‹ Thèses présentées a la Faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade de Docteur ès-sciences naturelles (volume 5)Chapitre 33 sur 76 · LOIS GÉNÉRALES DE LA CONSTITUTION DU (XKUR · texte numérisé non relu

LOIS GÉNÉRALES DE LA CONSTITUTION DU (XKUR

veines caves (Chéloniens, Ophidiens, Sauriens, Crocodiliens); puis reculant encore chez les Oiseaux jusqu'aux embouchures des veines caves dans le sinus, et se subdivisant en segments propres à chaque veine cave; et enfin s'effaçant chez les Mammifères, pour ne laisser que de faibles vestiges, la valvule d'Eustachi et la valvule de Thébésius. Ces valvules sont de véritables saillies de la paroi du sinus ou des veines, ou bien elles dépendent de la cloison des auricules, et ont par conséquent, comme tous ces organes, une structure musculaire plus ou moins prononcée.

Tels sont les caractères généraux propres à chacun des trois systèmes de valvules qui se trouvent dans l'appareil cardiaque. Voici maintenant des considérations plus générales embrassant tout le système valvulaire cardiaque.

Les valvules naissent au niveau des rétrécissements du tube cardiaque. Si le lieu où elles se trouvent dans une classe, dans une famille, etc., cesse d'être un rétrécissement dans une autre classe, dans une autre famille, etc., les valvules disparaissent à ce niveau. Il en est ainsi pour les valvules inférieures du bulbe des Batraciens, qui manquent chez les Chéloniens, etc., où le bulbe, se confondant avec le ventricule, cesse d'être séparé de lui par un rétrécissement. Il en est également ainsi pour les valvules veineuses des Mammifères, où la portion terminale des veines caves se dilaté pour s'incorporer à l'oreillette. Bien plus, si le rétrécissement se déplace, les valvules se déplacent avec lui : témoin les valvules des orifices veineux dans les oreillettes.

Les valvules cardiaques considérées dans la série des Vertébrés partagent donc le sort des rétrécissements' . Elles naissent, se déplacent et disparaissent avec eux.

Cette loi des valvules nous présente donc une corrélation curieuse dont on peut essayer de donner l'explication. N'est-il pas légitime de penser que les lèvres ou bords d'un rétrécissement sont appelés à supporter des chocs

' J'emploie ici l'expression de rétrécissements, quoiqu'elle ne soit pas absolument exacte Ce sont plutôt des points où le tube cardiaque n'est pas dilaté, et qui restent étroits par rapport aux parties voisines, qui ont subi une dilatation. Le tulse cardiaque présente dans sa formation des points qui se dilatent, et entr^ eux des anneaux qut ne se dilatent pas. J'appelle ces derniers des rétrécissements. Le mot étant expliqué, je le conserve pour la facilité du langage.

Î98 l'HILOSOPIlII'; NATURELLE.

et des frottemeuls qui ù l'époque du développement embryonnaire, c'està-dire pendant une période où la faculté de création des tissus et des organes est très-grande, sont bien propres à y exciter la formation d'appendices ou de lames valvulaires? Mais les valvules, comme tous les organes, no sont conservées que par le jeu de leurs fonctions. L'effort qu'elles supportent semble les maintenir dans leurs dimensions normales, et, si elles sont^rendues insuffisantes, elles permettent au courant de s'établir en tout sens, deviennent par cela même indifférentes, et ne sont plus choquées, distendues et étalées par le reflux du liquide ; alors elles se ratatinent, se rétrécissent et se transforment en inégalités, en saillies qui unissent ellesmêmes par s'effacer. C'est ce que prouve l'étude des cas pathologiques , et c'est ce que confirment les faits physiologiques. J'en ai donné une preuve intéressante quand j'ai établi l'existence et la disparition progressive des valvules des embouchures des veines caves chez les jeunes Mammifères. Ainsi donc, toute valvule qui devient insuffisante tend à disparaître. Or une dilatation précoce du tube cardiaque, dans un point où pour une autre classe e.xiste un rétrécissement pourvu de valvules, me semble devoir être considéré comme une cause d'insuffisance, et par conséquent comme une cause de disparition. D'autre part aussi, l'apparition chez une classe d'un rétrécissement, dans un point où il n'en existait pas pour une classe différente, s'accompagne de l'apparition de valvules nouvelles. C'est ainsi que cette double corrélation explique dans la série des Vertébrés le transport des valvules des orifices veineux d'avant en arrière, transport consécutif au déplacement dans le même sens du rétrécissement qui sépare les oreillettes, soit du sinus, soit d'une portion du sinus, soit enfin des veines caves elles-mêmes.

Il est un autre fait sur lequel j'ai promis de revenir, et qui pourrait trouver son explication rationnefie dans les considérations qui précèdent. Nous avons vu que les valvules aortiques des Crocodihens ne représentent nullement les valvules aortiques des autres Reptiles , et sont des organes entièrement nouveaux. Nous avons déjà démontré que la torsion précoce de l'axe du cœur des Crocodiliens avait permis le développement de la cloison intervestibulaire et sa soudure avec le bord supérieur de la cloison interventriculaire. Il résulte de ces conditions que le reflux du sang aortique

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