‹ Thèses présentées a la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences physiques (volume 2)Chapitre 13 sur 24 · OPTIQUE DES RAYONS DE RONTGEN. 'J · texte numérisé non relu

OPTIQUE DES RAYONS DE RONTGEN. 'J

OÙ I on ferme le circuit primaire-, le bord dey quitte la division n^ ; au moment où il arrive à la division 722, je pousse le cran d'arrêt du chronomètre, puis j'interromps le circuit primaire de la bobine. Eu prenant les précautions signalées, j'ai obtenu presque constamment des durées de décharge concordantes à moins de -^ près de leur valeur, et même mieux encore ^ les mesures croisées m'ont permis de m'assurer de cette concordance ; j'ai rejeté tous les résultats dont la précision était notablement infé-

rieure à ^

Si une lame épaisse de paraffine, de soufre, à' ébonite, à' aluniinium, etc., est disposée en L {fig- i4) dans l'espace M primitivement occupé uniquement par l'air atmosphérique, la vitesse de décharge de la feuille y^ de l'électroscope est notablement plus gtande que sous l'action des raj'ons secondaires issus de la masse d'air M, et d'ailleurs diiférenie d'un corps à l'autre. Elle devient encore bien plus grande si la lame LL est formée d'un métal lourd comme le cuivre, le zinc, le fer, le nickel, Vélain, le platine, le plomb, etc., ou d'un corps renfermant de tels métaux soit à l'état de mélange, soit à l'état de combinaison. L'activité électrique des rayons secondaires de tels métaux est assez grande pour qu'il soit nécessaire de réduire la surface de la lame L à quelques centimètres cariés d'étendue, quand la distance de L à l'ouverture o\ de l'électroscope est voisine du décimètre. On peut alors lapprocher beaucoup la lame L de l'électroscope, ce qui est fort utile, comme la suite le montrera, pour se rendre compte de l'absorption des rayons secondaires par l'air ^ on diminue alors en conséquence les ouvertures o\ et o\ de manière que, dans toutes les expériences, l'écart angulaire des rayons secondaires extrêmes a' d' ^ b' c' soit assez faible, comme d'ailleurs celui des rayons X extrêmes ac et bd. On peut alors, dans l'étude de la transmission des rayons au travers d'une

SAGJVAC

lame placée normalemeiU à l'axe du cône de rayons, admellre que celle lame csl traversée par les rayons sous l'incidence normale, et, en second lieu, que la même lame placée successivement en AA puis en A' A' filtre sous la même épaisseur les rayons X, puis les rayons secondaires; ce dispositif sera parliculièremenl précieux dans l'élude de la transformation par l'influence de l'ordre des fillralions. Mais il convient de comparer d'abord les activités électriques de corps divers et de rechercher les circonstances dont peut dépendre le résultat de cette comparaison.

2. Influence de l' épaisseur. Emissions secondaires antérieure, postérieure et latérale. — L'action électrique des rayons secoridaires de l'air, excités par un faisceau de rayons déterminé lah {fig- i^)-, augmente avec l'épaisseur du volume M d'air traversée par les rayons, et sensiblement en raison dirccie du volume IM intéressé. De même, l'action électrique des rayons secondaires de la paraffine, par exemple, croit avec l'épaisseur de la lame de paraffine employée, mais de moins en moins vite, et tend praliquemeiit vers une valeur limite Cju'elle ne dépasse pluscjuand l'épaisseur croît davantage 5 celte épaiss3 r ^^s- ordinairement de l'ordie du ceniimèire, elle augmente de plus en plus à mesure que l'on emploie des rayons X de plus en plus pénétrants et semble alors croîlr(; au delà de toute limite.

