RECHEBCHES SUR LA SÉPARATION DES TERRES RARES
aux termes extrêmes, il est impossible d'affirmer que ces portions sont uniquement constituées par le mélange des ternies (extrêmes.
La substance séparée approximativemeut par le sulfate de potasse de la majeure partie du néodyme qui la souillait a été de nouveau transformée en élliylsulfate et soumise à la cristallisation fractionnée.
Le didyme à l'état de traces qui avait écbappé à ce traitement s'est accumulé dans les premièies portions, et les autres terres absorbantes, en très faible quantité également, se sont échelonnées sur toute la longueur du fractionnement : d'abord le dysprosium, de M. Lecoq de Boisbaudran ; puis l'holmlum et enfin l'erbium.
Après une soixantaine de tours de cristallisation, les diverses portions ont été transformées en oxalates et les oxalaies furent calcinés.
La couleur des oxydes variait d'une façon continue, depuis l'orangé foncé pour les têtes au blanc rosé franc pour les queues.
Les oxydes des trois premières fractions furent transformés séparément en formiates. Les dissolutions diluées donnèrent par concentration un abondant précipité blanc niicrocristallin de formiates terbiques peu solubles. Les précipités renfermaient la trace de didyme que ces fractions contenaient ; les eaux-mères présentaient les bandes des terres yllriques absorbantes et plus particulièrement de l'holmium. La quatrième fraction, quoique renfermant une notable proportion de lerbines, donna par concentration un sirop qui se prit en masse sans que j'aie pu le fractionner à l'état de formiates.
Les formiates des trois premières portions donnèrent à l'analyse, après fi aciionnement :
Oxyde.
atomique
Ethyl- Sulfate
sulfates. Formiates. anhydre.
xj \l 1,8528
IJI 2 1,2962
Les fractions 127,9, 129,3 ont été réunies et fractionnées systématiquement par cristallisation des oxalates dans l'acide nitrique.
J'ai obtenu ainsi :
1° Oxalates.
Sulfate anhydre 3,383o
Oxyde i ,9435
Poids atomique '37,7
Cette matière a été réunie à la substance de poids atomique 137,6 et le mélange a été fractionné de nouveau à l'étal d'oxalate.
J'ai obtenu de la sorte :
a. Sulfate anhydre 0,9806
Oxyde o,5652
Poids atomique i39,3
b. Sulfate anhj'dte i ,o685
Oxyde 0,6071
Poids atomique i33 ,9
Les eaux-mères ont été réunies aux seconds oxalates,
2° Oxalates.
Sulfate anhydre i ,2617
Oxyde 0,7047
Poids atomique 127 ,8 '
HECHEnCHES SUR LA SÉPARATION DES TERRES RARES. 87
Ces fractions, examinées au spectroscope à l'éiat de verre de nitrates préseniaienl surloul la bande caractérisliqiie du dysprosium.
Le verre de nitiates présentait une teinte verdâtre.
Je ne disposais pas d'une quantité suffisante de matière pour pouvoir éliminer complètement la bande holmique faible qui accompagnait la bande du djsprosium.
Toutefois ces résultats me paraissent présenter un intérêt théorique assez grand à cause de l'analogie que présente le dédoublement de l'ancien erbium avec le dédoublement du didyme.
En effet :
1° Les sels d'erbium, comme les sels de néodyme, sont roses. Ils présentent tous deux un grand nombre de bandes dans la partie visible du spectre et n'absorbent l'un et l'autre que peu de radiations bleues et violettes.
2° Les sels de praséodyme ei probablement de dysprosium sont verts; leurs bandes d'absorption s'observent dans les parties les plus réfrangibles du spectre.
3° Si l'on retranche du spectre de l'ancien didyme la somme des bandes du néodyme et du praséodyme, il reste un certain nombre de bandes qui ne sont attribuables à aucun corps connu.
De môme si l'on retranche du spectre de l'ancien erbium la somme des bandes de l'erbium vrai, et du dysprosium, il reste un certain nombre de bandes que l'on attribue à cet élément encore bien hypothétique qui est l'iiolmium, puisqu'il n'a jamais été isolé dans un état de pureté suHisant pour qu'on puisse donner, même approximativement^ son poids atomique et qu'il ne paraît pas être rigoureusement identifié à lui-même au point de vue spectroscopique, puisqu'il n'a pas été séparé du dysprosium dont M. Lecoq de Boisbaudran a obtenu quelques décigrammes.
De même que dans l'ancien didyme exempt de samarium, on ne peut affirmer que l'existence du néodyme et du
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praséodyme; de même, des corps de l'ancien erbium, on ne peut affirmer que Texistence du nouvel erbium et du dysprosium qui ont été isolés chimiquement; et, de la sorte, les deux séries des terres rares absorbantes, les séries didymiques et erbiques sont bien parallèles dans les deux cas.
Les fractions de poids atomique iSp, 3 furent fractionnéee de nouveau par la cristallisation des oxalates dans Tacide nitrique.
J'ai obtenu ainsi trois fractions qui donnèrent respectivement à l'analyse les résultats suivants :
Sulfate Poids
Fractions.- anhydre. Oxyde. atomique.
Les fractions de poids atomique i45,6 ont été fractionnées de nouveau de la même manière et ont donné à l'analyse :
Sulfate Poids
Fractions. anhydre. Oxyde. atomique.
Les portions de poids atomiques voisins de i38 ont été de nouveau fractionnées et ont donné à l'analyse :
Sulfate Poids
Fractions. anhydre. Oxyde. atomique.
La quatrième fraction des étbylsulfates, qui n'avait donné à l'état de formiates qu'une dissolution sirupeuse qui se prit en masse par le refroidissement, a. été frac-
liECHERCHES SUU LA SÉPAliATIOJN DES TERRES KARES. 89
lionnée à l'état d'oxalates el a donné à l'analyse les nombres
suivants
Fract
ions.
Éthylsulfates.
Oxalates.
Sulfate anliydre
Poids
Oxyde.
atomique.
o,4io5
Le fractionnement des oxalates n'ayant pas donné des résultats satisfaisants sur cette fraction, je me suis borné à analyser ensuite les diverses fractions d'éthylsulfates, me réservant de les fractionner ensuite par une autre méthode si, par eux-mêmes, les résultats n'étaient pas suffisamment probants :
Sulfate Fractions. anhydre.
VIII i,45oi
Les deux dernières fractions donnaient un oxyde blanc. Je les ai fractionnées en combinant les fractionnements par la pyrogénation des nitrates, la précipitation des liydrates par l'ammoniaque diluée, la cristallisation des nitratts par l'acide oxalique. J'ai obtenu les résultats suivants :
Poids
Oxyde.
atomique.
Sulfate anhydre 0,1
Oxyde o, 8229
Poids atomique 88,8
Cette substance constituait la grande majorité de la matière initiale, le poids atomique de la substance initiale étant voisin de 98.
Ces résultats montrent que celte dernière substance était un mélange d'yllria et de terbines.
po . G. UKBAIIX.