Sueton., Damit,, n*23;Eatr., Brev,j VU
TirnS ET ADRIBN. 3
amis Tiennent à bout de me faire appeler le dioin ou la gloire de Rome, ou, comme vous-même, les délices du genre humain * T Je cherche ce que chacun a fait, et je l'estinie ou le méprise selon qu'il a bien ou mal entendu les vrais intérêts de l'État, assuré sa durée et le bonheur de ses habitants, rempli en un mot sa charge d*empereur.
Trr. Je tiens pour moi que la voix du peuple est la voix de Dieu, que celui qu'elle proclame le meilleur ou le plus grand des hommes le doit être véritablement.
Adr. Vous avez vos raisons sans doute pour en juger ainsi; je ne suis pas, moi, de votre avis en ce point. Je me rappelle le mal qu'on a dit de Tibère et de votre frère Domitien, et je me plais à le croire exagéré : par analogie, je suppose que la louange comprise dans un surnom comme le vêtre, si vous voulez, pourrait bien n'avoir auprès des gens sensés qu'une valeur médiocre.
Tir. Que voulez-vous dire? Et comment n'aurais-je pas mérité ce titre d'amour et de délices de rhimuinité que le peuple romain tout entier s'est accordé à me donner?
Adr. Oh I le peuple tout entier 1 Rayez cela, je vous prie, de vos tablettes. Vous savez aussi bien que moi que jamais an peuple entier n'est consulté sur une affaire comme celle-là. Quelques hommes influents proposent le surnom; il est adopté par tous les courtisans si le prince est puissant; maintenu dans son parti , employé comme simple désignation par ses ennemis, répété par les historiens s'ils ont reçu de lui quelques bienfaits ou s'ils tiennent à lui par quelque endroit, il passe de là dans les écoles; et ainsi se forme ce que vous appelez la voix du peuple. Rappelez-vous ce que les tragiques grecs ont raconté d'Atrée et de Thyeste; quelles haines abominables , quels crimes ils leur ont prêtés : tout cela est devenu depuis longtemps une croyance populaire.