I. — ORIGINE DES CULTURES
La deuxième espèce d’A//ernaria que je me propose d'étudier, est certainement bien distincte de la première. Sans doute la variabilité de leur mycélium durable et les formes différenciées de leurs spores en massif les rapprochent; mais, soumise à des conditions identiques, jamais la seconde ne donne ni forme-levure, ni pycnides, ni par conséquent de stylospores. Il s'ensuit déjà que, semée sur le milieu type, elle s’y comportera tout différemment, au moins au début, puisque les levures et les pycnides sont le premier stade de développement de l’A7 ternaria polymorpha.
Cette espèce a été obtenue en semant la végétation d’une solution d’azotite de potassium (1) provenant d’un laboratoire de l'École supérieure de pharmacie de Paris.
Déjà dans le flacon d’origine, on reconnaît bien les filaments d’un champignon du groupe des Dématiées, les uns incolores, plus ou moins nettement cloisonnés, d’autres ayant à l'extrémité ou sur leur trajet, une ou plusieurs cellules colorées et renflées, d’autres enfin formés d’articles jaunâtres, réguliers ou non, en série continue ou interrompue. C’est là, certainement, le champignon obtenu par la culture.
(1) Cette même solution a d’ailleurs fourni d’autres espèces : le Penicillium glaucum, une levure rose, une levure jaunâtre, une espèce de Bothriotrichum (?) disparu avant détermination, etc. Dans le liquide, la végétation formait des flocons filamenteux, blanchâtres, ochracés par places.
94 LOUIS PLANCHON.