraient finalement les conditions préparatoires d'une dernière confusion mystique du Vrai et du Bien, du côté pàysiocratique, qui, n'admettant comme RÉALITÉ ABSOLts quo Ics sculcs couditioDS physiques, en niant qu'elles soient inférieures aux conditions hyperphysiques, se sert de l'Absolu, principe de la Nécessité d'oi\ procède IMnertie de ces conditions physiques, pour détruire le Verbe, principe de la Liberté d'où procède la
spontanéité des conditions byperphysiques ; et du côté hiérocraUque , qui^ considérant les conditions hyperphyslques comme un pouvoir destructeur en niant qu*elles soient supérieures aux conditions physiques en ce quelles arrêtent les inspirations du Sentiment, Infirme le Verbe, principe de la création de Yétre infini dans Thomme pour maintenir r Absolu qui n- en présente que \^ condition d'être fini : double confusion qui pose un dernier problème d'éléments nouveaux à la raison absolue de Thomme pour en avoir la solution.
ti''-^ Quatrième et dernier Mysticisme; conditions absolues de la Réalité mystique dans {^confusion de Tessence de r Absolu et du Verbe, opérée par la destruction de la création divine du Vrai et du Bien, dont les conditions, au contraire, résident dans la distinction de ces deux éléments de toute création, dont Tautothétique du monde accuse la réunion, et doQt Thomme doit opérer Tunité dans son hypostase pour établir l-autogéaie de sa Réalité. •— La destruction de la création divine constituerait une nouvelle ghuti morale de rbomme, qui est Tidée fondamentale du Mysticisme.
B) Nécessité d'une union absolue d'hommes supérieurs, maintenant la distinction de l'Absolu et du Verbe, comme véhicules de l'accomplissement sur la terre de la création divine du Vrai et du Bien, en vue de s'opposer à la susdite confusion, destructive de la création philosophique du monde et de la création religieuse de l'homme.
a) Moyens négatifs, rr Lutte permanente contre l'erreur quelle que soit la forme de sa manifestation.
0) Moyens positifs. = Direction de l'humanité par les actuelles lumières messianiques.
Nous venons d'arrêter, d'un côté, toutes les conditions spéculatives et pratiques de la 5* période au point où elle est déjà parcourue jusqu'à ce jour, dont les caractères principaux résident darxs une antinomie universelle, antinomie dans la Politique, anti-
nomie dans la Philosophie et dans la Religion, antinomie partout, parce qu'elle est dans la raison ; et de l'autre côté, nous ayons accusé l'existence des données nécessaires pour sortir de ce perplexe état antinomien, dont la faculté s'est déjà fait jour dans la MESSiANiTÉ, forme de l'autonomie. En France, cette haute faculté se révèle dans la Politique et éclate dans ses incessantes prétentions révolutionnaires, indice d'un but pressenti et non satisfait. En Allemagne, elle se manifeste particulièrement dans la Philosophie et la Religion, ces deux sources de toutes vérités; et ses investigations attestent en effet la tendance à affranchir la raison des conditions terrestres, encore un obstacle à la lumineuse clarté d'un savoir absolu. — La réalisation de cette 5* période dans le Temps a commencé à la Révolution française, et sa durée se prolongera tant que l'aveu du Bien absolu et du Vrai absolu ne sera pas devenu un fait de la conscience universelle des hommes, ainsi qu'il en a été du Vrai et du Bien relatifs, à chacune des périodes antérieures. Sa réalisation dans l'Espace se fait par les peuples occidentaux issus DES Germains, et se manifeste déjà pratiquement par les Français, dans la Migration de la civilisation occidentale dans un reflux vers l'Orient.
Nous venons ainsi de donner à l'Histoire, les lois philosophiques de sa constitution, d'abord, celle
des Buts relatifs à l'eiistence terrestre de rhomme, qui signale TÊpoque du Créateur ou de la Provid^ce et forme le concours téléologique de THistoire ou la Finalité dans la Création de l'homme, accompli par les quatre grands buts progressifs développés dans les quatre périodes de cette Ère relative; ensuite, la loi des Buts tranisitifs, qui signale TËpoque de la Fatalité ou du Destin, dans l'absence de tout but universel, et forme la loi SUPRÊME de l'Histoire que l'humanité doit accomplir en passant, au moyen de I'établissement de la loi DU PROGRÈS, des faits rationnels préparés par la Providence, aux faits rationnels qu'il s'agit de créer dans cette Ère transitive ou critique, notre période présente ; enfin, la loi des Buts absolus qui signale l'Époque de l'Homme ou de la Raison et forme le PROBLÈME universel de l'Histoire, dont la solution serait donnée par la découverte de la vérité dans la 6* période, et par l'Obtention de l'immortalité, corollaire de la vérité réalisée dans la 7* et dernière période, où se manifesterait I'accomplissement des DESTiiNÉRs absolues DE l'humanité. Et par la déduction immuable que nous avons produite de ces lois et des faits qui en découlent, nous affirmons qu'il est impossible et de donner une autre constitution génétique de l'Histoire ou du développement de rhuraanité dans le Temps et dans l'Espace, et de Pal t<'^n>r parle moindre démenti, à moins de nier
leâ desseins également immuables de Dieu sur la création de l'homme, et à moins de nier la raison humaine, ses développements, ses buts infinis et inconditionnels, formant la réponse à l'incessant interrogatoire du pourquoi, ce signe de la raison absolue qui les manifestent.
