FORMES FUMAGOÏDES
L'espèce ici décrite a une remarquable tendance à la production de fumago (1). Non seulement les liquides qui donnent souvent ce mode de végétation ont leur action ordinaire, mais la plupart des acides et beaucoup de milieux chimiques offrent des formes ramassées et divisées, mêlées souvent à des types différents. Du reste, ici le mot de végétation en fumago n’a rien de bien nettement défini; il signifie seulement végétation en groupes cellulaires courts et isolés, parfois en cellules séparées, ordinairement très cutinisées. En effet, avec cette espèce, les divers milieux ci-dessus désignés offrent des végétations qui, encore qu’elles répondent à la définition vague qui vient d’être donnée, ne sont pas du tout identiques, ainsi qu'il sera facile de le voir, et ne sont pas susceptibles d’une description d'ensemble.
L'origine des cellules fumagoïdes est très diverse : cellules de Dematium (articles terminaux, latéraux ou intercalaires) cutinisées et séparées ; /ormes-levures développées, septées ou non et cutinisées, etc. Laurent y ajoute les conidies du Cladosporium typique et de l’Hormodendron cladosporioides, qui ont en effet un aspect fumagoïde aussi, mais appartiennent à une autre espèce.
Ces formes peuvent donner de véritables kystes à paroi épaissies.
(1) L'existence des formes-levures dans le cycle évolutif des fumago a déjà été indiquée par Zopf, Laurent et d’autres observateurs, qui ont décrit
les formes-levures comme uu stade ou un aspect particulier des Demalium.
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Dans le C/adosporium, 1 n’y a pas de formes-levures; on ne voit pas les spores se gonfler et se diviser en plusieurs plans après leur séparation, mais seulement des articles mycéliens se renfler çà et là, isolément ou en séries, et passer plutôt à la chlamydospore qu’au fumago véritable. Celui-ci se produit pourtant quelquefois, mais seulement par transformation de filaments mycéliens, qui restent courts, stériles, à cellules renflées, arrondies, fortement cutinisées (liquide de Raulin, voy. p. 140).
La formation des fumago de Demalium s'est montrée fréquente et abondante sur les milieux acides {acides gallique, tartrique, glycérophosphorique, etc., etc.). Mais on la rencontre aussi sur d’autres (glycérophosphate disodique, dextrine, etc.), en sorte que l’on ne peut donner de conclusion générale.
La cutinisation des formes fumagoiïdes atteint ici un degré très considérable {le plus haut que j'aie constaté chez les Dématiées). Il existe tous les passages, cela est certain, mais le degré maximum des autres espèces est souvent dépassé. Dans une forme fréquente de végétation fumagoïde où les éléments sont très volumineux et sphériques, la paroi cellulaire devient à peu près noire. Ces gros éléments noirs qui vont être décrits se rencontrent souvent dans les solutions acides (citrique, glycérophosphorique, tartrique), et aussi dans quelques autres milieux (eau glycérinée, lactophosphate de calcium, gomme, etc.). La surface des cellules cutinisées est quelquefois recouverte de mucilage; parfois aussi (liquide de Raulin, etc.) elle est entourée de fins débris amorphes colorés, provenant de la cuticule brisée ou fendillée par la pression intérieure du mucilage et du protoplasma.
La combinaison des divers modes de cutinisation, d'enkystement et de gélificalion, suffit à expliquer la grande variété d'aspect de cette espèce. La même préparation, du type
général fumagoïde, peut offrir les formes végétatives les plus diverses.
On ne peut évidemment passer en revue tous les milieux expérimentés, mais il faut choisir quelques exemples plus précis de ces divers ordres de végélations fumagoïdes d'origine mycélienne. (On à vu plus haut la formation des hypnospores par cutinisation de formes-levures.)
a. — Liquide de Raulin. — La forme fumagoïde du liquide de Raulin est spéciale (PI. IV, fig. 5). A côté de formeslevures bien conservées et granuleuses, se trouvent des masses noires formées de cellules ordinairement isolées, ovoïdes, plus rarement réunies en courts filaments irréguliers, et dont la paroi fortement cutinisée tend à se dissocier, en sorte que ces cellules paraissent couvertes de fins débris noirâtres. La membrane est épaissie en même temps et semble laisser sortir quelquefois son contenu (moins nettement qu'ailleurs). En somme, végétation très abondante, mais forte tendance aux fumago. L'épaississement assez grand de la paroi dans certaines cellules de cette préparation les rapproche des fumago de l'acide gallique ; mais la forte cutinisation les sépare.
