MYCÉLIUM
Les cellules incolores du mycélium, lorsqu'elles existent, peuvent être, on l'a vu, très lâchement unies entre elles, et former des filaments rameux de dimensions variées, mais sans caractère spécial. Elles restent souvent comme moyen d'union entre des cellules cutinisées.
a.— Cutinisation. — Elle donne des formes spéciales plus intéressantes. Normalement, le mycélium cutinisé est formé d'articles cylindriques ou courts, à parois assez épaisses, d’un brun uniforme plus ou moins foncé. Il n'est pas rare de voir ce mycélium, lorsque les filaments en sont raides et cylindriques, à articulations nettes, prendre une certaine ressemblance avec celui du Cladosporium, être en un mot clasdosporioïde. Mais ce n’est là qu'une ressemblance d'organes végétatifs, qui d’ailleurs n’arrive pas à l'identité, et jamais je n'ai trouvé sur des filaments de Demalium aucune spore de Cladosporium, pas plus que les cultures pures de C/ladosporiun n'avaient donné de conidies de Dematium.
Quelquefois les filaments mycéliens prennent une forme géniculée (eau distillée, etc.) ou tortueuse, sans intérêt spécial.
Très souvent, au contraire, les cellules se renflent et s'arrondissent en tonnelet ou en sphère, formant un filament loruleux si toutes les cellules prennent part à cette
modification, un chapelet irrégulier si des parties normales séparent les articles renflés (acide tartrique, ete.).
Le ferrocyanure de potassium, l’acétate de sodium, les chlorures de baryum et d'ammonium n’ont donné qu'un mycélium incolore.
Dans quelques autres milieux, au contraire, la cutinisation a été totale ou à peu près [acide tartrique (PI. IV, fig. 10), ac. sulfurique, lactophosphate de calcium, sulfate de magnésium, ete... Mais presque partout le mycélium coloré très abondant est accompagné de parties non cutinisées.
b.— Mucilage.— La présence du mucilage estici très intéressante : auréole transparente autour des éléments; légers grumeaux très fins donnant l'aspect hispide aux cellules ; partie sous-cuticulaire de la membrane, gélifiée, gonflée et amenant l'éclatement de la cuticule et souvent le dépouillement du filament tout entier ; tout cela a déjà été vu pour les trois premières Dématiées, mais prend ici une fréquence et une intensité plus grandes. Enfin, phénomène déjà vu aussi dans la plupart des espèces étudiées, mais surtout dans l'A //ernaria varians, l'enveloppe extérieure, fendue ou brisée, laisse échapper au dehors une sphère formée par la cellule elle-même, entourée de la partie interne de la membrane et d’une atmosphère gélatineuse qui n’est autre que la membrane moyenne gélifiée.
La gélification est poussée à l'extrême dans certains milieux, comme le biphosphate de calcium par exemple. Lei, la végétation est stérile et les filaments, après s'être développés, dégénèrent. Les files de cellules reposent sur une sorte de membrane gélatineuse et semblent, comme cette membrane elle-même, percillées de petits trous très fins, dus à la rétraction du mucilage. Cet aspect se rencontre assez souvent chez les champignons dans les milieux défavorables.
Dans le cas particulier, le mycélium était mort.
En somme, la gélification est normale. Elle se fait aux dépens de la membrane. Si celle-ci est restée mince, incolore, ou peu cutinisée, le mucilage est extérieur et