‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 64 sur 81 · IV. — ASPECT GÉNÉRAL DES CULTURES · texte numérisé non relu

IV. — ASPECT GÉNÉRAL DES CULTURES

Le Dematium pullulans se présente dans les tubes de culture avec des aspects assez divers. La coloration varie du blanc au noir. Il est très fréquent que la simple multiplication des formes-levures semées produise seulement un dépôt dissocié blanchâtre (acétate de sodium) : ou bien la végétation incolore devient membraneuse {bromure de potassium) ou floconneuse (cocaïne), se mêle de points noirs (arséniate de sodium) ou de petits flocons noirâtres {acide citrique). Il se peut que la végétation colorée se montre seule, soit sous forme d'un dépôt plus ou moins abondant (acides gallique, glycérophosphorique, etc.), soit sous forme de petits points noirs immergés {acide tartrique) ou émergés (acide sulfurique, sucrate de chaux). Mais de tout cela les exemples sont rares, et la forme ordinaire, vigoureuse, sous laquelle se présente l’espèce, est celle de points noirs sur la paroi du tube avec flocons bruns ou gris dans le liquide (lactophosphate de calcium, eau distillée, etc.), ou plus souvent encore d’une membrane noire ou verdâtre, épaisse, végétant à la surface (gomme, glycérophosphates, moût, liquide de Raulin, dextrine, glucose, eau glycérinée, ete., ete.), et coexistant souvent avec des flocons ou un dépôt d'abondance variable. Cette végétation superficielle est fréquemment assez épaisse et assez adhérente pour qu'on puisse renverser le tube de culture sans faire couler le liquide (mannite).

Il est rare que la couleur des solutions soit modifiée.

Berlese a étudié le développement de cette espèce sur le moût de raisin et a vu se former à la surface, par enkvystement des cellules, la membrane noirâtre normale dans ces conditions.

D'après ses observations, la végétation est d'abord comme cotonneuse, s'étale à la surface en filaments souvent entorlillés et immergés, mais jamais jusqu’au fond : après quoi la surface brunit, forme lentement une croûte résistante et noire par enkystement hors du liquide à mesure que celui-ci s'évapore. Entre les filaments est une gelée qui permet le renversement du tube.

Des coupes dans cette membrane lui ont montré trois zones principales, qui diffèrent par l’abondance variable du mycélium blanc, de la gelée intercellulaire, la désarticulation plus ou moins grande des filaments, etc. Audessous on ne trouve plus que du mycélium incolore en flocons. Le brunissement est dû à la privation d'aliments et à l'émersion. La gelée se produit sur les filaments qui n'épaississent pas leur paroi. Elle est aussi en rapport avec la pénurie de matières nutritives, et indique le passage du mycélium à l’état de repos.

Le développement indiqué par Berlese est en effet celui que lon observe sur les liquides nutritifs, comme le moût, les liquides sucrés, le bouillon, le liquide de Raulin, etc. Mais on vient de voir que ces caractères peuvent varier beaucoup, même comme aspect extérieur.

Il est très exact que la cutinisation est plus abondante et plus forte à la surface : elle est aussi en rapport avec la diminution de la nutrition. Mais il n’y a là rien d’absolu, et les liquides contiennent souvent des filaments immergés plus ou moins colorés et des dépôts de cellules cutinisées (en dehors, bien entendu, des membranes développées à la surface et tombées ensuite au fond).

Page 1