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Thèses de grammaire

Ce volume peut être considéré comme faisant suite à celui qne j*ai publié , il y a un an , sons le titre : De quelquet poinft dn tcieneêi dans VaniiquUf. Il s*agit encore ici de quelques points théoriques; mais ils sont, d'une part, étrangers à Tanliquité, et, de l'autre , se rapportent tous h la grammaire.

Seulement , cette science a ici une étendue que tout le monde ne lui donne pas. On s*accorde sur ce qu'est la grammaire proprement dite; quant à la haute grammaire, ou grammaire ntpérieure, c'est pour moi Tétudé du langage dans ce qu'il a de beau, de séduisant pour l'imagination; c'est, en un mot, rétude du style , ou de ses formes , de ses figures , de ses qualités et de SCS défauts. Cette partie touche évidemment à la littérature ou à la rhétorique; elle s'en distingue en ce que cellesci s'occupent avant tout des ouvrages en prose ou en vers , et ne considèrent le style qu'en tant qu'il y convient ou n'y convient pas; tandis que , selon moi, le style doit être étudié isolément et en lui-même, afin qu ensuite, quand on viendra, dans la littérature, à parler des divers ouvrages , on applique à chacun les principes précédemment appris ; qu'on emploie les formes de langage déjà connues, sans être obligé d'interrompre sans cesse et d'entrecouper, l'une par l'autre , deux doctrines aussi différentes, celle desœuvres littéraires et celle de la langue.

Les dix premières dissertations se rapportent à la grammaire proprement dite; les sept suivantes à la haute grammaire. Les trois dernières thèses appartiennent à la grammaire appliquée , c'est-à-dire qu'il s'y agit d'applications toutes spéciales des données de la grammaires à d'autres sciences, comme la logique, la physique, la chimie, etc.

"Il semble que j'aurais dA reproduire avant toutes ces thèses celle que j'ai soutenue, en 183G, pour les épreuves du doctorat, Sur l'étude et Venseignement de la grammaire, comme j'ai replacé ma thèse Sur la physique d'Aristote en tète du volume précédent. Je ne l'ai pas fait, parce que cette thèse, qui pouvait avoir quelque inl^^^rôl en 1836, n'en a plus aucun aujour-

Viij PRÉFACE.

d'hui qac j'ai publié chez M. Hachette : 1"* hh Court supérieur de grammaire en deux volâmes (grand in-8^ à deux colonnes) , où j ai traité d'une manière philosophique , avec plus de détails et infiniment plus d'étendue que n*en comportait ma thèse ^ tous les sujets que j y indiquais , et d'autres encore^ 2'' un Coure raisonné de langue française, où j'ai mis sous une forme beaucoup plus facile tout ce qu'il y avait de pratique dans les deux volumes philosophiques dont je viens de parler. Je n'ai donc conservé de ma thèse de 1836 que la dédicace que j'en faisais à la mémoire de mon père, et je la reproduis ici, modifiée toutefois dans ses termes , et contenant des indications biographiques qui m'ont paru nécessaires.

On demandera peut-être s'il y a quelque chose de commun entre ce volume et le Cours supérieur de grammaire, qui semble traiter des sujets semblables. Il n'y a rien du tout, par la raison que le Cours supérieur est un ouvrage dogmatique, dans lequel j'ai exposé le mieux que je Tai pu les idées des antres, sans y mêler une seule des miennes , celles-ci ayant été réservées pour l'ouvrage que je donne aujourd'hui. Cette différence dans l'objet en a entraîné une autre dans la forme générale du livre. Le Cours supérieur de grammaire est un véritable traité embrassant la science dans toute son étendue y divisé, pour cela , en parties , en livres , en chapitres. Le présent volume est, comme mes Etudes sur quelques points des sciences, formé de pièces indépendantes les unes des autres. C^est une suite de thèses sur diverses questions de grammaire , toutes susceptibles d'être débattues, toutes ayant pour but d'établir ce qui me semble la yérité sur des points mal connus , niés ou contestés. Ce sont donc des mémoires dont les doctrines n'auront à entrer dans on ouvrage dogmatique que quand elles auront obtenu l'assentiment des grammairiens; jusque-là , elles en doivent être exclues comme tout ce qui est paradoxal. Ainsi , ce volume est absolument nouveau dans son objet et son ensemble, quoique quelques pièces aient déjà été imprimées, surtout dans des recueils périodiques.

' Paris, 10 décembre 18oi.

COUP D'OEIL

SUR L'HISTOIHE

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