La masse tout entière du corps rayonric alors dans tous les sens, comme dans le cas de l'air, aussi bien par la face de sortie des rayons X, pour donner des rayons se(!oudaires postérieurs, (|ue par les faces latérales du bloc de {)aralfine employé, même si ces faces ne sont pas traversées par des rayons X, et il se pioduil alors des rayons secondaires latéraux [^), l^our obseï ver, [)ar exemple, les

(') Le professeur II. Diifoui-, de Lausanne, a réalisr de jolies expériences au sujet de rémission secondaire lalérale des corps assez Irans-

OPTIQUE DES RAYOJNS DE IIOJVTGEN . "j D

rayons secondaires poslérieurs d'un corps cjuelconque, il suffit, dans le dispositif de la Jlg. i4, de prendre la lame LL assez mince ponr être Iraversée iiolablemenl par les rayons X el de la disposer non plus suivant gk^ mais suivant <?/^, de manière à tourner la face de sortie des rayons X vers réleclroscope. On peut remplacer l'élec- Iroscope par nne plaque pbotographicjue ou par un écran au platinocyanure de baryum, el la paraffine par une lame transparente d un corps quelconque; l'épaisseur delà lame em|)lovée sera donc d'autant plus faible que le corps est plus opaque; on emploiera, par exemple, une lame de paraffine de quebjues millimèties et, dans les mêmes conditions, une lame d'aluminium de quebjues dixièmes de millimètre, une feuille d'or de quelques dixièmes de micron. Si la lame LL renferme un métal lourd qui transforme notablement les i ayons X ou bien un des composés d'un tel métal, on n'allaiblit pas sensib!en>ent l'émission des rayons secondaiies antérieurs S et l'on augmente progressivement celle des rayons postérieurs S', si l'épaisseur de la lame MM (scbéma de la^^. i5), d'abord peu iriférieure à l'épaisseur a qui arrêterait sensiblement le faisceau de rayons X, est diminuée piogressivement jusqu'à une certaine épaisseur e très inférieures a\ mais si l'épaisseur de la lame MM descend au-dessous de e, l'émission des rayons S, et bientôt celle des rayons S', s'affaiblit, d'abord lentement, puis très vile. C'est dire que cliaque élément de matière atteint par les rayons X émet un rayonnement secondaire qui ne tiaverse pas sensiblement une épaisseur

parenls, comme le bois, la paraffine, les huiles, en employant comme récepteur une plaque photographique {Jrchives des Sciences phys. et nat. de Genève, 4" série, t. VIII, p. 870 et 529; 1899). On pourrait certainement étendre ces expériences à des corps comme l'aluminium et même comme le fer, à condition d'employer des rayons X suffisamment pénétrants.

G. SAGWAC.

de matière su pôrîeiire (' ) à e. Si 1%'paisseur delà lameLL ne dépasse pas 6, cliaque élément de matière rayonne à la fois à travers chaque face de la lame. Pour une épaisseur

supérieure à <'', il y a une conclie de matière d'épaisseur e^ attenant à la face d'entrée des rayons X, qui émet la plus grande partie des rayons secondaires antérieurs S et une couche analogue d'épaisseur comparable, attenant à la face de sortie, qui émet la j)lus grande yjariie des rayons postérieurs S' ; les deux couches d'émission ont une partie commune si l'épaisseur de la lame MM est inférieure à ae, et sont sensihh^ment distinctes si cette épaisseur est supérieure \y ie (cas de la fi^. i5).

Il suit de là que les ravons secondaires postérieurs S' sontexci(('s par des i ayons X C[ui sont plus pénétiants que ceux qui excitent les ravons secondaires antérieurs S, comme ayant traversé l'épaisseur du corj)s qui sépare la couche d'émission antérieure et la couche d'émission postérieure. Aussi les rayons secondaires postérieurs sont-ils plus j)énéirants (|ue les rayons secondaires antérieurs; à cette diderence près, ils possèdent en général les mêmes

( ' ) La significalion de la i,'raiuleiir c delà (utuclic déiinssioii secondaire sera précisée plus loin : voir § G de ce Cliapilic, lldlérogénéité des layons secondaires. •

OPTIQUE DES RAYONS DE [\OJNTGEN. nn

propriétés; on peut dire que les propriétés des rayons secondaires postérieurs S' sont, en généra!, celles des rayons secondaires antérieurs S produits par le même faisceau de rayons X, à condition de filtrer, au préalable, ce faisceau de rayons X à travers une lame d'épaisseur convenable de même substance que la lame MM étudiée*, par exemple, l'épaisseur de leur couche d'émission dépasse, en général, la valeur de celle des rayons secondaires antérieurs, et la différence est d'autant plus grande que la lame MM est plus épaisse. Sauf indication expresse, les études qui vont suivre sont relatives aux rayons secondaires antérieurs (^).