C'est encore à la religion que nous devons l'idée du problème de la Philosophie de l'Histoire. Elle est accusée par l'annonce de la Venue du Messie dans l'Ancien-Testament, et par celle de l'Arrivée du Paraclet dans le Nouveau-Testament. Cette idée fut pressentie après Lessing, et exécutée comme Histoire de l'humanité par Meiners, Iselin, Herder; puis, après la production de la Philosophie transcendantale, cette Histoire de l'humanité fut transformée dans l'idée de la Philosophie de l'Histoire, en essayant de donner aux faits de ce développement progressif, les lois d'où peut provenir ce développement. Presque tous les philosophes de l'Allemagne s'en sont occupés. Mais, tous ont échoué à défaut de pouvoir fixer un but absolu à l'humanité. Ainsi, Kant, dans son écrit sur la < Dernière fin des choses, 9 ne fait que jouer sur l'idée du but de l'humanité sans pouvoir l'atteindre. Chez Hegel, l'Histoire n'est considérée que comme la réalisation, dans le temps, de la nature distincte de l'homme comme être moral, lequel, étant dépourvu de son htit final, de ce but autre que celui de la simple
exclusion du mal dans le monde, ne peut satisfaire au postulat des destinées humaines, à sa raison d'être sur la terre. Chez Krause, son système de Philosophie de THistoire a méconnu également la destination absolue des êtres raisonnables. Par ses époques d'âge, ascendantes et descendantes, il ne laisse transpirer que Pidée d'une fin de Thumanité, que son système de panthéisme nous montre dans l'absorption des individualités dans l'universalité. Les vues historiques de F. Schlegel ne sont que des considérations religieuses. La réhabilitation de l'homme qui, selon lui, est le terme de l'Histoire, n'est toujours qu'un problème religieux. Fût-il résolu, il n'accuserait encore que l'accomplissement des destinées relatives de l'humanité. La théocratie ou une palingénésie universelle, comme fin de l'humanité, semble à Schlegel le but de la réhabilitation. Comme telle, sa Philosophie de l'Histoire ne serait qu'une manifestation mystique puisée dans Goerres, et produite sous la forme de la Philosophie moderne.En un mot, la finalité du monde, qui règle la marche ascensionnelle de l'activité humaine, lui étant échappée, il a faussé la Philosophie de THistoire. Quant à Schelling, ses idées historiques ne sont que de la poésie panthéistique, telles qu'elles résultent des conséquences de son premier système de philosophie. En effet, l'identité primitive du savoir et de l'être n'étant que le caractère négatif
de l'Absolu, celui que présente la nécessité du monde créé, dont le développement n'a lieu qu'en vertu d'un savoir inconscient dans l'être, la liberté de la création se trouvant enchaînée dans cette identité, c'est là proprement ce qui constitue le panthéisme dans lequel la Liberté n'est plus que la NÉCESSITÉ ; de même, la détermination de son idée philosophique de l'Histoire dans la nécessité du développement insensible de la manifestation de Dieu dans le monde, détruit la Liberté de Thomme dans son évolution historique, où l'homme manifeste Dieu dans l'être de la création divine, mais ne manifeste nullement l'être propre de la Réalité humaine. Ainsi, à défaut de l'idée du but absolu de l'humanité, l'Allemagne n'a pu produire la vraie Philosophie de l'Histoire. Toutefois, par toutes ses appréciations, elle dépasse infiniment les considérations historiques de l'École physiocratique de la France, qui fait consister le développement progressif de l'humanité dans une perfectibilité empirique ou dans un progrès dont elle n'a aucune conception positive, rationnelle et didactique, à défaut d'avoir développé les consciences progressives du Vrai et du Bien, conditions du progrès. Ici, au contraire, dans notre Philosophie de l'Histoire, la direction de l'humanité est tracée vers un but absolu, comme une suite de buts successifs déterminant sa marche ascendante. Elle assigne à la
PtelflHwphigy à b IMigioii, à la Morale, à la P^li- \Mipm des bvfe» iiMiiwMss, tour à Umr, à chacune 4» pmsdesv et tnre à diaeine d'ellesr la direction Jp âondéfeloppaKBt. D en est de même pour notre pérml?^ ffésa^y àaai efie lèfe la contradicticm loeiqie mÊOÙSgstà^ dn» Faotînamie imiverselle de la raison: et ciu» TaenBniilatkm des matériaux, eie jeron^r^k Là «is pcogiès^ et offre le problème i» (iestiae» et rtuiiiité, dont elle donne la iokrtîoii. EhfioL &^ éi'iJifi» altadié à la validité de c^Me Phifosophie et FKsIoîre réside dans la Déoonwene >jb !a ^enftr^ ^> eQe-mème, est due à la
Vbr^ »l^ Tiotre présente' et incontestable affirmadon» :î !ioiK^ ^entt :»ik dente permis de conclure rvt ,*n jtstitt lue îps «^éinents de la Réalité hujiaine kiisa^ntesles sphièresde son activité étant iimness >ur ippiientioa à k Politique pour Téta- >th!i5!!i>me«w -Txtt permanent ordre morat dans le .mHMt' en >tie fe vrette Réalité juridicpie dans THis- :iHf^. n S4 in^is (it^ime conséquence à tirer. Toute- 'Vk5s ^Hts v^r^t*f*wî$ zwus donner l'appui d'un fait ^tiNMi^i^ïi. ,r>rT«pinwfeint, par son aspect anticipé, titv .xHKi!Uv>tfc^ dSi^ produîles pour l'urgence de .•Hf^ >.>tte!iiiHtaioit mcHrate par la Politique, consi- .fcf^v AHiwn^ «nwtùe universelle.