b. — Arséniate de sodium.— Ordinairement peu propre au développement des champignons, il a donné ici un dépôt abondant avec de petits points noirs. Au microscope, on trouve, à côté de nombreuses cellules incolores (levures plus ou moins enkystées), une végétation du type fumagoïde. Ce sont des filaments formés de gros éléments arrondis fort peu cohérents, plus ou moins foncés, enkystés, à paroi souvent épaisse (Voy. fig. 54, p. 191).
ce. — Acide citrique.— Le fumago est très net dans l'acide citrique. Presque pas de filaments : la plupart des cellules sont isolées ou en groupes plus ou moins arrondis, formés de gros éléments sphériques très foncés, à peu près noirs. D'autres sont en groupes plus petits, pauei cellulaires, ordinairement à 3 cellules, à éléments de moindres dimensions et moins colorés. Enfin, la plupart des cellules sont isolées ou très fréquemment segmentées en deux par une cloison transversale : cutinisation inégale, mais
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souvent très forte. Les filaments sont peu nombreux el courts, quelquefois un peu plus développés, mais à éléments rarement bien colorés. Enfin, on voit dans ce milieu des cellules sortant de leur cuticule. Quelques-unes (rares) ont un commencement de germination (PI. IV, fig. 8).
d.—Acide tartrique. — Dans l'acide tartrique, les fumago forment de petits groupes centraux à grosses cellules arrondies, én paquets, d'où divergent des filaments assez réguliers avec quelques hétérocystes bruns de loin en loin, assez souvent divisés en quatre par deux cloisons perpendieculaires. En somme, type à la fois filamenteux et fumagoïde. Il contient aussi des levures cutinisées (PL. IV, fig. 10).
e.— Eau glycérinée.— Dansl'eauglycérinée, la variété des formes est encore assez grande : il existe des filaments bruns avec cellules intercalaires, plus foncées ou au contraire incolores et fines. Mais il existe surtout de très gros éléments arrondis, dont la cuticule foncée se rompt pour laisser sortir le contenu sphérique entouré par lamembrane interne à double contour et renfermant d'ordinaire un gros globule huileux.Ces cellules fumagoïdes sont en paquets plus ou moins gros, petits groupes, courtes chaînes, ou enfin en éléments isolés. Dans le liquide nagent souvent des sphères blanches, tantôt granuleuses, tantôt contenant une grosse masse réfringente centrale (huileuse), qui peut même les remplir complètement. Aucune forme-levure intacte, mais quelques-unes cutinisées brunes. Des granulations protoplasmiques abondantes se trouvent aussi dans le liquide, par destruction, sans doute, des grosses sphères envahies par l'huile (PI. IV, fig. 4).
L’acide glycérophosphorique, le lactophosphate de calcium et bien d’autres milieux montrent aussi ce phénomène curieux de la sortie des éléments hors de leur cuticule.
/.—Garotte.—La culturesurfragmentsdecarotteoffrebien des points de ressemblance avec la végétation sur pomme de terre. Pourtant, il faut noter ici une tendance des cellules
à se segmenter suivant plusieurs plans, et à donner ainsi des formes fumagoïdes; mais très souvent ces cellules ainsi divisées restent unies en files et l’on a des sortes de filaments fumagoïdes, bien que ces deux mots semblent peu compatibles (PL. IV, fig. 3). Cette disposition peut se montrer avant ou pendant la cutinisation. On trouve d’ailleurs tous les intermédiaires entre ces filaments, le petit groupe fumagoïde et les cellules isolées, blanches et brunes, qui abondent dans la préparation.
g. — Glycérophosphate monosodique. — On à vu que dans ce milieu les filaments donnaient des conidies latérales qui se cutinisent et se détachent. Les cellules mycéliennes ont de plus tendance à la division suivant deux plans : si elles se séparent alors des autres par groupes, on a de vrais /umago. Ces caractères se rencontrent tout spécialement sur le bois imprégné de glycérophosphate monosodique. Dans le liquide, les gros chapelets de cellules arrondies, dont beaucoup laissent sortir leur sphère centrale, sont mêlés aux filaments bruns et blancs et aux nombreux petits éléments fumagoïdes. Les filaments conidifères sont toujours de faible diamètre (PI. IV, fig. 11).
hk.—Glycérophosphate disodique.—Dansleglycérophosphate disodique, les phénomènes sont très sensiblement différents, chose rare, car ces deux milieux ont ordinairement une influence très analogue. Ici, presque pas de mycélium, même toruleux, mais seulement des amas de cellules fumagoïdes variant d’ailleurs de dimen- M& % — AR deu ee pie sions et de cutinisation, divisées souvent selon plusieurs plans. Assez grand nombre de levures incolores de dimensions normales où augmentées et germant (fig. 58).