On peut se demander si les résultats des observations ne sont pas troublés par l'émission secondaire de la masse d'air M {fig^ i4)' Cette irjfluence n'est pas négligeable quand la lame LL disposée dans l'espace M est formée d'une substance comme la paraffine, l'aluminium, assez transparente aux jayons X et, par suite, aux rayons secondaires de l'air, qui sont assez peu différents des rayons X incidents. Par exemple, (jue l'on superpose en L {Jig. 14) ui^ nombre croissant de lames d'aluminium d'une fraction de millimètre d'épaisseur chacune; faction électrique secondaire observée existe déjà en l'absence de la première lame d'aluminium ; elle augmente avec l'épaisseur d'aluminium placée en L, d'abord très vite, puis plus lentement, passe par un maximum, puis diminue pour tendre vers une limite. J'ai tiouvé, par exemple, que la lame L faisant environ 4^° avec les rayons X et avec les rayons secondaires envoyés dans l'électroscope G, cette limite était atteinte sensiblement pour une épaisseur d'aluminium de 2"^"^ et l'action de décharge était alors envi-

(') L'influence des rayons secondaires postérieurs dans l'étude des coefficients de transmission des rayons X est signalée plus loin (Chap. III, § 2 et 3), ainsi que leur rôle dans le mécanisme de la décharge des conducteurs traversés par les rayons X {loc. cit., et § 4).

ron les ^ de l'aclion maximum observée pour une épaisseur plus faible. Ces résultats s'expliquent suffisamment en admettant que les rayons secondaires de l'air du volume M {fi g. i4) agissent en même temps que ceux de l'aluminium L; Taclion de l'air du volume egk^ situé en avant de la lame L, n'est pas altérée par laugmentation d'épaisseur de cette lame; au contraire, les rajons secondaires du volume d'air ghh^ situé derrière la lame L, sont affaiblis par la traversée de cette lame L et d'anlant plus que celte lame est plus épaisse; on comprend que cette influence puisse faire diminuer l'action totale lorsque, les rayons secondaires de l'aluminium ayant atteint sensiblement leur maximum d'intensité, l'épaisseur de l'aluuiinium augmente encore. Cette explication est en accord avec le fait suivant : Si l'on fait tourner l'électroscope C et la lame L de manière que les rayons X tombent sur la lame L sous une incidence assez grande, ro° par exemple, et que les rayons secondaires soient envoyés suivant une émergence aussi rasant(% l'action secondaire, pour des épaisseurs croissantes de L, croît constamment |us(|uà une valeur limite sans passer par un maximum; on comprend, en effet, que les rayons secondaires du volume gJih traversent la lame L liés obliquement sous une épaisseur très supérieure à l'épaisseur normale de cette lame; ils sont, par suite, assez affaiblis pour être assez peu importants avant même (|ue la lame L ait l'épaisseur correspondant au maximum d'intensité des rayons secondaires qu'elle émet.

L'influence de l'émission secondaire par l'air est négligeable dans les éludes que j'ai laites sur les corps qui transforment notablement les rayons X, d'abord parce fjue les rayons secondaires de ces corps sont beaucoup plus actifs que ceux de raluniinium^ en second lieu parce (|u'il est alors possible de réduire la lame L à une surface de cjuelcjues centimètres carrés seulement; or, les

