‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 56 sur 81 · CLADOSPORIUM ET HORMODENDRON · texte numérisé non relu

CLADOSPORIUM ET HORMODENDRON

IL n’est pas douteux que ces deux espèces n'en doivent former qu'une. L’Hormodendron cladosporioides Sacc. à été décrit par Frésénius (1) sous le nom de Pericillium cladosporioides et étudié par Læw (2), qui le considéra comme une espèce et y rapporta les P. olivaceur Corda, nigrovirens Fré-

(1) Frésénius, Beiträge zur Myhologie, p. 24. (2) Lœw, Zur Entwickelungsgeschichte von Penicillium (Jahrbücher fur Wisseusch. Botanik, 1870).

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sén., viride Frésén., chlorinum Frésén. Par la forme des spores, la croissance centrifuge des chapelets, etc., cette

plante s'écarte des Penicillium et il faut la désigner sous le nom donné par Saccardo, tout en n’en faisant qu’un simple aspect plus conidifère du C/adosporium.

C'est Laurent (1) qui, dans son intéressante étude du polymorphisme du Cladosporium, a indiqué le premier cette identité. Il a trouvé toutes les formes de transition, eta altribué la différence à une question de nutrition, l'Hormodendron ne se montrant que sur des milieux riches. Inversement, il a obtenu le C/adosporium par des cultures appropriées en partant de l’Æormodendron, résultat acquis également par Massart. Les diverses variétés de cette dernière plante correspondent, pour lui, aux races du C/adosporium herbarum, races qu’il indique comme paraissant se maintenir et différant surtout par les dimensions des diverses parties.

Les conditions spéciales où je me suis placé ne me permettent pas de discuter ici cette question des races, car toutes mes cultures ont eu un point de départ unique; mais l’action du milieu s’est fait sentir très profondément et la morphologie à varié dans des limites plus grandes que celles indiquées, assez vaguement d'ailleurs, par les auteurs (race géante, race naine, etc., etc.) ; en sorte que l’existence de races fixes me paraît assez douteuse. En tout cas, Jai observé aussi tous les passages du C/adosporium à l’'Hormodendron.

Pour caractériser ces deux formes, on admet que l’axe principal du C/adospcrium s'allonge beaucoup après la production de conidies peu nombreuses, portées latéralement par élages successifs, en groupes ramifiés. Dans l'Æormodendron, au contraire, l'axe principal reste très court; les branches conidifères latérales se ramifient davantage et portent des chapelets de spores beaucoup plus nombreux et

(4) Laurent, Recherches sur le polymorphisme du Cladosporium herbarum (Ann, de l’Inst. Pasteur, t. IT, p. 558).

plus fournis : c’est donc une question de plus ou de moins. Les auteurs admettent encore une race naine dont les conidies, au lieu de rester de 1°, de 2°, ou au plus de 3° ordre, comme chez le type, arrivent au 5° ordre, sont done beaucoup plus nombreuses et passent ainsi à l’Hormodendron dont les ramifications, plus nombreuses encore, portent des conidies de 10° ordre quelquefois {de Janczewski) (1). Le mycélium est identique dans les deux, et les conidies ne diffèrent pas non plus; en tout cas, les différences ne sont pas plus grandes qu'entre deux races de Cladosporium. On vient de voir combien sur la même plante, sur le même chapelet, la forme et les dimensions sont variables.

En général, l’AJormodendron est décrit comme ayant un axe très court et des chapelets de spores très grands. Mais ceci non plus n'a rien d’absolu, et j'ai trouvé des ramifications franchement hormodendroïdes portées sur des filaments de longueur normale.

Tous les auteurs, en étudiant cette espèce, se sont rapprochés autant que faire s’est pu des conditions de la nature et ont cultivé la plante en saprophyte ou en parasite. Au contraire, dans les cultures dont il est ici question, l'espèce végétant en surface et en profondeur dans des liquides variés a fourni non seulement les types extrêmes, mais quantité de formes intermédiaires, et dans bien des cas il serait tout à fait impossible de décider de quel type, Cladosporium ou Hormodendron, elle se rapproche surtout.

Mais il y a plus :

Berlese a fait sur ce point des observations très intéressantes : il conclut que la véritable espèce type est l’Hormodendron cladosporioides, conclusions que j'accepte d'autant plus volontiers que j'y étais arrivé de mon côlé avant d'avoir lu l'important mémoire de ce savant. Berlese est frappé des faits suivants :

(4) De Janczewski, Recherches sur le Cladosporium herbarum el ses compugnons habituels sur les céréales (Acad. des Sc. de Cracovie, 1894).

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Les conidies de l’Æormodendron et celles du Clidosporium sont identiques.

Les conidies se détachent avec la plus grande facilité.

Les hyphes sont identiques aussi dans les deux espèces.

Les conidies détachées dans les préparations du C/adosporium sont extrêmement variées de forme.

A tous ces faits très nets, il faut ajouter que j'ai rencontré dans les préparations tous les termes de passage entre les deux types.

L'Hormodendron cladosporioides n’est donc probablement pas une forme spéciale développée en milieu riche, ainsi qu'on le dit d'ordinaire depuis les expériences et observations de Laurent, et dans laquelle la partie végétative est restée courte, tandis que les chapelets de spores devenaient très abondants : c'est, comme le pense Berlese, le type nor-

‘mal du champignon. Grâce au vent, aux légers contacts, ou au cours de la préparation, les chapelets conidiens se détachent : ce sont naturellement les conidies les plus mères, c'est-à-dire celles de la base, qui se séparent les premières ; le liquide contient donc des spores de toutes les grandeurs, et dont beaucoup refusent de germer parce qu'elles sont trop jeunes. Dans la nature, les filaments mycéliens apparaissent à peu près dépouillés de leurs chapelets, et l’aspect considéré comme normal chez le C/adosporium apparaît.

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