DE LA NOMENCLATURE CHIMIQUE
noms des bases qu'à ceux des acides , aussi bien aux corps électro-positifs qu'aux électro-négatifs : tous les povahoutes sont solubles *, c'est-à-dire tous les sels à base de potasse \ tous les bavahouteê sont vénéneux , c'est-à-dire tous les sels à base de baryte.
LespoAot4(es et les bahouUs, qui sont les mêmes mots que les précédents, moins la syllabe va, indiquent tous les sels où entrent le potassium ou le baryum, et, par conséquent 9 outre les oxy sels , les chlorosels , les sulfosels , les brdmosels , etc. , dont ils contribuent à former la base.
Les combinaisons bien faites des syllabes substantives avec ces finales des noms généraux, nous donnent encore les moyens de nommer des corps pour lesquels il nous faut aujourd'hui des périphrases-, les dèkahoudes, par exemple, expriment tous les carbures d'hydrogène, quelle que soit la proportion des éléments-, les dêeavahoudes les combinaisons non acides d'hydrogène, de carbone et d'oxygène, c'est-à-dire les substances immédiates végétales; si on les considère comme acides, ce sont des déeavahouques. Les dèkazotahoudes , dèkazovahouques et dèkazovahoutes sont les substances immédiates animales , selon la manière dont on les considère.
Je ne m'arrête pas sur ces noms que tout le monde peut former. selon sa volonté; je remarque seulement qu'ils ont l'avantage d'être exactement scientifiques , d'exprimer, {mr conséquent , avec une rigoureuse précision ce que Ton veut dire -, et d'exclure à tout jamais les mots de la langue vulgaire, tels que acides y sels, métaux, etc. , qu'on ne peut faire entrer dans le langage chimique qu'en altérant leur signification et corrompant la langue française.
VIIL Circonstances partidUières, — Nous avons exprimé jusqu'ici à peu près complètement tout ce qui tient à l'essence, à la quantité, à la qualité des corps; ces trois catégories sont les premières , les plus importantes, et jusqu'à
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un certain point les seules indispensables dans une bonne nomenclature.
Cependant les chimistes ont reconnu des lois ou des analogies qu'il serait fâcheux de passer sous silence , ci il faut tâcher de les exprimer d'une manière commode , c*est ce que je vais essayer de montrer ici brièvement.
l''. homorphisme. — Les corps isomorphes ont des propriétés tellement semblables , que souvent Thisloire de l'un est celle de Tautre. Visomorphisme serait donc le premier caractère auquel on pourrait reconnaître des familles naturelles*, et alors, comme je Tai dit, le meilleur moyen de l'indiquer serait de conserver à tous les isomorphes la même voyelle j c'est ce que nous avons fait pour les halogèiies, fluor, chlore, brome et iode, dont les noms /b, cho, bOj jo indiquent nettement Tanalogie^ mais jusqu'à ce que les hmilles naturelles aient été déterminées aussi incontestablement que celle des halogènes , il y a lieu de surseoir à la notatioti de risomor[)hisme.
2^ Polymorphisme. — Le polymorphisme est une circonstance intéressante de l'histoire des corps ^ mais c'est une circonstance physique plutôt que chimique , il ne parait pas qu'il y ait grand intérêt à en faire entrer l'expression dans la nomenclature-, nous la laissons donc dans l'histoire particulière des corps, où elle se place nécessairement.
5*. Isomérie. — Les corps isomères sont composés des mêmes éléments pris en même proportion , mais disposés différemment, puisqu'ils n'ont pas les mêmes propriétés,^ ainsi le gaz oléfiant CW et le méthylène CW, sont composés l'un et l'autre de parties égales de carbone et d'hydrogène : seulement il y en a deux fois autant dans le premier que dans le second -, le gaz de l'huile C^^H^* en a deux fois autant que le gaz oléfiant et le cétène G^H^, quatre fois autant que le gaz de l'huile. Entre tous les moyens d'exprimer cette analogie, le plus naturel est sans doute de
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réduire les exposants à leur plus simple expression en les divisant par leur plus grand diviseur commun ^ et de mettre ce commun diviseur en coefficient. Les quatre corps indiques ci-dessus ont alors les formules suivantes : méthylène zr4HC-, gaz olé fiant = SUC ) gaz de V huile = \GllC, cétène =:64HC , et les noms symboliques sont respectivement ridé'kade, lu-dè-kade, mtnti-tfé-ftade^ nuri-dè-kade : mais il y a ici un petit inconvénient -, les mots ri-dè-kade , lu-dèkade, etc. , indiquent-ils 4 ou 8 atomes de HG, ou, comme on le suppose, un seul atome de (HC)* ou (HC)*? C'est ce qui n'est pas dit. On évitera toute équivoque en convenant que pour le cas de l'isomérie seulement, les finales des coefficients , au lieu de faire entendre les voix orales t , u, feront sonner les voix nasales correspondantes in, un, comme dans fin et brun : ainsi les noms ci-dessus et tous les analogues deviendront rin-dè-kade, lun'^é'kade,minun-dè' kade, nurin-dè-kade j etc.