OPTIQUE DES HAYONS DE RUJNTGEN. HQ

dimensions linéaires de la y^^. i4 élaiu supposées toutes divisées par lo, le uolume d'air egkh est réduit dix fois plus que la surface de la lame L et, par suite, les rayons secondaires de 1 air sont dix fois plus réduits que ceux de la lame L, déjà beaucoup plus actifs. D'ailleurs, le volume d'air ghk postérieur à la lame L n'interviendra rigoureusement pas dans les observations suivantes sur les rayons secondaires antérieurs; la lame L sera, en effet, toujours assez épaisse pour arrêter les rayons X. J'ai employé particulièrement de petits miroirs de cuivre, de zinc, de fer, nickel, platine, d'environ 4*^^ de surface, assez épais pour arrêter sensiblement tous les rayons X incidents. Dans ces conditions, les divers corps sont comparés sous une épaisseur bien supérieure à celle qui détermine l'activité maximum de leurs rayons secondaires. Même si l'on admet que chaque élément de matière frappé par les rayons X rayonne en tous sens isoiropiquement, l'émission secondaire d'un miroir métallique plan ne saurait êtte indépendante de I incidence i des rayons X ni de l'angle s cjue les i ayons S font avec la normale au miroir 5 les rayons X sont, en effet, absorbés et filtrés par la couche d^ émission des rayons S, inégalement suivant Y incidence i, et, d'autre part, l'augmentation de Yénier^ gence s fait diminuer l'épaisseur de la couche d'énussion secondaire comptée suivant la normale. En particulier, 1 activité des rayons secondaires émis par un miroir de surface invariable s'affaiblit beaucoup quand l'incidence i ou l'émergence s se rapprochent d un af)gle droit. Les résultats généraux de comparaison des différents corps, exposés plus loin ('), sont, dans toutes les expériences que j'ai effectuées, les mêmes pour des incidences i et des émergences s très diverses. Les résultats numériques particuliers indiqués ci-après ont été obtenus en faisant sensiblement les angles i et s tous deux égaux à 45 degrés.

(') Voir § 8 de ce Chapitre.

8o G. SAGNAC.

3. Influence de la jiature des rayons X incidents sur les résultats de la coniparaisoji de divers corps. — Les rapports des temps t de décharge, dont les inverses permettent de comparer les aclivilés électriques de divers faisceaux secondaires, varient suivant la nature des rayons X incidents. On s'en aperçoit en recommençant la comparaison après avoir fait changer la pression du gaz raréfié dans le tube focus (^). Au lieu de diminuer cette pression, on peut encore rendre les rayons X plus pénétrants, sans modifier l'état intérieur du tube, en disposant sur le trajet des rayons X, en AA {fig- i4)i> '^^ lame plus ou moins opaque-, les layons X filtrés par celte lame sont plus pénétrants que l'ensemble du faisceau incident.

Voici un exemple obtenu avec le dispositif de \afig. i4 en plaçant à demeure, sur la fenêhe o\ de l'électroscope, une feuille a' b' d'aluminium de o'"'",ii d'épaisseur. Les rayons secondaires traversaient cette lame et les 18^"^ d'air atmosphérique qui la séparaient du centre de la plaque layonnante L. Dans une piemière série de comparaisons, les rayons X sortaient de l'ouvertuie ab^ pratiquée dans l'écran de plomb E, E, , à travers une feuille d'aluminium d'épaisseur voisine du micron, n'absorbant pas sensiblement les rayons du tube fo( us ; les rapports des temps de déc haige étaient alors les suivants :

Zinc. Cuivre. Paraffine. Plomb. Aluminium. F^er.

Ces rapports devenaient :

si une lame d'aluminium d'épaisseur 0™"% 12 était placée en A A sur la lenèlie de sortie des rayons X,

(' ) Si le tube focus employé n'est pas relié à la trompe à mercure, on peut encore modifier aisément la pression intérieure par l'emploi de l'ingénieux osmorégulateur de M. P. Villard (voir Comptes rendus, t. CXXVI, p. i^,i3; i8(j8).

OPTIQIE DES RAYOMS DE TIOIVTGRN. 8l

La iTiétIiode de comparaison snivaiile donne des lésiillals (Tune signifîcalion plus simple : Soienl, par exemple une lame A< <ï ébonite, une lame A2 à^ aluminium et une lanie A3 de cuivre d'épaisseurs ditïeientes el choisies de manière que les trois lames affaiblissent également l'action des rayons X sur l'éleclroscope C. On a, pour ( onstater (;e fait, déplacé l'électroscope C de manière qu'il reçoive les rayons X; on Ta replacé, après IVtude et le choix des trois lames, dans la position de lay^^. i4, de manière qu'il reçoive les rayons secondaires issus d'un miroir L de cuivre ('). L'expérience montre alors que l'action électrique des rayons secondaires du cuivre esi également affaiblie si l'on dispose en AA, sur le trajet des rayons X {fig- 14)7 l'une ou l'autre des deux lames A< (éboniie) et A2 (alumirjium) qui aHaiblissaient également l'action directe (2) des rayons X. Mais la lame àe cuivre, qui é(|uivalait aux lames A< et A 2 pour la transmission directe des rayons X, n'équivaut plus mainltnant à A, et A2 : quand celte lame est placée en A A sur le trajet des rayons X, l'action électricjue des rayons secondaires du cuivre e.^t affaiblie notablement plus que si la lame placée en AA était la lame d'ébonite A< ou d'aluminium A2; par* exemple

