IV. — ASPECT GÉNÉRAL DES CULTURES
Sur les milieux solides favorables, le champignon s’étend sous forme de masses épaisses, noires ou verdâtres, divisées ou confluentes, à bords très nets, saillants.
Dans les divers milieux liquides l'aspect varie beaucoup plus. Chez ceux où la végétation est puissante, le champignon vient former à la surface une membrane épaisse, verdâtre ou noirâtre (gomme, bouillon, gaïacol, mannite, etc.). Assez souvent le liquide contient des flocons
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brunâtres (mélisse, bromure de sodium) ou gris noirâtre (glycérophosphates, eau pure et eaux distillées diverses, sulfate de magnésium, etc.), ou gris (chlorure de sodium), quelquefois même à peu près incolores (ferrocyanure de potassium).
D'après la plupart des auteurs, le C/adosporium herbarum n’est pas du tout anaérobie, tandis que le Dematium en serait la forme aquatique. Il est vrai que lorsqu'il pousse abondamment, ce champignon forme d'ordinaire une épaisse membrane superficielle et pénètre peu dans le liquide sous-jacent. Mais les exceptions sont nombreuses : il est fréquent de voir sur le tube de culture de petits groupes étoilés à centre brun verdâtre, à filaments rayonnants plus clairs, gris ou blancs et qui sont appliqués contre la paroi du verre au-dessous du niveau du liquide. Ils adhèrent d’ailleurs faiblement (eau glycérinée, glucose, acétate, phosphate acide, iodure, arséniate de sodium, etc.). Lorsque le tube n’est pas agité, ils doivent vivre là à peu près sans air. Souvent aussi des membranes superficielles finissent par tomber au fond si on agite le tube, ou même spontanément, et y végètent parfaitement sans rien perdre de leur vitalité. On à vu que des flocons ou des dépôts sont très fréquents : le liquide de Raulin, par exemple, contient une végétation dissociée en dépôt au fond du tube. Laurent, qui considère le Dematium pullulans comme une forme affaiblie et dégénérée du Cladosporium, pense que, sous l'influence de la lumière ou pour toute autre raison, le C/adosporium acquiert la possibilité de vivre en anaérobie et même de germer dans le vide, et conclut que les types de dégénérescence du champignon sont mieux doués que le type originel. On verra plus loin que ces différences s’expliquent bien mieux encore en admettant la distinction spécifique des deux champignons. En tout cas, la présence dans les cultures des végétations pariétales immergées, des flocons de couleur diverse dont il a été question plus haut, et du dépôt qui se forme dans le liquide de Raulin, indiquent
satire
nettement que cette espèce peut vivre à l'abri du contact direct de l'air (1). Je rappelle ici que les semis de contrôle ont permis d'affirmer pour tous ces milieux, qu'ils contenaient seulement l'espèce étudiée.