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En somme, ici la proportion plus grande de soude semble avoir empèché le développement en longueur des filaments et augmenté la tendance à la formation de fumago par des cellules isolées ou en petits groupes arrondis. Dans les deux milieux, la cutinisation est très forte, la cuticule se rompt facilement sous la pression intérieure, et la sortie de la cellule hors de son enveloppe est fréquente. En même temps, des gouttelettes d'huile de toutes dimensions se montrent dans la préparation : elles sortent des cellules où on les voit très nettement.
i. - Lactophosphate de calcium.— Au début, filaments en voie de cutinisation et dont les régions incolores portent des formes-levures de Demalium parfois abondantes.
Plus tard, dans les cultures âgées, on trouve des filiments volumineux et irréguliers formés de grosses cellules, arrondies, foncées, presque noires, laissant sortir la sphère centrale très souvent, et portant à la surface de petits débris brunâtres (PI. IV, fig. 17). Dans le liquide flottent aussi des filaments normaux à articles allongés, alternativement colorés et incolores.
j.—Dextrine.—La culture sur dextrineest caractériséesurtout par deux faits : 1°gélification abondante, avec formation d’une large membrane mucilagineuse et fendillement de la plupart des cellules cutinisées ; 2° tendance prononcée à la végétation en cellules séparées, fortement colorées.
Mais ce milieu peut offrir d'assez grandes différences. En solution faible {5 p. 100), les filaments sont plus nombreux, plus nets, et se renflent de loin en loin en cellules sphériques, vrai chapelet à grains inégaux et diversement cutinisés. Sur d’autres points, des cellules fumagoïdes sont répandues sur une membrane mucilagineuse amorphe. Plus tard, les filaments intercellulaires disparaissent et la végétalion se rapproche de celle que l’on obtient plus vite avec les solutions concentrées. Les cellules isolées, comme piquées sur du mucilage, existent seules dans les solutions plus épaisses (à 20 p. 100 par exemple) : mais ces cellules isolées,
au lieu de rester petites, sont alors très inégales et deviennent souvent démesurées (45 y. de diamètre), les filaments restant fort rares. Ces énormes kystes fendent leur cuticule et laissent sortir une grosse sphère granuleuse, un peu cutinisée elle-même et légèrement jaunâtre. L'enveloppe vide et flasque reste dans le liquide comme une sorte de ballon dégonflé (PI. IV, fig. 15). Elle répond, semble-t-il, à certains corps fréquemment trouvés dans les solutions, eaux disüllées, etc., envahies par des champignons. On peut, dans ce milieu, suivre pas à pas la transformation des levures en grosses cellules blanches, puis colorées, enkystées, enfin émettant leur contenu.
La plupart des cellules colorées proviennent ainsi directement de formes-levures modifiées.
Si l’on imprègne de dextrine des corps divers, on observe une tendance à la végétation ci-dessus décrite, mais avec mycélium moniliforme (bois), ou nombreux filaments blanes fins produisant des conidies de Demalium pullulans qui végètent en levure (éponge), ou enfin avec une cutinisation beaucoup plus faible ‘pomme de terre).
La culture dans la dextrine donne d’abord une sorte de dépôt blanchâtre par multiplication des levures semées; bientôt ce dépôt devient floconneux, grisâtre, et une zone de plus en plus foncée s'étale à la surface du liquide. Cette végétation s’épaissit beaucoup et peut devenir très vigoureuse.
Le liquide est trouble (levures) et prend une coloration rougeûtre. Il reste limpide et de teinte claire avec le C/adosporium. Du reste, ce milieu est beaucoup plus favorable au Dematium qu'au Cladosporium ; la végétation du premier est plus abondante et plus rapide. La même observation s'applique à la mannite, au glycérophosphate monosodique, à la gomme, au glucose, etc.
4.—Gomme.—Les cultures ontété faites dans des solutions à 3 degrés de concentration et présentent des différences à côté de caractères communs. Ainsi la disposition en fila-
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ments est d'autant plus rare que la concentration est plus grande et la gélification est, au contraire, en raison de la viscosité.
a. — La solution claire contient de nombreux filaments cutinisés bruns ou jaunâtres avec intercalation de cellules arrondies plus foncées. Une membrane flottant dans Île liquide est formée par un mycélium à innombrables conidies brunes. Mais déjà la préparation contient nombre de ces éléments isolés, si abondants dans les solutions épaisses.