(') L'électroscope est porté par un solide bras mobile horizontalement autour de la plate-forme d'un goniomètre et équilibré, de l'autre côté de cette plate-forme, par un contrepoids. Quand l'étude directe des rayons X est terminée et l'électroscope ramené à la position représentée dans la fig. i/j, on dispose le njiroir L de cuivre au-dessus du centre du goniomètre, à la hauteur de la fenêtre o'^ de l'électroscope; afin d'éviter que quelques rayons X ne se diffusent ailleurs que sur le miroir L, dans toutes les expériences ce miroir descend notablement au-dessous du faisceau des rayons X, qui ne peuvent ainsi jamais frapper la colonne de laiton sur laquelle est fixé le miroir.

(^) La filtration des rayons X affaiblit d'ailleurs l'action électrique des rayons secondaires bien moins que l'action directe des rayons X, ce qui peut s'exprimer ainsi : Les rayons secondaires d'un corps donné proviennent surtout des rayons X les plus pénétrants du faisceau incident {voir §7, Étude électrique de la transformation ; Chap. IIF, §2 et i, et Chap. IV, § 5).

1,3 fois aillant, le miroir do cuivre étant placé à 8*^'" d'une mince feuille d'aluminium battu a' b' qui recouvre seule la fenêlie o\ de l'éleclroscope C.

On peut exprimer ce résultat, en s'aidant de Tanalogie optique, sous celte forme : parmi les groupes de rayons inégalement pénétrants que renferme le faisceau liétérogène des rayons X, la lame A3 de cuivre a absorbé plus paiticnlièrement des rayons X qui excitaient plus que les antres l'émission secondaire du miroir L de cuivre.

Sous celle forme, le résultat observé semble analogue avec le suivant : la luminescence d'un corps solide ou liquide éclaiié [)ar un faisceau de lumière est due surtout à la transformation de ceux des rayons luniineux incidents que le corps étudié absorber le plus. Toutefois cette analogie est assez limitée : les corps iluorescents ou phosphorescents sous l'action de la lumière présentent le plus souvent des phénomènes très nets iWibsorption électwe; ainsi, dans les phénomènes de fluorescence autrefois étudiés par J. Herschell sons le nom de diffusion épipoLique^ l'émission de lumière est localisée dans une couche superficielle du corps attenant à la face d'entrée du faisceau lumineux, et Sir G. Stokes a moniié (jue le faisceau lumineux incident est complètement dépouillé, dans cette couche superhcielle, de certains rayons seuls capables d'excitei" la fluorescence; les autres rayons ne sont pas absoibés; et demeurent inactils.

J^'émission secondaire, d'un métal lourd par exemple, est aussi localisée dans une couche superiicielle d'épaisseur e 1res faible (par exemple de l'ordre du micron pour l'or); mais les ravons X sont loin d'être complètement dépouillés dans celte couche de la propriété d'exciter rémission de rayons secondaires transformés. Une nouvelle couche adja- ( errle à la face de sortie des rayons incidents, à l'inverse de c<î (jui arriv(^ pour les luminescences provoquées par la lumière, est de nouveau le siège d'une émission en tous sens

OPTIQUE DH5 RAYOWS DR l\Oi\TGElV. 83

de rayons secondaires postérieuis iransfonnés. La nniireur de la eouclie d'émission antérieure et celle de la couche postérieure sont duef^ non pas au faible pouvoir de pénétration des rayons X excitateurs, mais surtout à celui des rayons secondaires plus absorbables qui en dérivent.

