ESTOMAC DES MAMMIFÈRES
en deux régions est d'une assez grande importance. Elle nous démontre que Testomac a deux fonctions : une fonction masticatrice, pour ainsi dire, à laquelle président des muscles et des papilles cornées ou épaisses ; et une fonction chymifiante, pour laquelle des glandes gastriques sont nécessaires.
Cet appareil glandulaire, au lieu d'être disséminé, est quelquefois réuni en un point, de manière à constituer une glande plus ou moins lobuleuse. Cette disposition s'observe sur le Castor, sur le Phascolome, sur le Pangolin, sur le Dauphin et le Manatus Australis (i).
Ce que nous venons de dire des Mammifères s'appliquera peut-être encore mieux à l'appareil digestif des Oiseaux. En effet, on trouve chez les oiseaux une dilatation œsophagienne (jabot], une poche très-musculaire à papilles cornées et épaisses (gésier), et un estomac pepsique (ventricule succenturié). Chez certains Oiseaux/ la localisation des glandes pepsiques, en un point déterminé de la muqueuse stomacale, est poussée trèsloin. Ainsi, chezl'Autruche et leNandou, les glandes gastriques sont réunies en une région de la muqueuse qui est renflée en ce point, et criblée d'une multitude d'orifices. Souvent même le liquide sécrété vient déboucher dans un canal central, situé dans l'axe des glandes, et qui vient s'ouvrir dans l'estomac. Cette localisation de la fonction sécrétoire est intéressante : elle nous permet de comparer l'appareil glandulaire de l'estomac aux glandes salivaires, au pancréas, au foie, dont les produits de sécrétion débouchent par des canaux propres dans le tube digestif. D'après Jobert (2), le gésier de certains Oiseaux (Autruche, Flamant), n'est pas exclusivement un organe triturateur, il renferme des glandes qui sécrètent un liquide acide, lequel contribuerait à la digestion.
Chez les Reptiles et les Batraciens, la muqueuse stomacale n'offre rien de remarquable : elle a été étudiée avec soin par
(1) Pour plus de détails sur la morphologie de Testomac» voir Milne Edwards, Leçons sur laphysiologie^eic, t. VI, p. 309 et suiv. — Gegenbaur, Anat. comparée,
trad. franc., p. 750 et suiv. — Leydig, Histol. comparée^ trad. franc.*, p. 355.
(2) Comptes rendus de VAc, des sciences. Juillet 1873.
plusieurs auteurs^ qui y ont bien vu une forme spéciale de cellules glandulaires qu'on appelle les cellules caliciformes. Chez les larves des Grenouilles et des Crapauds, la muqueuse stomacale est tapissée de cils vibratiles, et il est très-probable que les cellules caliciformes ne représentent qu'une forme spéciale de cellules épithéliales cylindriques et vibratiles (i). Chez le Protée (3), le tube digestif est rectiligne, et il n'y a pas de dilatation stomacale.
Chez les Poissons, Testomac est en général peu distinct de l'oBSophage, et ce fait contraste d'une manière assez singulière avec l'activité extrême des sucs stomacaux. Souvent on ne peut distinguer l'estomac de Todsophage que par l'aspect de la muqueuse, qui se charge de glandes et se dépouille de l'épithélium lamelleux, pour prendre un épithélium cylindrique. Chez certains Poissons, des sortes de caecums ou d'appendices viennent déboucher près du pylore. On les a appelés appendices pyloriques. Ils semblent abondamment pourvus de glandes, et il ne faut guère les considérer autrement que comme des diverticules de l'estomac. Dans quelques espèces de Poissons cartilagineux, les glandes gastriques sont disposées par rangées, formant des stries longitudinales qui font saillie sur la tunique muqueuse non glandulaire de l'estomac (3). D'après Leydig (4), tous les poissons ne sont pas pourvus d'un appareil glandulaire stomacal. Certains Cyclos-
(1) Pouchet el Tourneux, Précis d'histologie, p. 185.
(2) Tout récemment, Swiecicki {Archives de Pflûger^ t. Xill, p. 444. Vber die BUdung und Ausscheidung des Pepsins bei den Batrachiern) a fait quelques expériences, eo très-petit nombre peut-être, desquelles il conclut que Tœsophage des grenouilles contient plus de pepsine que Testomac ; que, dans l'état de jeûne, Testomac et Tcesophage n*ont pas de pepsine, ou, du moins, très-peu de pepsine; et que la sécrétion acide est due aux cellules bordantes (Belegzelleu) de Testomac.
(3) Chez le Cyprinus tinca et le Cyprinus carpio^ Luchau a vu aussi {CetUrtM. f. d.med Wiss, .1877, n« 28) que les voies biliaires arrivent au bas de l'œsophage, et que Testomac proprement dit ne contient pas de glandes pepsiques. D'après Bîedermann {Untersuchungen ueber das Magenepithel. Sitxh, der Wiener Ac. der Wissensch. 1875, p. 377). chez les Cyprins, i! n*y aurait pas d'épithélium cylindrique proprement dit, mais une cuticule comme dans l'intestin, avec des cellules caliciformes disséminées au-dessous de cette cuticule.
(4) HisUU. camp., trad, franc, , p. 377.