B.— Dans la gomme de viscosité moyenne: filaments plus rares ; un peu de mycélium blanc avec quelques conidies qui n'ont jamais l’abondance du type Demalium pullulans. Cellules colorées, isolées ou en petits groupes ou en courtes files de trois ou quatre, rappelant certaines formes de mvycélium durable.
y. — Enfin, sur la gomme très épaisse, la végétation devient à peu près identique à celle de la dextrine à 20 p. 100, ce qui montre que la viscosité, l'état physique, est pour beaucoup dans la disposition fragmentée.
Ici encore les cellules sont isolées, étendues d'ordinaire sur une lame de mucilage. Certaines d’entre elles grossissent d’une façon démesurée, sortant (comme d’ailleurs beaucoup de cellules moins volumineuses) de leur cuticule déchirée, et les coques cuticulaires vidées se rencontrent souvent dans le liquide.
Dans les cultures très anciennes sur gomme, on trouve la plupart des formes de cutinisation, et en particulier les gros kystes arrondis et noirs isolés ou groupés que présente cette espèce dans d'assez nombreux milieux. C’est le résultat de la cutinisation extrême des cellules volumineuses ci-dessus mentionnées.
Le champignon cultivé sur gomme ne tarde pas à former à la surface du liquide un disque noir dont l'épaisseur est en rapport avec la concentration de la solution.
Au-dessous de la végétation superficielle, une sorte de nuage rougeâtre flotte dans la masse visqueuse épaisse ou
demi-épaisse. Malgré son aspect membraniforme, il est constitué uniquement par du mucilage. (Ce flocon ne se forme pas dans les cultures parallèles du Cladosporium.) Plus tard, surtout si l’on agite le tube, la végétation superficielle du liquide plonge au fond sous forme d'un disque et entraîne avec elle ce dépôt floconneux. Le liquide supérieur redevient alors limpide. ,
[.—Glucose.— Dans cette solution, comme dans la gomme d'épaisseur moyenne, on trouve à la fois une grande abondance de cellules isolées et gélifiées et des filaments nombreux, très cutinisés aussi ou incolores, les uns moniliformes, les autres cylindriques avec cellules arrondies intercalaires.
m.— Mannite.— Sur la mannite, le développement se fait sous forme de filaments toruleux à cellules bien arrondies ou ovoïdes, de coloration un peu variée, ordinairement brun jaune, mais avec quelques cellules brun foncé. Assez souvent, il y a division suivant deux plans. Très nombreuses cellules ovoïdes provenant, soit du développement des levures, soit de la fragmentation des filaments.
Dans les solutions à 5 p.100, les filaments sont plus régulièrement moniliformes, et les cellules plus égales que dans celle à 1 p. 100. De plus, l’éclatement de la cuticule est plus marqué, mais il n’y à pas réellement de sortie du contenu. Dans la solution à 10 p. 100, il y a de nombreuses intercalations de mycélium blanc et formation de vraies chlamydospores (fig. 59). Des filaments tout à fait moniliformes terminent d'ordinaire des parties plus cylindriques.
Mais le plus intéressant est la végétation sur bois im-
Fig. 59. — Culture dans la solution de mannite à 10 p. 100. — Chlamydospores.
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prégné de mannite. Ici, sauf quelques points filamenteux, le végétal est uniquement composé de cellules brunes
ovoïdes, régulières, isolées ou divisées ce 5 a,Q en deux; c’est en somme la végétation
Bo V6 Ô 0 de la mannite, mais à cellules séparées, S, © # E dissociées en groupes fumagoïdes.
— Rarement elles restent unies en fila- Fig. 60. — Culturésur bois | ments: Beaucoup det ces cellulesspro-
imprégné de mannite. L
viennent aussi de levures développées, et l’on trouve tous les degrés de cutinisation et de dimensions (fig. 60).
Le champignon forme dans la solution de mannite une végétation membraneuse noire superficielle et un dépôt légèrement coloré au fond du tube. La première augmente d'épaisseur en raison de la concentration : le second diminue au contraire à mesure que la proportion de mannite augmente.
n.— Acide gallique.— Par sa faible cutinisation, la végétation dans l'acide gallique s’écarte, semble-t-il, des formes fumagoïdes. Mais elle y peut rentrer cependant par son aspect ramassé, fragmenté, peu cohérent, enkysté et coloré dans son ensemble. Cette végétation mérite d’être examinée de près. Le caractère général que le milieu imprime à a plupart des champignons se montre nettement.