\vtfH HHit^ r^«narquoiis que, dans notre 5* pé- ^^HWtlfr. il ne se manifeste encore aucun
indice des susdits faits salutaires en question, qui sont la condition, et Tunique condition de Tissue problématique de cette période pour la poursuite continue de son développement. Au contraire, les faits funestes présentent leurs sinistres élucubra* tions, d'une part, dans la confusion du Vrai et du Bien sur laquelle nous nous sommes suffisamment expliqué, et d'autre part, dans l'antinomie des partis (en apparence suspendue) qui se jouent de toutes résolutions de sagesse, de prudence et tempéraments d'États quelconques, toujours préparés à renouveler l'exclusion de la souveraineté morale par la fondation de la république, l'exclusion de la sou* veraineté nationale par le retour aux anciennes restaurations monarchiques ou dynastiques, enfin l'exclusion, tour à tour, de la souveraineté morale et de la souveraineté nationale par un système illusoire de juste-milieu conciliateur. Il ne faudrait pas s'imaginer que le nouveau gouvernement de l'Empire a délié le nœud de la question, qui, dans notre opinion personnelle, n'a reçu qu'une substitution de principes quelconques qui ne fait que suspendre les résolutions des partis. Il en résulte une nouvelle question que je ne veux ni aborder ni résoudre, parce qu'elle me sortirait du monde de la spécula*tion pour entrer dans le monde des phénomènes : c'est à savoir si ce change donné au* destin politique et par conséquent moral de la France n'est point
un mal s'il n'est pas un bien ? — Dans ces conjonctures, véritable déception de la raison impuissante, nul gouvernement des hommes, au nom de la justice qui garantit les existences, n'est possible. Et des atteintes sont portées, au nom des droits publics que revendique l'esprit fort de la souveraineté nationale, aux droits privés de la famille et de la propriété, que laisse défaillir Tesprit faible d'une souveraineté morale , qui, quand elle existe, n'a d'autre base que la force du sabre. Les peuples s'agitent et les rois s'inquiètent, car ils tremblent sur leurs trônes chancelants au bruit des commotions révolutionnaires, auxquelles ils n'échappent, quand ils y échappent, qu'au prix des libertés comprimées, quand ils peuvent les comprimer. Et ce sont de tels dangers, pour les rois et pour les peuples, qui ont motivé l'avis d'un célèbre conseiller, publié, dans des jours néfastes, en novembre 1851, à Metz ou à Francfort : Quand, dit-il, la vérité politique n'existe point encore pour régler les relations communes des gouvernements et des sujets, et alors que ce manque de la vérité se manifeste par des luttes révolutionnaires, il n'y a de salut inconditionnel que dans les deux lois exceptionnelles que voici :
« 1** Les gouvernements ont alors le droit de « donner à l'exercice de leur action gouvernemen- « taie, telle forme qu'ils jugeront convenable ou
« nécessaire pour la conservation plénière de leur « autorité ; et â"* les peuples ont alors l'obligation, « non-seulement d'obéir à toutes les mesures gou- « vernementales , mais de plus, de considérer ces « mesures comme utiles, parce que les gouverne- « ments peuvent seuls en concevoir la nécessité, « lors même qu'elles paraissent contraires à des vé- « rites déjà reconnues » — (?).
Tel est l'avertissement donné aux rois pour assurer leur autorité et aux peuples pour obtenir leur soumission. — Mais, reprend bientôt le véridique conseiller, la force physique des armes est passagère, et la force morale des idées est étemelle* La première peut bien soumettre la seconde pen-^ dant un temps plus ou moins prolongé, mais celleci, à la fin, reconquiert son ascendant et se fait un jour éclatant, car les idées peuvent suspendre leur action, et elles ne cessent point, pour cela, leur investigation. Et au nom de leur perpétuité, d'où naît le droit de la vérité, les révolutions, un instant réprimées, reprennent leur cours sanglant. Il y a plus, ridée pose un destin dont la conséquence est nécessaire, fatale, à moins que, par une idée contraire, nouveau destin, le premier destin ne soit anéanti. C'est ainsi que les idées excentriques, qui donnent lieu aux faits funestes sus-mentionnés, cause ou destin d'une perdition infaillible dans une
génération ultérieure, ne sauraient être contrariées
daHB leur accoitiplis^emént incessaillUient poursuivi e& Finance cooittife dAns tout TOccident, que ]par les idées aptes à ^libstittîéi* leâ faits salutaires, destiù, à leur tdtii^> d'un salût irrésistible-. Mais, ({iié de temps, que de përsévéttince, (Juë dfe lutnièt^s ne faudraii-il pas intrddilite dans l'esprit des hommes? Où est la direction et datis FÉtat et eU dehors de l'État, où est même la tendance d'une direction qui puisse i(H)nduire à ces faits saltttai^%? Et cette direction, lors même qu'elle etistèi'&it, fàu Vdttiporel, dans de^ Gouiis bÊâ i»À0GMfcs de l'état ^ ^t ittie influence dans l'àtoticm libf^ des homme» ponr 1« dévdoppement progressif dé l'association juridique, et au âurtëmporel, dans des câ^RS nÈs t^dèftÈs de L'AbMAïuti, par une Influence dans le» pensées spontakuées dé l'hôniÉie pcitilt le déVèlbppënàràt progressif de l'assôôiation éthique, en ce qui touche la pureté des maximes morales, et même de l'assoiciaticm messianique^ en ce qui touche leis destinées finales de l'humanité, que d'oppositions, les unes stupidés, tes autres întâ^àées, d'autre* infernales, nées de l'influence des éiô*^otàlions existantes et se croyant compromises, même l'Église^ même l'État, et autres torpoitàttôns quelconques, et même les tempéraments individuels qui forment masse, ne viendraient if>as contre-carrer la nouvelle voie «««ivïe ! Qui sait si, dans ce manque de direction, dotit nulle trace n'est encore sensible, ne viendrait
