‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 65 sur 81 · V. — GERMINATION ET DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

V. — GERMINATION ET DÉVELOPPEMENT

Cutinisés ou non, enkystés ou minces, colorés ou incolores, CHlamydesvores ou conidies, + divers éléments sont susceptibles de germer. Berlèse, qui à pu, lui aussi, le constater, a est minutieusement quelques-unes de

phases du développement et en a conclu, en comparant ses germinations à celles de Læœw et de De Bary, qu'il avail vu une forme différente, répondant à une espèce distincte. Ses observations ont porté sur les éléments eutinisés et sur les formes-levures (gemmations), qui sont en somme des conidies. Il montre que si les éléments sont peu ou pas cutinisés la germination se fait par amincissement et décoloration de la membrane et formation directe des filaments : la paroi reste simple. Si, au contraire, l’élément est fortement cutinisé, la cuticule extérieure éclate par le gonflement du protoplasma {et j'ajoute du mucilage sous-jacent), et la cellule apparaît avec sa paroi interne mince et incolore, émettant aussitôt des tubes de germination qui bourgeonnentrapidement. Et cela semble mettre d'accord de Bary, disant que la membrane cellulaire a deux couches, et Lœw, admettant qu'elle n’en a qu'une seule.

Fig. 46. — Germination sur eau de pomme de terre : 1, après trois heures ; — 2, six heures ; — 3, neuf heures ; — 4, douze heures ; — 5, deux jours. a. — Germination sur eau de pomme de terre. — La

germination de ces formes-levures ou de ces conidies peut s’observer facilement dans les cultures en cellule sur eau de pomme de terre.

176 LOUIS PLANCHON.

La conidie se gonfle, devient granuleuse, puis aux deux pôles ou à un seul et souvent latéralement se montre un petit bourgeon qui grandit rapidement (fig. 46).

La cellule s'est quelquefois cloisonnée : si le bourgeon ne se sépare pas, le point de contact avec la cellule mère s'élargit; une deuxième cellule se forme à la suite, et bientôt se constitue un petit filament à éléments assez épaissis, et qui, dès le premier jour, commence à bourgeonner latéralement, en donnant des conidies qui se détachent au fur et à mesure de leur formation. Si bien que, dès le deuxième jour, autour du filament ramifié se trouvent des groupes considérables de ces conidies. On conçoit avec quelle rapidité une pareille production épuise un milieu de culture. Berlese dit qu'une génération ne se produit que lorsque l'autre est tombée. Je n'ai pas observé ce fait nettement.

Si au lieu d’une forme-levure c’est une cellule de fumago qui à été semée, les phénomènes sont fort analogues. Les groupes bi- ou tricellulaires germent parfois comme une seule cellule, et donnent un seul tube. Les éléments qui doivent se séparer poussent séparément. La cellule cutinisée se gonfle beaucoup : la couleur brun noir ou brunchocolat pâlit, devient verdâtre, quelquefois même disparaîit presque. Puis, sur un point, généralement à une extrémité, la membrane s’amincit et il apparaît un petit bourgeon, qui dès lors se comporte comme celui de la forme-levure : ilestseulement plus gros; le filament qu’il produit est d’abord peu rameux, assez irrégulier quelquefois, rarement droit, mais d'ordinaire se contourne plus ou moins. La formation de conidies est la même que plus haut. Ces conidies sont surtout fournies ici par les premiers articles et les groupes en sont réunis autour du centre de germination. Elles se forment parfois dès que le tube apparaît, et restent très peu de temps attachées aux filaments producteurs.

Aussitôt détachées, ces conidies germent en levure.

En réalité, c’est cette végétation en levure qui est la règle dansles cultures sur pomme de terre.

Au début, et si la substance n'est pas trop acide, aucun filament ne se constitue et chaque bourgeon formé se détache pour en produire à son tour un ou plusieurs autres ; mais, en somme, si l’on examine de près ce phénomène, on y voit seulement un cas particulier de l'accroissement en fila-

ments. La forme-levure semée porte d'ordinaire plusieurs bourgeons très diversement placés (fig. 47).

Ce sont, en somme, des Dematium pullulans dont les articles se séparent au lieu de former une série, des Dematium à filaments unicellulaires, si l’on peut s'exprimer ainsi. La forme, les dimensions, la vie ultérieure des conidies est identique dans les deux cas. Si les bourgeons formés se réduisent à un, ou plus rarement à deux, c’est la végétation ordinaire des levures.

Les conidies sont portées sur les parties latérales des cellules mycéliennes, de préférence vers le sommet, près de l’attache de l’article suivant, mais sans règle absolue. Sur la dernière cellule, si la spore est unique, la conidie est parfois terminale; s'il y en a deux, elles sont placées le plus souvent de chaque côté du sommet, et très près de lui.

Sur les rameaux, la forme est fréquemment un peu atténuée à l'insertion et la largeur un peu plus grande à l'extrémité distale.

Une fois détachées, les levures sont ordinairement ovales ou plutôt subeylindriques à extrémités arrondies (PI. IV, Ag. tret1D}

Les conidies formes-levures se séparent avec une si grande rapidité qu’on les voit rarement en place, même

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