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HISTORIQUE

l'emploi des microscopes perfectionnés, commença à faire des progrès considérables. On découvrit que dans l'estomac il y avait des glandes en tubes et en grappes, plus ou moins analogues à celles de l'intestin, et que par conséquent la sécrétion du suc gastrique était une sécrétion glandulaire (i).

Ce fut Schwann qui le premier découvrit la pepsine (2), sans pouvoir l'isoler complètement, comme Wasmann le fit quelque temps après (3).

Un grand progrès fut réalisé, au point de vue des procédés expérimentaux, par Blondlot(4), qui imagina les fistules gastriques artificielles (5). Désormais on put se procurer facilement du suc gastrique pur; c'est évidemment le plus grand progrès que la physiologie de l'estomac ait fait depuis Spallanzani (6).

En effet, à partir de ce moment, les expériences se multiplièrent. L'étude des pepsines et de leurs modifications, des diverses réactions chimiques propres au suc gastrique et aux aliments digérés, l'analyse des propriétés physiologiques de la muqueuse stomacale, firent l'objet de recherches exactes; et c'est la masse de ces faits qui constitue la science d'aujourd'hui. En faisant Thistoire détaillée du suc gastrique, les diverses indications bibliographiques trouveront leur place naturelle.

En résumé, Réaumur a démontré que la digestion stomacale élait un phénomène chimique; Spallanzani a recueilli du suc

(1) Sprott Boyd. Edinh. med, and Surg, Joum., t. XLVI, 1836, p. 382.— BischoCf, MiiUer's Àrchiv,, 1838.— Wasmann, De digestione nonnulla, Berlin, 1839. — Krause, Mûllefs Archiv.f 1839, p. cxx. — Thomson, Frerichs, etc.

(2) Ueber das Wesen des Verdauungsprocesses. Miiller'sArchiv., 1836, p. 90.

(3) Loc. cit., 1839.

(4) Traité analytique de la digeslion, 1843. En même temps que Blondiot, un médecin russe, Bassow, proposait la même méthode. {Voie artificielle dans l'estomac des animaux, Bull, de la Soc. des natur. de Moscou, 1843, t. XVI, p. 315.) Mais les expériences de Bassow eurent peu de succès et restèrent tout à fait inconnues. C'est donc à Blondiot, qui ne connaissait pas les expériences faites simultanément à Moscou, que revieut tout Thonneur de la méthode des Gstules gastriques artiflcielles.

(5) Les procédés opératoires ont été perfectionnés par Claude Bernard. Leç. de physiol. expériment.f 1856, t. H, p. 384.

(6) Pour l'historique de la ([\ie»iioiit consnlicr le* Leçons sur la f^hysiologie, etc., . de M. Milne Edwards, t. V, p. 250; t. VH, p. Il et suiv.

gastrique et fait des digestions artificielles; Beaumont a étudié la digestibilité des aliments et les modifications de la muqueuse stomacale ; Schwann et Wasmann ont découvert la pepsine ; et Blondlot a introduit la méthode des fistules gastriques artificielles.

Cette découverte termine la période historique, et inaugure la période contemporaine.

Morphologie et histologie des glandes de l'estomac.

A, — DES GLANDES DE l'eSTOMAC CHEZ l'hOMME.

Lorsqu'on examine la muqueuse stomacale d'un animal tué récemment, on voit que toutes ses parties ne sont pas identiques (1). La région pylorique est pâle, blanchâtre, tandis que, vers la grande courbure, et du côté du grand cul-de-sac, la muqueuse est rouge, villeuse et veloutée. Une injection artificielle montre que le sang ne se distribue pas également dans les deux régions, la partie pylorique possédant beaucoup moins de vaisseaux que la partie cardiaque : cette division de Testomac en deux régions se retrouve chez Thomme et la plupart des mammifères, en sorte qu'on pourrait dire qu'il y a un estomac pylorique et un estomac cardiaque, lequel serait le véritable agent de la digestion.

L'analyse histologique confirme ce premier résultat. En effet, lorsqu'on examine au microscope • 1^ muqueuse stomacale, on voit qu'elle est tapissée d'une infinité de glandes, mais que ces glandes sont de deux ordres.