se réaliser cette sinistre prédiction de l'avenir poli* tique de l'Europe : « Quant aux nations réyolution- € naireSy germaniques et romaines (rAllemagne et « surtout la France entre toutes les nations d'ori* « gine latine), c'est -à-dire, généralement, quant « à l'Europe civilisée, la force armée, pour restau- « rer Yaulorité politique^ parviendra à y prévaloir, € afin d'y établir, par le principe du droit divin, « plus ou moins caché sous le nom de gouverne- «ment constitutionnel (ou autre), au moins un « ordre physique, à défaut de la possibilité actuelle
< d'y établir un ordre moral. On introduira alors,
< dans ce monde civilisé, pour la conservation d'un € tel ordre physique, fondé sur la force armée, à la € place du droit de non--intervention, un nouveau c et tout opposé droit international (plus ou moins « déguisé), ayant pour objet la solidarité réciproque
< des gouvernements contre les insurrections des a peuples. Et les peuples qui, à aucune époque, « ne peuvent établir une pareille solidarité entre
< eux, se voyant alors réduits à l'impossibilité de
< découvrir et de réaliser la vérité sur la terre, par « suite de ce nouvel AiHj^AifTissËMEnT du pringips mi « DROIT HUMAm, «ommencerout par fœrmer des « ligues, plus ou moins ouvertes, surtout d'innom- ■< brables sociétés secrètes, et finiront, s'il le &ut, « par rétabtir l'invincible tribunal secret, la Sainte- « Fehme, qui frappera de mort tous les personnages
« éminentSy jusqu'à ce que les peuples, et avec eux « le DROIT HunAiN, Iriompheiit de nouveau à leur * tour. Et cette lutte alternative, entre le droit c divin et le droit humain, cette réalisation actuelle « de la prédiction sacrée de Gog et Magog, lutte qui « est inévitable, car tels sont les décrets étemels « pour raccomplissement des destinées de Thuma- « nité, durera jusqu'à ce que les vérités nouvelles, « les vérités absolues (sur lesquelles reposent ces « destinées), soient révélées au monde. »
Or, pour conjurer des dangers si expressément caractérisés, il n'est d'autre puissance au monde que la Vérité, pour la conquête de laquelle le droit de la vérité est imprescriptible. D n'y a donc que la Vérité qui puisse réintégrer la stabilité de l'ofdre moral dans les États. En effet, en ce qui concerne les partis poliliqueSy la Foi , qui est' le principe de la Souveraineté divine ou morale, voulant la monarchie par exclusion à la république, étant Vraie; et la Raison, qui est le principe de la Souveraineté humaine ou nationale, voulant la république par exclusion à la monarchie, étant également vraie, le droit d'exercer leur vérité respective est inviolablement acquis à chacun d'eux. C'est là ce qu'il faudrait que ces deux partis essentiellement opposés, et dans leurs principes et dans les conséquences qu'ils prétendent en tirer, commençassent par comprendre, sinon pour faire cesser encore
rantinomie qui les tient séparés, au moins pour en envisager le problème dans les conditions qu'ultérieurement, par l'exercice de ce droit à poursuivre leurs fins, il leur serait possible d'établir comme propres à le résoudre. Aussi, est-C/e là, en ce qui concerne les gouvernements ^ ce que Napoléon l" (pour nous fortifier du susdit fait historique) avait compris dans les préoccupations politiques de son génie. Reconnaissant ce qu'il y avait de vrai dans les deux principes d'autorité de foi et de raison, de grâce divine par les Lois morales de Dieu et de légalité humaine par la volonté pratique de l'homme, et par conséquent d'indestructible dans leur existence simultanée, il les avait réunis dans sa propre personne souveraine, pour le gouvernement d'ordre qu'il avait à établir, laissant au temps, sous l'empire du Droit de la vérité qu'il préconisait ainsi, le soin de concilier ce qu'il reconnaissait également comme inconciliable à l'instant. En cela consistait le vrai problème, et conséquemment le seul gouvernement possible, gouvernement déjà antinomienj en ce qu'il avoue le problème de l'antinomie, et supérieur au gouvernement constitutionnel qui est l'origine et la perpétuité de cette antinomie. En effet, si la Raison en qui réside virtuellement la vérité politique constitue l'élément fondamental de Souveraineté rationnelle par les Lois sociales, pour l'obtention des droits naturels do l'homme, la foi,
ou plus exactement le Sentiment inhérent à la Raison, constitue Télément de lia Souveraineté divine par les Lois morales, pour la direction moraU des hommes yers leurs fins éternelles; et la raison temporelle, ou plus exactement la Cognition^ aussi inhérente à la Raison virtuellement absolue, constitue relient de la Souveraineté humaine par les Lois pragmatiques, pour la direction physique des hommes vers leurs fins temporelles. Tels sont les trois éléments essentiels et primitifs de tout établissement politique parmi les hommes, formant Tétât ou la société juridique. Et les gouvernements, que nous avons fait connaître dans notre Exposition philosophique de THistoire, ne sont rien autre que la combinaison, dans la Raison virtudlement absolue ou dans la Souveraineté rationnelle pour la réalisation des droits naturels de Thomme par les Lois sociales, de ces deux éléments de foi et de raison temporelle, l"" celui que nous avons caractérisé par le Gouvernement théocratique, où les Lois morales prévalent sur les Lois pragmatiques; 2* cehii que nous avons caractérisé par le Gouvernement aristodémocratique, où les Lois pragmatiques prévalent sur les Lois morales; 3® celui que nous avons caractérisé par le Gouvernement représentatif des droits éthiques, dus à la formation de TÉglise, et des droits civiques, dus à l'établissement des Ck)mmunes municipales, où les deux éléments de foi ou de Lois
