VII. — RÉSUMÉ
L'espèce décrite sous le nom d'A/ternaria polymorpha, est fréquente dans les solutions chimiques (p. 48).
Elle résiste très bien à l’action de la plupart de ces milieux, moins bien cependant aux milieux acides (p. 49).
Elle se présente dans les cultures avec une grande variété d'aspect et de structure (p. 50).
Sur le milieu-type, elle donne d’abord une végétation en levure rose, qui noircit bientôt en prenant l'aspect d’un Fumago,en même temps que se forment des pycnides (p.51).
Sur les mêmes cultures anciennes, on trouve réunis sous des aspects très divers : levures roses, levures cutinisées, pycnides, stylospores incolores et cutinisées, mycélium durable, formes macrosporioïdes et alternarioïdes, À /{ernaria, formes fumagoïdes, avec tous les termes de passage (p. 60, 64). |
Les cultures en cellule peuvent, si elles sont prolongées, donner ces divers types (p. 60).
Les filaments provenant des stylospores ou des levures s’anastomosent très facilement (p. 55).
(4) M. Cornu a d’ailleurs montré depuis longtemps déjà l’homologie qui existe entre les diverses spores, conidies, stylospores et spermaties. (M. Cornu, Reproduction des Ascomycètes : Stylospores et Spermaties (Ann. des Sc. nat., 6° série, t. 3, p. 53).
90 LOUIS PLANCHON.
Les pycnides se forment soit aux dépens de la cellule iniliale semée, soit aux dépens d’une cellule quelconque d'un filament.
Dans les liquides, les pyenides se développentsans l'intervention d’autres filaments que le filament primitif : une cellule se divise un grand nombre de fois et donne un massif cellulaire qui se creuse et émet rapidement des stylospores (p. 55).
Dans la gélatine ou dans les parties aériennes des cultures précédentes, les pycnides se forment de Ia même facon, mais émettent aussi, dès le début, des filaments qui s’anastomosent bientôt avec les filaments voisins et entourent la pyenide d’un réseau toujours très lâche et parfois à peine indiqué (p. 55).
Les formes variées de mycélium durable n’apparaissent dans les cellules que beaucoup plus tard (p. 60).
Des différences se montrent dans le mode de germination et le premier développement quand on cultive en cellule sur des milieux variés (gomme, dextrine, acétate de sodium, etc.) (p. 61).
La végétation en levure ne se fait que sur quelques rares milieux. Mais la vitalité se conserve assez souvent même en l'absence de tout développement (p. 65).
A l’état d'activité, les levures sont très variées de forme et de dimensions (p. 53).
Les pycnides sont un mode très commun de reproduction, quelquefois le seul. Mais elles diffèrent beaucoup dans les divers milieux (p. 66) :
a. Par les dimensions (qui varient dans les proportions de 1 à 10 et plus);
b. Par la forme (arrondie, oblongue ou irrégulière) ;
c. Par la déhiscence (orifice avec ou sans goulot, simple ou double; pycnides indéhiscentes).
d. Par la couleur (blanche, jaune, brunâtre ou noirâtre);
e. Par le nombre (indépendant des caractères précédents);
f. Par la structure (dimensions des cellules de la paroi);
g. Par la netteté du contour (qui parfois s’estompe beaucoup);
h. Par l’origine (cellule initiale ou cellule d’un filament);
à. Par le développement (massif cellulaire simple ou donnant naissance à des filaments):
J- Par le groupement {des pyenides se fusionnant Fa quefois en masses assez mal limitées) ;
k. Par la fertilité (certaines formes de pyenides paraissent rester stériles).
L'appareil mycélien présente aussi des variations nombreuses (p. 70).
La cutinisation peut manquer complètement (phosphate acide de soude) ou devenir totale {dextrine); parfois alternance de parties incolores et cutinisées (p. 70).
Le mucilage abonde dans cette espèce (p. 71).
La sortie de la cellule hors de la cuticule s’observe aussi (p. 71).
La forme des articles mycéliens varie suivant le milieu ou dans le même milieu. Les filaments toruleux sont fréquents (p. 72).
La fragmentation du mycélium, cutinisé ou non, est fréquente aussi : des oïdies (créosote, alun, arséniate de sodium, etc.), et des formes fumagoïdes et enkystées {acides citrique, gallique, etc.), se produisent aussi dans divers milieux (pp. 73, 75, 76, etc.).
Le mycélium durable est spécialement intéressant par les termes de passage qu'il présente : articles enkystés, filaments entièrement cutinisés, renflements isolés ou successifs, spores en massif se dégageant peu à peu, formes macrosporioïdes, enfin A/fernaria caractérisés (p. 78).
Les types les plus nettement différenciés se trouvent dans les végétations émergées (p. 84).
Des termes de passage se voient dans des milieux très divers (acétate de sodium, cocaïne, créosote, bromure de
sodium, etc., etc.) (p. 83).
92 LOUIS PLANCHON.
La plupart des Hyphomycètes à spores en massif doivent passer facilement de l’un à l’autre (p. 86).
On trouve tous les passages :
a. Entre l'article mycélien et la chlamydospore ;
b. Entre l’article mycélien et la conidie ;
c. Entre l’article mycélien et la spore en massif ;
d. Entre la spore en massif isolée (Macrosporium) et la file d’A/{ernaria ;
e. Entre la spore en massif et les pycnides.
Les milieux sont plutôt caractérisés en général par la prédominance d’une forme que par une forme tout à fait exclusive (p. 86).
Les pycnides peuvent être considérées, comme les homologues du mycélium durable et des spores en massif : la situation identique, le mode de développement, la modification de la membrane cellulaire, les formes de passages nombreuses, etc., le montrent très nettement (p.87).
On peut passer par transition insensible, et en considérant des milieux divers, de la cellule mycélienne la plus simple à la pycnide la plus compliquée (p. 89).
ALTERNARIA VARIANS