Conformément à celte explication, si l'on ouvre une pile de feuilles minces de cuivre, par (^xemple, d'abord serrées en un seul bloc, l'intensité des rayons se( ondaires envoyés latéralement dans un électroscope augmente aussitôt; les feuilles du milieu rayonnent maintenant au dehors même si leur présence était indifférente cjuand elles étaient seiiées entre les feuilles extrêmes; c'est donc l)ien que leurs layons secondaires étaient airéiés par les feuilles qui les séparaient de la surface antérieure ou de la surface postérieure de la feuille unique formée par la superposition des diverses feuilles minces. Il n'y a donc pas dans l'excitation secondaiie de phénomène électif comparable à celui que présente la diffusion épipolique d'Herschell. Même la différ^ence etitre l'action exercée, daits l'expérience déjà signalée, par la lame A3 de cuivre et les actions exercées par les 1 imes A| et A2 d ébonite et d'aluminium n'est qu'une différence de degré ; les trois lames affaiblissent chacune les rayons secondai r^es lorsqu'elles (iltrent les rayons X^ de même il n'y a pas de substance dont une lame suffisamment épaisse n'affaiblisse les rayons X qui la traversent.

Er)fin le phénomène électif signalé dans l'excitation secondaire n'est pis tout à fait caractéristique de l'ideniiié de nature de la feuille A3 filtrant les rayons X et de la lame rayonnarrte L, toutes les deux en cuivre dans l'exemple cité. Quand, par exemple, le miroir- L <\q cuivre était remplacé par- un miroir de nickel, les filtra lions des rayons X par les lames A, d'ébonite ou Ao d'aluminium affaiblissaient également l'action rayonnante du miroir de nickel; mais, ici encore, l'action de la lame A :{ de cuivre

S/\ G. sAgwac.

n'étaii pas équivalente à celle des lames A, et A^ ; la filiration des rayons X par la lame A3 de cuivre affaiblissait l'action rayonnante du miroir de nickel i , 2 fois autant que ne le faisaient les filirations des rayons X par les lames A^ ou Ao, rapport assez voisin du rapport i,3 observé dans les mêmes condiiions avec le miroir de cuivre (*). On peut exprimer ce résultat en disant (|ue le groupe des ravons X, plus particulièrenient aciifs dans l'excitation secondaire du cuivre, a une importante région commune avec le groupe des rayons X du même faisceau, qui sont plusparticulièiemenl aciifs dans l'excitation du nickel. Ce fait semble pouvoir cire lappioché de ce que le nickel transforme aussi les rayons X et îuême plus profondément encore que le cuivre, comme on le verra plus loin. Il présente aussi une certaine analogie avec ce fait qu'en première approximation, et surtout pour les rayons X très pénétrants, deux lames, l'une de cuivre, l'autre de nickel, sont également transparentes aux rayons X lorsque leurs épaisseurs sont proportiorinelles respec tivenient aux densités du cuivre et du nickel, sans que la profonde dilféren( e de nature cliimique des deux métaux moditie beaucoup l'égalité d'absorption imprimée aux rayons X par deux masses égales des deux métaux.

4. Influence des épaisseurs d'air ou de divers milieux traversées par les rayons secondaires entre le corps rayonnant et l' électroscope. — Les rapports des temps de décbarge coirespondant aux actions électriques secondaires de divers cor ps, et même l'ordre dans lequel se classent ces divers rap[)Oiis, sont modifiés profondément si la comparaison des mêmes corps est refaite avec le même faisceau

(') J'ai obtenu des résultats voisins des précédents en étudiant les actions éIccLriqucs des rayons secondaires du cuivre, du nici-wcl et d'autres métaux par la méthode du condensateur, (jui utilise les rayons secondaires ayant même qu'ils n'aient été afTaiblis par la traversée d'une couche d'air almosphéricjiie {voir j). ^!() cl /ig. ni).