morales, de raison ou de Lois pragmatiques s'influencent partiellement pour l'obtention du but spirituel au-delà de la tombe par les premiers, et du but temporel sur la terre par les seconds; 4*" et enfin, celui que nous ayons caractérisé par le Gouvernement constitutionnel y où par une influer^ce réciproque et conjointe de foi et de raison, les partis politiqqeç qui s'appuyei^t sur ces deux facultés, règpent simultanément. Or, dans ce développement génétique des Gouvernements, qui se ferme dans une opposition inconciliable et indestructible par ce qu'elle implique de vrai, source des faits salutaires que Napoléon V envisage, et source des faits funestes par ce qu'elle implique de faux, exclusif des partis respectifs et se manifestant dans des révolutions incessantes; dans ce développement génétique, diçons-nous, il ne reste qu'une chose à faire pour clore l'État ou la direction péremptoire des hommes vers ce qu'ils postulent si invinciblement à leur insu s c'est d'identifier dans la raison , déjà si puissante par suite des acquisitions antérieures, morales et pragmatiques, ce que celle-ci contient de virtuel dans son élément neutre de Spiiveraineté rationnelle, à savoir la Direction divine et la Direction humaine, poursuivies, toutes deux, dans les phases ou combinaisons préparatoires que nous venons de faire connaître à l'instant, et antérieurement par le développement
progressif de Vhumanilé. Or, tel était le problème napoléonien, le problème que Napoléon r% par quoi il est surnommé le Grand, s'était fixé dans son établissement de Tempire de la raison, qu'il appelait sa « GRANDE PENSÉE ». — Il est à regretter qu'il n'ait pas eu le temps, surtout au milieu des guerres qu'il eut à soutenir, contre son gré, envers ses aveugles compétiteurs, pour le maintien de son autorité ainsi fondée sur la raison, de tirer de son gouvernement les conséquences majeures et salutaires qu'on était en droit d'en attendre. Elles eussent été, ces conséquences^ pour la France et pour l'Europe, en évitant les révolutions qui les ont ensanglantées, la solution anticipée des complications inextricables qui sont venues fondre sur tous les peuples, après la chute de ce grand homme. — Napoléon III, l'héritier de son nom, sera-t-il l'héritier de ses suprêmes idées politiques? — Si ces résolutions réformatrices et définitives de la Politique, c'est-à-dire, de Tordre intérieur et extérieur de la France, et par elle du monde civilisé, ne devaient point se réaliser, le grand problème napolénonien, en restant encore sans solution, rendrait impuissante toute tentative d'un ordre moral permanent parmi les hommes. Il y a plus , si cela ne devait pas être, la France, et, à cause d'elle, l'Europe, resteraient condamnées au retour d'insurrections infaillibles; et par conséquent, les destinées
humaines, au développement desquelles l'ordre moral par l'État sert de garantie, ne sauraient s'accomplir. Une direction vers la constitution finale de l'État est donc indispensable. Et c'est encore une question pour nous, que nous ne voulons ni aborder ni résoudre, parce que nous ne saurions pénétrer les pensées de l'Empire, ni connaître l'opportunité de son initiative, de savoir si cette direction a son effectivité. Pour mettre sur la voie, nous dirons que nous ne voyons point, dans l'abaissement de l'Église et des nombreux adhérents au clergé, formant le parti du droit divin, par suite de la restriction morale de la Cour de Rome dans le sens des précédantes pages 180-156, la protection à l'accomplissement du but moral de l'État. Quant au parti du droit humain, nous ne voyons en lui à Tinstant qu'une absence de toutes considérations politiques conformes au problème napoléonien. Pour appuyer cette opinion, nous citerons l'assertion d'un des échos de ce parti libéral qui considère, comme l'expression de la plus haute politique, les Embellissements de Paris. Cette feuille physiocratique entend probablement que la curiosité éveillée des étrangers donnera aux Parisiens la vie à bon marché, prônée et attendue depuis dix ans, la Poule au pot du roi bon vivant, Henri IV, que sœur Anne y la ménagère du peuple, ne voit point venir \ Du développement progressif de l'humanité, au
point où notre actuelle 5' période Ta caractérisé cUms Y Ere critique où ^llç se trouve délaissée, par son inérite, 4ans l'acçomplis^çment des faits salurtairesj ou par son démérite, dans raccomplissement des faits funestes, il nous reste k tirer les deux corollaires que voici. Le prepaiçr de (îç? cprollaires, c'est que 1^ Français, soit que, négativement par Içurs insurrections incessantes, ils paraissent postuler un but encore indéterminé dan$ les résultats qui accompagnent cçs insurrections, soit que, positivement, ils aient déterminé ce but par les résolutions que Tavénement au trône d^un héritier de Napoléon P' peut faire présager, manifestent la faculté supérieure de la messianité dans leur raison, sinon encore la faculté dans son intensité, au moins l* transition de leur insuffisante faculté de la Moror lité qui les a régis jusqu'à ce jour dans les Lois morales dont ils repoussent l'impératif hétéronomique pour un but qu'ils cessent d'avouer, à la faculté de la Messianité qui les revêtirait de lois gutonomiques pour un but propre et maintenant dévoilé, dont ils doteraient les Lois morales par un retour à leur aveu. Cçttç faculté supérieure, qui prend son origine dans le problème posé par le Christ, le Messie de la raison divine, offert comme le prototype de la raison humaine, dans la révélation de la Renaissance par V esprit , et dans la pré- (jliction de la venue de V Esprit de vérité^ constitue
