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ACIDITÉ PENDANT LA DIGESTION

des liquides ingérés dans Festomac. Cependant, ainsi que je le démontrerai postérieurement, Tàcidité n'est pas due seulement à la sécrétion acide, mais encore à la fermentation acide des aliments ingérés. Il semble donc que la fermentation et la sécrétion acide marchent de concert, de manière à atteindre un certain degré d'acidité , et qu'il y ait une ' sorte d'équilibre intérieur réglé parles circulations artérielle, veineuse et lymphatique. Ce qui démontre le même fait, c'est qu'en injectant (exp. 64) une solution d'acide citrique équivalant à 5. 3 d'acide chlorhydrique , l'acidité de l'estomac, au lieu d'augmenter, diminue, et tend à revenir à l'acidité normale (3. 2). Si, au lieu d'avoir affaire à un liquide contenu dans un organe vivant, on avait un liquide extrait de l'estomac, les acidités se surajouteraient : mais il n'en est pas ainsi quand on ingère une certaine quantité d'acide. L'excès d'acide, probablement par dialyse avec le sang alcalin, à travers les minces parois des capillaires, disparaît, jusqu'au moment où le liquide stomacal est revenu à un état d'acidité plus ou moins voisin de son état normal.

Quelques médecins ont cru que l'usage des alcalins (eau de Vichy, etc.) augmentait l'acidité de Testomac en provoquant une sécrétion acide plus abondante. L'expérience 46 prouve que cette hypothèse n'est pas exacte. Â la vérité, le liquide alcalin est neutralisé, et les liquides stomacaux tendent à re« prendre leur acidité normale; mais cette acidité consécutive n'est pas plus accusée que l'acidité antérieure : au contraire, elle est notablement plus faible (0.8).

On voit aussi que le vin tend à augmenter l'acidité ; le fait n'a rien de surprenant, attendu que le vin est acide. D'ailleurs les tartrates sont décomposés par l'acide chlorhydrique, et quand on ingère du vin, l'acide tartrique est mis en liberté. Cependant il n'est pas douteux que l'alcool ne contribue à augmenter l'acidité. En effet, dans les expériences (16, 17, 19, 63), où il y a eu ingestion d'eau-de-vie, l'acidité moyenne est de 2. 7 9 c'est-à-dire plus élevée que dans les cas où il y

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a du vin, et supérieure de 1. à la moyenne générale (1).

On peut aussi voir que l'acidité tend à augmenter vers la fin de la digestion; si on prend la moyenne des expériences où la digestion a duré une heure, on a une moyenne inférieure à la normale. On a une moyenne supérieure quand la digestion a duré trois heures (2).

Quoique je n'aie pas d'expériences bien précises sur l'absorption stomacale, je ferai remarquer avec quelle rapidité Teau ingérée disparaît. Au bout d'une demi-heure, d'une heure tout au plus, il n'en reste plus de traces, de sorte que l'acidité finale n'en éprouve guère de modifications. Au contraire, quand on injecte du sucre de canne, l'exosmose de la solution sucrée est bien plus lente, ce qui tend à rendre plus faible l'acidité des liquides stomacaux. — Si on prend la moyenne des expériences 13, 14, 7 et 23, on trouvera 1. 2, chiffre inférieur à la moyenne générale.

En résumé, il me semble que l'on peut admettre les conclusions suivantes :

(1) II est probable qa*on peut généraliser ce fait de Téquilibre des réactions stomacales. Quand les liquides ingérés ont une certaine acidité (de 3 gr. environ), l'estomac ne sécrète plus de suc acide. Dans les fermentations anormales qu'on observe chez certains dyspeptiques, il se fait aussi en grand excès de l'acide lactique et de l'acide butyrique. Dans toutes ces circonstances, par suite de l'acidité exagérée de l'estomac, l'acide chlorhydrique n'est plus sécrété, et comme il est très-certainement de tous les acides le plus favorable à la digestion, la digestion stomacale est en* travée.

L'indication est donc, soit de saturer cet excès d'acide par des liquides alcalins, soit de donner en boissons des solutions d'acide chlorhydrique (2 gr. pour 1,000 gr.). Et, en effet, ces deux médications semblent également réussir, d'après les données empiriques de la pratique médicale. Mais ce n'est que par l'analyse exacte des fonctions de l'estomac qu'on arrive à comprendre comment les alcalins et l'acide chlorhydrique peuvent agir de la même manière dans des cas identiques. C'est toujours en remédiant au défaut d'acide chlorhjfdrique.

Nous pouvons aussi comprendre pourquoi l'ingestion d'aliments acides (vinaigre, vin, citron, etc.) est nuisible à une bonne digestion. La sécrétion acide ne peut plus se faire, et des acides organiques (acétique, citrique, tartrique) sont substitués à l'acide chlorhydrique, lequel agit bien plus puissamment que ces acides, pour dissoudre l'albumine.

(2) Il faut cependant tenir compte de la présence du vin dans les digestions longues, lesquelles sont par cela'môme rendues plus acides. J'avais beaucoup de peine à déterminer Marcelin à ne pas prendre de vin. Cette fâcheuse fantaisie m'a beaucoup gêné.

ACIDITÉ PENDANT LA DlÔESTION. 93

1** L'acidité du suc gastrique pur est en moyenne de 1.3 en poids d'acide chlorhydrique par litre ;

S"" L'acidité du suc gastrique mélangé aux aliments est en moyenne de 1. 7, et tend à augmenter légèrement à la fin de la digestion. La quantité des liquides contenus dans Testomac, non plus que leur qualité, n'exerce d'influence bien sensible;

3<> L'alcool et le \in augmentent, le sucre de canne diminue l'acidité ;

4® Après l'injection de liquides acides ou de liquides alcalins, les liquides stomacaux tendent à revenir à leur état normal, et à se rapprocher de lacidité moyenne. .

Nous avons montré comment l'étude des acides du suc gastrique était facilitée par la méthode des rapports de partage. Cette méthode m'a donné aussi quelques résultats pour le suc gastrique mixte. Quoique l'exposé de ces recherches puisse paraître un peu long, je crois nécessaire d'entrer dans quelques détails.

Si on recueille dans un vase les liquides contenus dans la caillette des Veaux, une masse brunâtre, fécaloïde, pâteuse, mélangée de paille broyée et de grains de sable, se dépose en quelques heures au. fond du vase. Cette masse est surnagée par un liquide jaunâtre qu'on peut décanter et filtrer. C'est ce liquide, transparent, citrin, exhalant une odeur aigrelette sui generiSf que j'ai analysé par la méthode des coefficients de partage. Voici mes résultats :

Suc gastrique.

Éther.

Suc gastrique.

Suc gastrique.

Éther. .

Suc gastrique .

Éther.

Suc gastrique.

Éther.

JR =

Si on prend la moyenae de ces cinq expériences très-con-

94 PROPRIÉTÉS DU SUC Q/iStRIQUË.

cordantes, on anÎTe à un rapport de partage = 30, gui est beaucoup plus élevé que le coefficient de partage de Tacide lactique (iO), mais bien inférieur à celui de Tacide chlorhydrique seul.

Il est très-probable qu'il se trouve donc, à côté de Tacide cblorhydrique en excès, des quantités notables d'un acide ou même de plusieurs acides solubles dans l'éther ; mais le rapport de ces acides solubles à Tacide insoluble est assez inconstant, et varie selon Talimentation. Ainsi, avec d'autres sucs gastriques de Veau» j^ai obtenu des nombres différents : ,

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