OPTIQUE DES RAYOWS DE ROJNIGEN. 85

de rayons X, mais en modifiant l'épaisseur d'air atmosphérique qui sépare le corps rayonnant LL {fig. i4) et la paroi d'aluminium a' b' de rélectroscf)pe G, ou bien en modifiant l'épaisseui- de cette paroi a! b\ ou, d'une manière générale, en modifiant l'épaisseur et la nature des corps interposés entre la surface de la lame rayonnante LL et la fare interne de la paroi a' b' . Ainsi, dans la première série d'expériences citée au commencement du paragraphe précédent, l'action électrique secondaire du fer, mesurée par l'inverse du temps de déchajge, était i\,i fois moins grande que celle du cuivre, les rayons secondaires du fer ou du cuivre étant émis à travers 18*^'" d'air et une paroi a' b' d'aluminium de o""",ii; l'ordre des actions électriques secondaires décroissantes était alors : zmc, CLiwre, aluminium, fer. Avec la même épaisseur d'air, mais en remplaçant la paroi a' b' d'aluminium épaisse de o™"\ii par une mince feuille d'aluminium battu d'épaisseur voisiriedu micron, l'action des rayons du fer augmentait beaucoup plus que celle des r ayons du cuivre et les rayons du cuivre n'étaient alorsque 1,4 fois aussi actifs que ceux du fer. La mince paroi a' U d'aluminium étant conseï vée, mais l'épaisseur d'air atmosphérique traversée en dehors do l'électroscope par les rayons secondaires étant ellemême réduite progressivement à partir de iS*^™, l'action électrique des rayons secondaires du fer dépassait successivement l'action électrique des rayons secondaires de l'aluminium, du cuivre, du zinc; t)0ur une épaisseur d'air réduite à j*^™, l'action électrique des rayons secondaires du fer était déjà i , 26 fois aussi grande t|ue celle des rayons secondaires du cuivre, et elle augmentait de plus en plus par rapport à celle du cuivre cjuand ré])aisseur d'air séparant les miroirs de fer ou de (uivre et l'entrée a' b' de l'éleclroscope continuait à diminuer-. L'ordre des actions électriques décroissantes devenait ainsi : fci', zinc, cuivre, aluminium^ et il se maintenait désormais invariable quand l'épaisseur d'aii' diminuait de pins en plus.

G. SAGWAC.

Ces exemples siilTiseni à montrer que les activilés secondaires relatives des divers eorps eL l'ordre même de ces arii viles sont extrêmement variables en général avec les épaisseurs d'air, d'aluminium, elc, tlaveI•^ées par les rayons se(Oiidaires en dehors du rérepleur ëleclriqne employé. Il j a exception seulement pour Vordre limite établi avec des épaisseurs d'air de plus en plus faibles, les layons secondaires agissant à h avers une mince feuille d'aluminium ballu a'b'^ ou bien passant à travers les mailles d'nne toile métaliicjue placée en «'^'; par exemple, le (er est plus actif que le zinc à travers 7^'" d'air el sur- Jout à travers de plus faibles épaisseurs d'air; le platine, moins aeiifque le (ev à tiavers quelques centimètres d'air, devient beaucoup plus actif que le fer* à travers quebjues niilTnnèlres d'air et surtout à travers de plus faibles épaisseuis. J'ai trouvé ainsi, pour les métaux suivants, 1 ordre limite d'ac tion élec trique décroissante :

Platine, Étain, Nickel, Zinc, Cuivre, Alunninium. ou Fer,

Cet ordre limite s'esi maintenu le même dans mes diverses

exj)ériences. J'ai aussi comparé les actions secondaires de

divers métaux à l'aide des actions de décharge des rayons X

tombant directement dans l'éle(Uroscope C de \a Jig. \/\^

déplacé à cet cfTct-, la feuille y de l'électroscope se trouvait

à gauche de la lame métallique t ( fig- 16), el cette lame t

était reliée élcciri(|uemenl à un miroir i\J, opaque aux

rayons X, formé successivement des divers métaux à com-

parer. Comtrie il sera dit plus loin (Cliap. JII, § 4), la

dé(harg<'du condensateur Ma'b' est alors due, pour une

part invariable, à l'action des layons X, (jui lendeiU la

laine d'air coniprise ontie M et a'ô' (onduclrice de l'élcc-

Lricité et, pour une part vaiiable avec la natuie du métal INI,

à une action analogu-e exercée pai' les rayons secondaires

issus (lu métal !\1 ; l'aclion du nu'lal est |:r(''[)ondéi anle

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