Les unes sont très-abondantes dans le grand cul-de-sac : ce

(1) En particulier, chez le rat. Voir Schiff, Leçons sur la physioL de la digestion, t. II, p. 283.

i|p ESTOMAC DE L'HOMME. 7

gont les glandes gastriques ; les autres prédominent vers le pylore.: ce sont les glandes muqueuses.

Les glandes muqueuses sont tubuleuses, peu ramifiées (1). Elles débouchent dans la cavité stomacale par un orifice étroit. L'épithélium cylindrique de la muqueuse se continue dans rintérieur même de la glande. En résumé, ces glandes diffèrent à peine de celles qu'on voit dans toute l'étendue du tube intesti-nal.

Les glandes stomacales proprement dites ont une forme particulière qu'explique la spécificité de leur fonction ; ces glandes sont constituées par des utricules allongés, amassés en forme de grappe souvent assez complexe, et dontle cul-de-sac s'enfonce dans le tissu cellulaire sous-muqueux (2). Elles s'ouvrent par un orifice évasé enferme d'entonnoir. Leur cavité est remplie par des cellules à noyau, polygonales, à angles plus ou moins déformés, qui gonflent l'utricule qu'elles dilatent, et auxquelles elles donnent parfois l'apparence d'une bouteille à goulot allongé (3). Ces cellules ont été nommées cellules à pepsine parFrerichs (4). Elles renferment un protoplasma finement granulé avec quelques noyaux. Quand on examine du suc gastrique au microscope, on y trouve toujours une certaine quantité de ces cellules plus ou moins détruites et en voie de dissolution, de même que dans la salive on voit l'épithélium des culs-desac salivaires.

Plus récemment, dans un travail important, Heidenhain (S). et, après lui^ Ebstein (6), se sont attachés à réfuter ces idées. D'après eux il n'y a pas entre les glandes à pepsine et les glandes muqueuses la différence fondamentale qu'on a cru y trouver. Les glandes gastriques seraient constituées par deux va-

(1) Todd et Bowmann, t. H, 1847, p. 192. — KôIIiker, Ana^ micr., U, 2, p. 140 et -8uiv. — Donders, Med. Lanc, 1852. Oct,^ p. 218 ; févr. avr. 1853.

(2) Ecker, Zeitseh. f. rationn, Mediz.^ t. II, 1852, p. 243.

(3) Kôlliker, ITicr. anat., fig. 221, 222. —EUm. d'histol, trad. franc., p. 523. — Voyez aussi les belles planches de Sappey, Traité d^anat. descript,, 2* édit., t. IV, p. 175.

(4) Art, Verdauung in Wagners, Hand. d. physiol., t. III, p. 738 et suiv.

(5) Untersuchungen ueher den Bau der Labdrûsen. Areh. fur micr. anat. 1870.

(6) Beitrage zurLehre vom Bau der sog, MagenscMeimdriisint ibid., 1870.

riétés d'épithélium : un épithélium superficiel par rapport à la cavité de la glande, composé de cellules polyédriques, granuleuses, disposées sur un rang, et un épithélium profond (Belegzellen), appliqué directement contre la paroi glandulaire, et composé de cellules arrondies , granuleuses, fixant facilement les substances colorantes, et qui probablement sont Tétat jeune des cellules superficielles (Hauptzellen). Selon les micrographes que je viens de nommer^ toutes les glandes de Testomac sont constituées sur ce type; seulement, il y a dans certaines glandes, vers le grand cul-de-sac, beaucoup de cellules bordantes : ce sont les glandes à pepsine des anciens auteurs : tandis que, vers le pylore, ce sont les cellules superficielles qui prédominent, glandes muqueuses des anciens auteurs.

Si l'opinion de Heidenhain est exacte, les glandes de l'estomac et de Tintestin seraient donc constituées sur le même type; il n'y aurait de différence que suivant le plus ou moins de développement de certaines parties de ces glandes.

Nous verrons plus loin, quand nous traiterons de la sécrétion du suc gastrique, quel est le rôle respectif de telle ou telle de ces cellules.

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