dans l'homme, en toute réalité, raflraachissemenl de ses conditions données ou créées pour s'élever à des conditions propres ou créatrices. Or, soit qu'il s'agisse des manifestations ^volutionnaires, soit qu'il s'agisse de nouvelles déterminations accomplies par la solution ou, au moins, par l'acceptation du problème napoléonien, l'action des Français, aujourd'hui, a déjà le caractère extérieur de la Messianité, c'est-à-dire, l'aveu du Verbe dans l'homme. Et leur droit public, supérieur, par là, à celui des autres nations, institue en France, comme de fait il est institué, une autorité dans le chef deJl'État, qui ne relève plus du droit ex lege (divin), lequel régit encore la physique succession dynastique des autres souverains pour leur élévation à la couronne, mais qui relève du droit créateur de la raison, de ce droit de Messianité ex ratione (humain) , qui , dans ses principes autonomiques des résolutions finales des Xîouvernements parmi les hommes^ fait de l'hyperrphysique succession du créateur de ces résolutions finales, un héritage rationnel et non plus corporel, rompant ainsi le cours de la succession fatale. Cette hyperphysique création souveraine appartient essentiellement et exclusivement au peuple français, qui l'a conquise par ses révolutions. Mais, ce qu'il a droit de donner, il a le droit de le ravir. Aussi, tout espoir dynastique est-il désormais en [dehors de cause de famille. Gomme tel, cet héritage ration-
nel est indépendant, pour la validité de son existence au trône, de la reconnaissance des autres souverains ex lege (le moins ne saurait juger le plus), faculté qu'ils s'arrogent encore, avec une raison temporaire, en vertu de leur droit public qui relève de la Moralité. Il résulte donc de rétablissement actuel du droit public nouveau, dû à la Messîanité, que si Tempereur Napoléon III est élevé pu trône de France, soit par la Messianité des Français, telle qu'elle est ici déterminée dans sa faculté auguste de création idéale, soit, de la part de ce chef de l'État, par sa propre conscience du problème napoléonien, tel qu'il a été proposé, la reconnaissance ou l'aveu, parles souverains de l'Europe, de Louis-Napoléon à l'Empire, ou de tel autre chef d'État que la France proclamerait, n'est plus une condition sine quâ non, mais elle est une simple formalité, une manière de politesse entre gens de bonne maison. — La considération de ce qui précède, plus pressentie qu'elle n'est encore vraie dans la raison des Français, est, sans doute, un signe de grandeur politique et nationale, manifestée d'ailleurs par des faits et des faits assez osés. Mais, il ne faudrait pas que ce sentiment honorable et universel de la nation française dégénérât en orgueil, comme cela se pratique chez les individus, qui, parce qu'ils ont l'apparence extérieure d'une valeur (luelconquo, morale, intellectuelle ou autre, s'iraa-
ginent en avoir la réalité; car l'atteinte portée aux sentiments également honorables et universels d'une nation autre, laisse au cœur du blessé des plaies qui crient vengeance, et font des individus qui composent cette nation autant d'armes haineuses qui accomplissent cette vengeance.
Voici l'autre corollaire à tirer de l'état actuel de l'humanité, c'est que, soit que, négativement, les Français persistent dans la voie funeste des révolutions, soit que positivement, ils prennent, sous le règne présent de leur Chef d'État, la voie salutaire des résolutions finales des gouvernements, une direction doit être donnée dans les deux cas : d'un côté, pour prémunir contre les dangers d'une perdition infaillible, celle que nous avons signalée dans le cas de la première hypothèse; et de l'autre, pour répandre les lumières propres à l'accomplissement des susdites résolutions finales, celles que nous avons caractérisées à l'occasion du problème antinomien, qui est le cas de la deuxième hypothèse. Or, une pareille direction ne peut s'opérer que par Tunion absolue des hommes ou I'assocution MESSIANIQUE, laquelle, par sa faculté de Messianité, impliquant la Philosophie et la Religion, ces deux réalités nécessaires à l'accomplissement des destinées de l'humanité, c'est-à-dire, à la découverte de la vérité et à sa réalisation sur la terre, glisserait une base absolue sous Yassociation éthique de
TÉglise et sous Ymsociation juridique de TÊtat, dont rinsuflBsance des lois morales qui en fait le support présent, met Tune et Vautre dans l'impossibilité de présider à la direction de ces hautes et ifinales destinées, Tune, l'Église, par le manque de solution des problèmes religieux, nommément ceux de la Régénération spirituelle et de la Création propre, manque d'où provient son délaissement universel; l'autre, l'État, par le manque de garantie par la justice, émanée de ces lois morales insuflftsantes, qui ne permet pas le libre et final développement des destinées humaines, manque d'où proviennent les révolutions incessantes. Cette Unionabsolue aurait à se former, soit par des hommes supérieurs munis des lumières qui, dès l'instant, sont répandues dans le savoir ; lesquels auraient à diriger Thumanité vers ses fins, dans l'un ou l'autre des susdits faits, funestes ou salutaires, tout en respectant, dans l'emploi de moyens purement spéculatifs, les errements pratiques de l'Église et de l'État; soit, surtout, si le problème napoléonien et la vérité politique qui en découle, étaient universellement avoués, par une fédéralité de nations qui en garantirait la réalisation, à l'aide des forces suflSsantes, contre les atteintes qui pourraient être portées à cette réalisation par le fait d'autres nations révolutionnaires (comme dans le cas de l'intervention russe citée aux pages 196-210), ou