On constate bientôt l'épaississement anormal des parois.
Fig. 61. — Culture dans solution Dans la solution à 0,5 PE 100
d'acide gallique. ue gauche, solu- (fig. 61), cel épaississement est
RE 100 ; à droite, solution déjà bien marqué au moins
pour quelques cellules qui se rapprochent encore des /umago ordinaires de cette espèce. Dans la solution à 1 p.100 (fig. 61 et PL. IV, fig. 9), la paroi cellulaire devient considérable, surtout dans la partie émergée de la culture, sur le tube. Au milieu des cellules
épaissies s’en trouvent un grand nombre qui continuent à végéter en levures, et gardent une paroi mince et un contenu coloré en vert foncé. La membrane des autres cellules est d’un brun très clair ou jaunâtre, elle finit par s'épaissir démesurément, d’abord sans se rompre, formant une zone d'enkystement souvent plus épaisse que le diamètre de la cavité centrale. Le phénomène spécial de la sortie des cellules hors de leur enveloppe extérieure se produit alors, malgré la faiblesse de la cutinisation. Une sphère, formée du contenu cellulaire et d’une forte proportion de la membrane, fait saillie hors de la zone externe qui l'entoure comme une capsule, mais ne s'en sépare tout à fait que lentement et tardivement (PI. IV, fig. 9).
Les cellules peuvent d’ailleurs rester unies en chapelets. Mais par le développement anormal et quelquefois excentrique des parois, par la tendance à la sortie des éléments, les cellules sont rejetées de côté par rapport à l'axe et l’ensemble est souvent irrégulier.
Dans les tubes de culture, la végétation constitue un dépôt floconneux, brunâtre, dissocié. En même temps, la solution devient brune et même noirâtre.Les objets imprégnés de ce liquide {bcis, pomme de terre) brunissent aussi. Il est intéressant de noter que la couleur est toute différente suivant qu'il s’agit du PMematium (rouge et plus ou moins trouble) ou du Cladosporium (jaune et limpide). Cette différence se retrouve avec d’autres milieux.
Du reste, l'influence directe de l'acide gallique peut être modifiée. Sur un fragment de pomme de terre stérilisé dans une solution d'acide gallique, l’action de la substance nutritive modifie tout à fait l'aspect. Les levures immergées sont souvent déformées, agrandies fortement, jaunâtres et granuleuses. Sur la pomme de terre elle-même, les déformations sont plus grandes encore, et les levures sont presque toutes très grossies et arrondies : l'influence de l'acide gallique a presque disparu. Sur du bois imprégné d'acide, il n’en reste plus rien et le champignon se développe en
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longs filaments moniliformes bruns avec, parfois, des cellules cylindriques intercalaires. Le point intéressant est la tendance à la séparation de la cuticule par gélification de la mésospore: la paroi cellulaire semble alors formée de trois ou quatre couches et sur quelques points les cellules sont étalées sur un lit de mucilage. Enfin, la division cellulaire se fait souvent à l'intérieur de la cuticule qui reste comme une enveloppe commune aux deux cellules formées, bien distinctes au dedans. Dans quelques cas, cette division a été plus loin et l'enveloppe générale entoure Fig. 62. — Culture sux bois Im- trois où même (très rarement) ne de solution d'acide galli- ” quatre cellules qui peuvent commencer à germer sans se sépa-
rer, à la manière des spores en massif (fig. 62).
Un phénomène analogue se rencontre dans les filaments développés sur du bois imprégné de dextrine ou de mannite, mais la marche de la végétation est très différente.
o.—Acidepyrogallique.—Serapprochedel’acidegallique, car ilamène l'enkystementdeslevures, la cutinisation restant très faible. Les levures, qui d’ailleurs s’y développent fort peu, grossissent légèrement, ont un contenu verdâtre ou brun, et épaississent aussi leur paroi qui prend une teinte grisâtre. Mais elles restent toujours régulières et ne donnent aucun filament (PI. IV, fig. 13). Ces levures et les petites cellules que l’on trouve dans l'acide gallique sont agitées, lorsqu'on les examine dans l’eau, d’un léger mouvement brownien, dû probablement à l'existence autour d'elles d'une mince zone mucilagineuse.
La végétation dans l'acide pyrogallique est toujours très faible et consiste en un léger dépôt brunâtre au fond du tube.