LIL. — RÉSULTATS GÉNÉRAUX 14, —— PRINCIPAUX GENRES OBTENUS
-La-fréquence de certaines espèces est remarquable; elle était d’ailleurs prévue : tout champignon susceptible de vivre ou de se développer dans l’eau, et doué d’une grande force de résistance aux agents chimiques devra dominer dans cette liste : or c’est justement le cas des moisissures vulgaires. Je n’ai point ici le désir de donner même une idée de la flore mycologique des solutions chimiques : cette flore doit d’ailleurs varier avec les pays, avec les germes de l'air. Voici cependant les genres principaux observés çà et là, et souvent sans détermination spécifique.
Le. Penicillium. glaucum ‘soit le type ordinaire, soit la forme crustaceum) est, de beaucoup l'espèce la plus fréquente. Sur une centaine de solutions ensemencées, je l'ai obtenue plus de. soixante fois. Cette fréquence que j'avais déjà notée(1) a été signalée de nouveau par M. Guéguen (2), qui : s’est livré: récemment à des recherches sur les organismes mycéliens des solutions pharmaceutiques. Il à conclu que les Æygrocrocis se rattachent à deux où trois genres: très répandus et le plus souvent au Penicillium glaucum dontil a fait l'étude spéciale. Il croit que ces Hygrocrocis sont formés. par. l'association, du. Penicillium glaucum et. d'un Hormodendron, qui prédominent l’un ou l’autre sur tel ou tel milieu. L'auteur, dans de nombreuses recherches, n ’atrouvé, en dehors.des deux espèces ci-dessus, que : deux fois 1 Mucorinées;. deux: à trois fois des levures, deux fois des genres voisins du Penicillium (Aspergillus et Sterigmato-
(1) Sur la fr dec du Penicillium glaucum Link dans les liquides chimiques et pharmaceutiques allérés (Journ. de Pharmacie et de Chimie, 1898, t. I, p. 537);
(2) Guéguen, Recherches sur les organismes mycéliens des solutions pharmaceutiques. Etudes biologiques sur le Penicillium glaucum (Bull. de la Soc. mycol. de France, 1898-1899).
cysis). Pour lui « le Penicillium glaucum associé à un Hormo-
dendron semble se développer dans les solutions à l’exelusion presque complète des moisissures voisines ».
Cette conclusion me paraît trop absolue : si le Penicillium glaucum est de beaucoup le champignon le plus commun dans ces conditions, ainsi que je l’ai montré moi-même, si le Cladosporium herbarum (ou la forme qui est l’Hormodendron de M. Guéguen) est assez fréquent aussi, la flore des solutés n’en reste pas moins très riche, et l’on augmenterait facilement la liste des espèces en multipliant les cultures.
Le Penicillium a été obtenu des liquides les plus variés. Il se développe très vite dans les cultures et on l’y croirait souvent seul, si l’on jetait le tube aussitôt après détermination. De plus, tandis que d’autres moisissures sont souvent spécialisées géographiquement, le Penicillium se présente abondamment toujours et partout (1).
Les Aspergillus et Sterigmalocystis Viennent ensuite. Les cultures les ont donnés une trentaine de fois. Il est vrai qu ici les espèces sont bien plus variées. Le Serigmatocystis nigra s'est présenté à lui seul une dizaine de fois. Le S. rnidulans semble assez fréquent aussi.
Le groupe des Dématiées est l’un des mieux représentés : Cladosporium, Dematium, Alternaria, Macrosporium et genres voisins, Ceralostoma, etc., abondent dans les solutions. Ils v prennent des formes très variables et constituent un sujet d'étude intéressant, à cause de leur plasticité. La partie spéciale de ce travail leur sera consacrée.
Les formes-levures se montrent très fréquemment. Les unes ovales ou arrondies, végètenten levures quel que soit le milieu, les autres apparaissent comme des formes spéciales d'espèces connues et ne tardent pas, soit sur d'autre milieux,
(1) I paraît tout à fait ubiquiste. En effet, c’est lui que m'a donné une eau distillée de niaouli préparée en Nouvelle-Calédonie, el qui n'avait pas été débouchée en France; c'était une forme corémiée très fréquente de ce champignon, et tout à fait identique à nos Penicillium européens.