par le fait des Bandes mystiques qui, dans leurs ligues et plDjets infernaux, et par leur influence sourde sur les chefs d'État, comme on en a tant d'exemples, oseraient tendre à en arrêter Taccomplissement. Or, dans ce dernier cas, en nous fondant sur la connaissance ethnographique du monde civilisé, on peut attribuer aux trois grandes nations qui se partagent TEurope, les destins que voici : À la France, comme chef des nations romaines, le destin de constituer la loi suprême de l'état dans f accomplissement de \a justice par la fixation dû but final de la morale, c*est-à-dire, des buts absolus de Thomme, et par conséquent, dans l'identification du Souverain et du Sujet , de l'Autorité et de la Soumission, objet, à âon tour, du moblème universel DE l'état dont la solution, au moyen du gôncours TÉLÉOLOGiQUE DANS l'ÉTAt, Serait Opérée par la transition progressive de la Moralité à la Messianité de l'homme. Le caractère politique de la France, avec toutes ses commotions irrésistibles, confirme cette haute attribution. — A l'Allemagne, comme faisceau des Nations germaniques, appartient le destin de constituer le docme suprême de l'église, dont Tobjet consiste dans la Régénération spirituelle du Christianisme- accompli, répondant à la question de Nicodème : Comment cela peut-il se faire ^ et dans la Création propre du Paraclétisme, répondant à ces paroles du Christ : T aurais encore beau-
coup de choses à vom dire, mais vous ne pouvez pcis les porter présentement : problèmes fixés d'abord comme dogmes du Christianisme , par Tautorité de TÉcriture, comme simple révélation avec certitude problématique y et ensuite comme dogmes du Christianisme-accompli avec certitude asser torique ^ et qui, résolus par le Paraclétisme, sont revêtus de la certitude apodictique. La tendance religieuse de l'Allemagne, déjà manifestée dans la 4"" période par le Protestantisme qui, en vertu de son principe, a établi universellement la Liberté de la Pensée et par suite la Réforme philosophique, et qui, comme but, a donné la solution temporelle du problème religieux du Verbe, due à cette réforme, confirme également la haute attribution messianique d'accomplir la religion, et par cet accomplissement, qui lui donnerait le nouvel attribut d'une règle hénotique, de rallier toutes les dissidences religieuses quelconques, juives et mahométanes. — Enfin, à la Russie, comme chef des Nations slaves, appartient le destin de former I'union-absolue, déjà pressentie dans leur Panslavisme, pour la direction de l'humanité vers ses fins dernières, à l'aide de la Vérité, dont la transmission ne peut manquer de se faire, dans ses trois majeures conditions, philosophique, religieuse et politique, chez ces peuples encore vierges de toutes atteintes impures, révolutionnaires et anti- religieuses. El leurs forces nom-
breuses, propres à garantir l'exercice de celte direction, leurs forces de 80 à 100 millions d'âmes, encore sans application déterminée , les y appellent. Eh! qui sait si, déjà, dans Vinstinct. puissant de leur vocation providentielle dont, particulièrement et à un très-haut degré, était revêtu FEmpereur Nicolas, la guerre contre la Turquie, pour prendre un pied plus avancé vers le dangereux Occident, n'a pas eu pour cause initiale de cette direction hégémonique du monde en vue de son salut final, les motifs de conservation que nous leur avons assignés, plus haut, dans la fédération projetée de ces Nations Slaves, surtout de celles limitrophes des nations oc-^ cidentales? Qui sait si, un jour, dans un siècle funeste, mais fait pour être prévu, TOccident, faute de l'auxiliaire de la Vérité, n'aura pas péri ; et si la forte Russie, sauve de toutes altérations, n'aura pas à lutter, corps à corps, esprit contre esprit, avec les jeunes et imprudentes Amériques qui s'avancent, avec une rapidité effrayante, dans des excès d'une vie excessivement matérielle, sans autre garantie que Vexercice contestable d'une coercition d'individu à individu, sorte de mono-archie que s'arroge chaque homme, se libérant ainsi du frein universel des droits et des devoirs qu'imposent les États? Dieu et Satan seront en présence. Qui sait, enfin, si dans cette présente action conservatrice de la Russie, nous ne devons pas voir déjà le prélude à
km
rUnion-absolue t action qui, dans son idéalité, doit constituer, dans des temps plus ou moins rapprochés, une connexion spirituelle entre la Moralité actuelle et la Messianité prochaine, à l'instar de ce que naguère fit l'Église, aux premiers temps chrétiens, dans une égale connexion de la loi payenne de FËtat avec la. loi morale du Christianisme? Mais, lors même que TUnion-absolue ne serait point établie par la Russie et les Nations Slaves sous son protectorat, ni par toute autre nation qui en prendrait l'initiative sous l'égide de la Vérité, elle devra nécessairement s'établir, et déjà même il est urgent qu'elle s'établisse chez des hommies supérieurs, en invisible association publique et non secrète, c'està-dire, en association idéale, sans liens matériels qui en fassent la chaîne d'union. L'exercice de sa fonction suprême devra consister dans la production de la vérité, sous les mêmes conditions que, dans les différents États, se produisent généralement lavérité scientifique, politique; religieuse et philosophique. Cette Union-absolue serait aujourd'hui la représentation du Droit de la vérité, de ce droit qui réside virtuellement dans l'essence de l'homme pour l'obtention de toutes ses fins, et qui, comme telle, constitue une Réalité imprescriptible. Déjà, dans des temps passés, elle s'est formée, sous la condition instinctive de ce Droit de la vérité, dans de simples pressentiments providentiels, car le
