M. Franck, la KiMale, part. I, ch. i, p
L'ÂBBÉ DB VILLÂRS. 351
— Vous n'appellerez pas, monsieur l'abbé ; il y va pour vous du plus haut intérêt, de la vie peut-être, et rien ne pourrait vous être plus fâcheux que de ne pas entendre ce que j*ai à vous dire.
— Parlez donc, monsieur, je vous écoute.
— Vous dites d'abord, monsieur l'abbé, que vous avez reçu tous ces enseignements d'un indiscret qui ne vous aurait aucunement éprouvé. Est-ce bien vrai? N'êtes-vous nullement affilié à notre société ? N'avez-vous rien vu que nos livres? N*avez-vous pris personnellement aucune part à nos saintes cérémonies? En d'autres termes, êtes- vous, oui ou non, initié selon les rites pratiqués par les sages?
— Vous oubliez, monsieur, que vous avez quelque chose à^m'apprendre et non à me demander; que c'est moi qui vous écoute, puisque vous avez voulu me parler; et que je n'ai pas à répondre à un inconnu, particulièrement quand je ne saisis pas l'objet de sa question, que je n'en aperçois même pas la convenance.
— C'est qu'il y a en morale une grande différence entre répéter les indiscrétions d'un tiers, ou les minces découvertes qu'on a pu faire par la lecture de quelques livres difficiles, et tratûr à la fois les secrets d'une société puissante et le serment qu'on a fait de les garder.
— Soit. Mais où voulez-vous en venir?
— Vous représentez vous-même, monsieur l'abbé, les éléments comme peuplés de créatures très-parfaites. Vous faites très-bien remarquer que cet espace immense entre le ciel et la terre a des habitants bien plu» nobles que les oiseaux et les moucherons ; que ces mers si vastes ont bien d'autres hôtes que les harengs et les baleines ; que la profondeur de la terre n'est pas seulement pour' les taupes; que l'élément du feu n'a pas été créé pour demeurer inutile et vide ^ Ces sphères sont, en effets remplies d'une multitude