‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 205 sur 226 · Hor., fpod., 12, y · texte numérisé non relu

Hor., fpod., 12, y

L£S DEUX ËRUDITS. 497

dre le combat amoureux. Je n'insiste pas sur ces détails, où Ton est étonné de voir les ?ers si chastes de Virgile, exprimer de telles idées, avec une grossièreté que nos poètes les plus orduriers ne dépasseraient pas. Je prends seulement ici les vers qui regardent la jeun^ épouse, et ce qu'il y a de plus secret chez elle.

Est in secessu, tenuis qu6 semita ducit, Ignea rima micans ; exhalât opaca mephitim *.

C'est ce dernier trait que je vous prierai de m'expliquer dans les habitudes de propreté reçues chez nous. Remarquez que c'est une jeune vierge ; c'est le jour de ses noces ; assurément elle ne s'est pas gâtée tout exprès ce jour-là. Ausone ne veut dire d'elle et surtout à elle que des choses agréables; et cependant selon lui, de ces profondeurs s'exhale une vapeur impure, exhalât opaca mephitim.

— Bon, répliqua Croit-tout: Ausone a mis cela pour compléter son vers.

— Non, non, ne le croyez pas, c'est si bien sa pensée qu'il y revient un peu plus loin, et qu'il y consacre encore deux vers entiers*.

Hic specus borrendum : talis sese balitas atris FaucibuB effundens, nares contiogit odore.

c C'est une caverne horrible, un gouffre ténébreux qui vomit des exhalaisons dont l'odeur blesfe les narines. > Répondez franchement : est-ce votre femme ou votre, fille dont vous voudriez que cela pût être dit ? »

Cet argument ad hominem mit fin à la discussion. Le pauvre Croit-tout terrassé par la question balbutia une réponse insignifiante. Il n'en resta pas moins ferme dans son admi-

1. Voyez dans la bibliothèque latine-française de Panckouckef le t. II d*Aiisone, p. 116, v. 10 et 11 de la section.

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