but absolu des êtres raisonnables n'avait pcMut encore reçu sa détermination. Et c'est ce manque de détermination qui portait ces sociétés antérieures à se couvrir du voile du mystère, trompant ainsi les hommes en prétendant leur être supérieures dans la connaissance de la vérité, ainsi qu'il en fut dans la première période, par les différentes Unions mysta-^ gogiques, dans la deuxième par la Ligue Pythagoricienne, dans la troisième par les Congrégations mystiques, chrétiennes et musulmanes, enfin, dans la quatrième par les Rose-^iroix, les Illuminés et les Francs-Maçons, sociétés dont les contes bleus n'ont plus l'aveu des homme* raisonnables. Ce qui est réclamé aujourd'hui comme uuq nécessité résultant de l'abandon des hommes à leur propre, stérile, et fausse culture de la vérité, fruit de l'antinomie régnante, et cause probable de la perdition possible de l'humanité, c'est une direction salutaire vers la solution de cette antinomie, qui ouvrirait, ainsi, les portes sacrées des destinées humaines. Cette direction, comme telle, est destinée à remplacer la finalité providentielle de notre création, qui nous abandonne, afin, par son but, de favoriser ces destinées, et par ses moyens de répartir les conditions de cette réalisation dans les différents États existants. A cet effet, elle doit, comme règle hodégétique de cette répartition, 1^ reconnaître le degré de Moralité qui existe dans les ÉtatSy et si, déjà, ils
participent à la Messianité, en considérant ces deux ordres de garantie du déTeloppement de la vie, comme moyens de direction, à. Taide de la Loi du progrès, vers le vrai absolu et le bien absolu ; et 2® reconnaître les progrès accomplis, hétéronomiques et autonomiques, moraux et messianiques, en considérant ces progrès comme une libération, plus ou moins grande, de la domination qu'exerce sur les États la loi de Création (le Règne de Dieu), et par conséquent, comme un acheminement vers la Création propre (le Règne de Fhomme). A tous ces titres, on voit avec évidence que TUnion-absolue ne saurait être envisagée comme un simple problème pratique, dont il faudrait remettre la solution à des temps ultérieurs, mais bien comme une réauté pratique, aussi urgente dans les temps actuels, qu'elle est impérative à la conscience des hommes. Elle constituerait ainsi un vrai pouvom nmECTsuR, à l'exclusion de tous autres pouvoirs, subaltemisés par l'absence de la Vérité, qui ne sauraient s'opposer à son établissement tout idéal, et, au contraire, en garantiraient le libre développement en raison précisément de sa manière pure et exclusivement rationnelle de produire la vérité, indépendamment de toute application politique et religieuse.
Nous terminons ici cette Exposition, donnée comme un fruit de longues études d'une Philosophie
dont les splendides radiations sont consignées dans le MESSIANISME ou Doctrines achrématiques (univer^ selles), son signe de démarcation du moralisme ou Doctrines chrématiques (germaniques), qui Y ont précédée en clôturant les philosophies antérieures. Son immortel auteur, Hoëne Wronski, après 50 années de travaux en France, a été ravi à Thumanité le 9 août 1853. Malgré la prodigieuse production de savoir qu'il a répandu dans toutes les sphères de Tintellect humain, sans exception aucune, sa mort laisse un vide immense que sa noble épouse, qui a joui du bienfait de ses lumières dans une vie commune de 45 années, comblera, sans doute, ei^ livrant au public éclairé YApodictique messianique^ ouvrage resté inédit, auquel il renvoie si souvent.
Quant à nous, en poursuivant nos études, jamais assez complètes, nous nous efforcerons, en dérobant les vases sacrés de notre maître, de nous construire un sanctuaire où nous puissions, non point seulement manifester sa gloire, notre admiration et notre gratitude infinie, mais encore, en rendant témoignage de luij approcher, en quelque faible partie, notre Réalité propre de la sienne. Car, sans aucun doute, et conformément aux principes qu'il nous a légués, que toutes les religions postulent, que le Christianisme indique en termes exprès, et que la Raison interroge incessamment, l'Esprit de cet homme célèbre, qui illustre non pas seulement, la
Pologne qui lui a donné naissance, et la France où il a vécu 80 ans, mais qui glorifie l'humanité entière, plane, non point comme une ombre, mais réside, comme une réalité accomplie, dans Tuniversalitédes sphères de la création. Cette Réalité, personnalité distincte, réintégrée à l'image de son Créateur, régit les mondes et leur existence avec les lois autothétiques, en vertu desquelles le savoir est inhérent aux réalités, qu'elle s'est assimilées par une Création propre, et avec les lois autogéniques, en vertu desquelles l'ÊTaE persiste dans les réalités, qu'elle s'est assimilées par uûe Création propre ; lois qui, ainsi, perpétuent ces réalités dans une évolution propre et une production propre indéfectibles : fonction auguste et ampliatrice de celle du Créateur de l'univers, qui attend l'universalité des hommes, à l'instar d'un destin conforme à la raison qui se l'assigne comme principe et but de l'existence.
>!aintenant, en rapprochant la philosophie, dans les actuelles conditions bornées où elle se trouve, jcelles de ne pouvoir accomplir le Vrai qu'elle recherche, en lui donnant l'effectivité du Bien que veut la religion; et en rapprochant la religion, dans les actuelles conditions bornées où elle se trouve, celles de ne pouvoir accomplir le pien qu'elle recherche, en lui donnant l'effectivité du Vrai que veut la philosophie : Vrai et Bien, par lesquels la philosophie et la religion seraient identifiées dans une seule
et même réalité, à la fois philosophie et religion ; en les rapprochant, dis-je, de la philosophie dans les conditions infinies où nous venons sommairement de la constituer, et de la religion dans les conditions qui forment sa base absolue, nous nous faisons cette question à laquelle, dans une sufiSsance propre par rapport à nous-mêmes, et dans notre humble réserve par rapport aux hommes qui observent encore Tune et Tautre dans leurs susdites conditions bornées, nous laissons à d'autres le soin de répondre : Quel cas ou quelle estime devons -nous faire de cellesH:i en les considérant par rapport à celles-là ?