4"*. homérie parfaite. — Il y a des corps isomères qui le sont même dans la quantité absolue de leurs éléments *, ainsi l'acide maléique et le paramaléique ont pour formule HC^O', l'amidon et la dextrine H^C^O* -, l'acide cyanique et le fulminique CyO. Dans ce cas il y a indubitablement des différences dans leur constitution moléculaire, puisqu'ils ont des propriétés différentes ^ et aussitôt qu'on aura reconnu la cause de leur différence , on l'exprimera dans la nomenclature. Mais jusque-là leur comi)osition nous paraissant identique, nos noms symboliques doivent les nommer de même j et en effet , le k$ovaque CyO, est aussi bien le nom de l'acide fuUninique que celui de l'acide cyanique,' de même que la formule chimique appartient à l'un et à l'autre. Cependant, comme il est important de les distinguer, et que nous n'apercevons entre eux d'autre différence que celle du rang, l'un ayant été trouvé d'abord , un autre après le premier, un troisième après le second, désignons ces nombres ordi-
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naux 2*, 3*, 4*, 5* et 6* par les syllabes nou, tau , rou, gnou , mou : et nous dirons que Tacide cyanique étant le kwoaqw, le fulminique sera le noiUrk$ùtMp»e , un troisième isomère, s'il s'en rencontre , le lou-laowÈque , et ainsi de suite : il n'y aura ni difficulté ni incertitude sur le sens de ces mots , qui d'ailleurs ne sont que provisoires.
5*. Sub$tiiuiiom. — > La loi des substitutions peut donner un moyen d'exprimer facilement dans la nomenclature certaines modifications complexes. Ainsi il est assez simple de considérer un corps comme ayant perdu 1,2,3 équivalents d'hydrogène, ces atomes étant remplacés par les quantités équivalentes d'un autre élément. Or, ces deux circonstances s'expriment très-aisément au moyen de nos participes, précédés des particules di ou m. Un corps qui aura perdu 1,2,3 équivalents d'hydrogène sera, selon nos règles, di'didx, dé-dyèdi, dé-déldû S'il a gagné 1,2,3 parties de chlore il sera enr^kodi, en-chyodi, en-choldi. U suffira donc d'ajouter au corps en question une de ces qualifications pour exprimer tout ce que Ton voudra dire.
Ainsi , le système proposé donne le moyen d'exprimer en mots courts et d'une prononciation facile tout ce que nous savons d'important sur l'histoire générale des corps chimiques. Quant aux vérités que l'avenir nous réserve , nous ne serons pas embarrassés : nos listes sont bien loin d'être épuisées , nous n'avons pas fait usage des consonnes substantives unies aux voyelles numérales , ni réciproquement. Nous avons à peine montré la voix ou, nous n'avons pas parlé des voix nasales an, ein, on, un. Il n'y a donc pas à craindre de voir d'ici à plusieurs siècles s'épuiser la mine que nous avons ouverte.
IX. Application immédiaie du projet. — La nomenclature proposée n'est, je le répète, qu'un moyen mnémonique, une méthode pour classer et retenir les corps et les faits chimiques.
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Cependant il y a moyen de l'employer immédiatement sans heurter en rien nos habitudes.
1*. Nos chimistes découvrent-ils un corps dont les exposants soient peu élevés , puisque le corps est nouveau et encore innommé, un nom symbolique bien fait vaudra mieux sans doute que les noms tirés du grec ou composés arbitrairement.
^. Tirent-ils plusieurs corps à exposants élevés d'une même substance -, il convient de donner à ce corps, inconnu avant eux, un nom dérivé de la substance originaire. Ainsi l'acide tiré de la noix de galle a été bien nommé par H. Ghevreul, acide gallique; mais le second acide qu'il en a tiré a été mal appelé ellagiqw; car qui irait chercher dans les lettres elloQj l'anagramme du mot galle? Nos syllabes ordinales nou^ lou, rou, gnou, mou nous donnent le moyen de nommer convenablement ces 2*, 3*, 4®, 5* et 6* corps tirés de la même substance.
3"*. Quelques pharmaciens ont conservé l'habitude d'écrire sur . les vases qui contiennent leurs médicaments les mots latins barbares sulfas magneiiœ, nitras potassœ, etc.-, ne serait-ce pas une innovation heureuse et commode que l'inscription sur ces vases de noms symboliques traduisant la formule chimique et exprimant en outre la qualité du composé?
i^. Enfin, le projet de nomenclature proposé aura du moins cela de bon, qu'après lui on n'en proposera pas d'autre*-, car
* M. Damas, dans ses Leçons de philosophie chimique (p. 3^3) a condamné d^une manière trop générale et trop absolue tous les essais de nomenclature symbolique. « U ne se nasse pas d'année, dit-il, que l'Institut ne reçoÎTe un ou deux nouTcaux plans de nomenclature plus ou moins vicieui, plus ou moins niais, d — Nous croyons que cette condamnation n^est que conditionnelle , et qu*elle se changerait en approbation si le système proposé avait enfin tous les avantages que Ton peat y désirer. Dans tous les cas, cette tentative si souvent renouvelée et avec tant de persévérance, prouve le besoin qu'on ressent partout d'un travail analogue & celui que je soumets aux chimistes.
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il a pris les moyens que nous offre le langage dans ses éléments les plus simples y les voix et les articulations. Quoi que l'on fasse à présent , on ne pourra que partir du même principe ou de moins haut. On fera donc la même chose ou on fera moins bien\ ainsi il peut être posé comme la borne que nous indique la nature, au delà de laquelle nos organes ne nous permettent pas d'aller : Hue U9que ventes, et non procèdes amplius.