‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 147 sur 226 · Le comte de Gabaliiy second entretien, p · texte numérisé non relu

Le comte de Gabaliiy second entretien, p

358 L*ABBÉ DE VILLÂRS.

iDDombrable de peuples .de figure humaine, d'une beauté parfaite, d'une intelligence très-élevée, et dont le pouvoir sur les éléments qu'ils habitent est sans bornes. Ce sont les sylphes, les ondins, les gnomes et les salamandres. La condition de ces esprits élémentaires serait bien digne d'envie s'ils avaient comme nous une ftme immortelle, et s'ils pouvaient pendant l'éternité jouir de la présence du Dieu qu'ils connaissent et adorent ^ Mais, en cela, ils nous sont inférieurs» et c'est pourquoi Dieu, leur créateur et le nâtre, nous les avait soumis dès le principe, et nous avait par euï rendus maîtres absolus de la nature. Le péché du malheureux Adam nous a ôté ce pouvoir *. Réduits à la triste condition d'animaux souffreteux, nous n'avons qu'un moyen de re* conquérir nos anciens avantages : c'est, en nous livrant à l'étude de cette sainte philosophie occulte, de renoncer à toute union charnelle entre les deux sexes, et de ne concevoir d'amour que pour les esprits élémentaires. Cet amour, ils nous le rendent avec d'autant plus d'ardeur qu'il peut seul leur procurer l'immortalité, objet de tous leurs vœux. Pour un prix d'une telle importance, il n'est rien qu'ils ne fassent avec la fidélité la plus dévouée, soit comme amants, soit comme serviteurs toujours prêts à exécuter nos ordres \

— Vous ne m'apprenez là, monsieur, rien de nouveau. Le comte de Gabalis m'avait dit tout cela, avec des détails même que vous passez sous silence.

— Je le sais, monsieur l'abbé ; mais maintenant je vous demande si vous croyez fermement tout cela, si vous avez vu, de vos yeux vu tout ce que vous dites dans votre livre ; si, en un mot, vous êtes bien convaincu de la puissance des sages sur la nature entière.

Page 1