ANN. SC. NAT. BOT. X
194 LOUIS PLANCHON.
entoure simplement la cellule avec plus ou moins d’abondance et d'épaisseur. Si la cutinisation est très forte, la cuticule résiste, puis se fend ou se brise sous l'effort du mucilage sous-jacent et du protoplasma central. La membrane alors a trois zones, cuticulaire, mucilagineuse, normale, ainsi qu’on l’a vu dans les généralités.
c. — Mycélium stérile. — Cutinisé ou non, le mycélium peut être stérile, c'est-à-dire ne porter ni forme-levure, ni conidie d'aucune sorte (au moins après son développement complet, car les formes-levures ont pu se montrer au début, puis disparaître). Mais, comme on va le voir, certaines formes enkystées, fumagoïdes, se rapprochent beaucoup des chlamydospores, et en tout cas, il semble difficile d'appeler stérile un mycélium qui se fragmente en sphères ou en éléments susceptibles de germer et de se développer. Au total, les conidies ne sont pas autre chose qu’une fragmentation mycélienne différenciée, et l’on trouve tant de passages entre une forme nettement conidienne et un mycélium fragmenté, que l’on ne peut vraiment pas indiquer de limite. Les articles mycéliens germant dans le liquide sont un mode de reproduction véritable, et, par conséquent, les formes réellement stériles de ce champignon deviennent assez rares, même dans les filaments immergés. Il en existe cependant quelques types. D'autre part, les formes conidiennes nettes sont rares aussi, 1l faut bien le dire, ainsi que la reproduction en levure, sur les végétations anciennes, en sorte que l'intérêt se concentre beaucoup sur les formes enkystées.