ESTOMAC DES POISSONS
tomes, les Petromyzon fluvialilis^ Myxine et Cobitis fossilis en seraient dépourvus (1). Il est probable qu'il en est de même chez FÂmphioxus, dont le canal digestif tout entier est tapissé de cils vibratiles. Evidemment il y aurait un grand intérêt à vérifier ces points, et à constater si, malgré l'absence de glandes stomacales, il y a une digestion gastrique (2).
(1) Voyez Edingep {UherdieSchleimhautdes Fisehdarmes. Àreh. f. microsc.Ànat. 1876, t. Xin, p. 651). Il considère les appendices pyloriques comme des glandes, et confirme Topinion de Leydig sur l'absence de glandes stomacales chez les Petromyzon : pour lui, les tractus longitudinaux du tube digestif de ces Vertébrés inférieurs, sont l'équivalent morphologique des glandes stomacales.
(2) Je ne puis entrer dans de plus longs détails ad sujet de la structure de la muqueuse stomacale chez les divers Vertébrés ; mais voici les ouvrages récents où on trouvera quelques indications sur ce sujet intéressant :
Bentkowsky, Sur Vhistologie de la muquetise stomacale et duodénale, Mtdic. ZeitunÇf 1876, no* 14, 15, 17, 18 (en polonais). Analysé dans le Jàbreshericht uéber Anat. u. Phys, de Hoffmann etSchtoalbe, pour 1876, 1, p.SOi.— Bentkovirsky confirme Topinion de Heidenhain, et trouve sous les cellules à épithélium cylindrique qui revéteut Torifice des glandes à pepsine une couche de cellules secondaires (chez le Chien, chez le Porc).
Brûmmer, Anatomische und histologi&che Untersuchungen wher den xusammen^ gesetaten Magen verschiedener Saugethiere, Deutsche Zeitschrift fur Thiermedicin, t. Il, p. 158 et 299, 1876.
Wolffhugel, Ueher die Magenschleimhaut Tieugeborner Saugethiere. Zeitsch. f' Biolog. 1876, t. XII, p. 217.— La sécrétion delà pepsine est postérieure à la sécrétion d'un suc gastrique acide.
Frolowsky, Anaiomie du tube digestif ckex les nouveau^nés. Saint-Pétersbourg. 1876 (en russe). Analysé dans le Jahresbericht de Hoffmann et Schwalbe de 1876, 1. 1, p. 305, — II étudie les dimensions relatives de Testomac et du tube digestif chez les embryons, les fœtus et les nouveau-nés.
Ricci, Intomo alla spéciale forma e struttura dello stomaco di alcuni pesci Comptes rendus de VAcad. des sciences phys, et math, de Naples. 1875. — U décri, Testomacdu Mugil et du Scombre comme divisé en deux parties : une région supérieure glanduleuse, une région inférieure très-musculeuse, et sans glandes gastriques. Cette particularité se retrouve chez le Saumon, le Squale et l'Heterotis.
George, De la structure de Vestomac chez VHyrax capensis. Comptes rendue de , VAc.des sciences, t. LXXVIl, 1873, p. 1554.
Jobert, Recherches pour servir à l* histoire de la digestion chex Us oiseaux, ibid. t. LXXVII, 1873, p. 133.
Loven, Des lymphatiques de la muqueuse stomacale. Nord, med„Arch., t. Y, 1873, no 25 (en suédois). Analysé dans le Jahresbericht de Hoffmann et Schwalbe p. 1873, ï, p. 187.
Langerhans, Uéber Petromyzon Planeriy ibid., p. 191.— H n'a pas trouvé de glandes gastriques chez le Petromyzon.
Wilke, Untersuchungen ueber den Magender wiederkauenden Hausthiere. Berlint,
Watney, Zur Kenntniss der feineren Anatomie des Darmcanàls, Centralblatt, f, d.
14 PllOl'UlÉTÊS DU SOC GASTUIQUK.
L'étude de ]a digestion stomacale offre quelques particularités intéressantes dans la classe des poissons. En effet, chez ces Vertébrés, l'appareil digestif présente des dispositions spéciales sur lesquelles les auteurs d'anatomie comparée n'ont peut-être pas suffisamment appelé l'attention (1).
Si on regarde l'appareil digestif d'un poisson cartilagineux, d'un Squale, de la Grande Roussette {Scylliiim catulus) ou d'un poisson osseux, par exemple du Brochet, on voit que, chez ces deux carnivores, il y a deux parties plus ou moins larges, séparées par un intervalle extrêmement étroit, une sorte de pertuis qui contraste par sa ténuité avec les grandes dimensions des parties supérieures et inférieures. Ce pertuis n'est autre que le pylore; ce n'est ni l'estomac, ni l'intestin, et je proposerais de l'appeler canal, ou mieux détroit pylorique. La longueur de ce canal est variable selon la taille et l'espèce ; mais ce n'est pas un simple resserrement annulaire, c'est presque toujours un canal présentant une certaine étendue : dans beaucoup d'espèces, on retrouve ce rétrécissement poststomacal, sans qu'il semble se trouver plus spécialement dans tel ou tel groupe de la classe des Poissons. On peut le constater chez la Morue, le Congre, la Baudroie, etc. Chez ce dernier Poisson, il est très-facile à étudier, à cause des dimensions énormes des parois musculeuses de l'estomac. Si on injecte par l'œsophage, lequel est extrêmement large, un liquide quelconque dans l'estomac de la Baudroie, en liant l'œsophage sur la canule, ilfaut une très-grande force pour faire passer une seule-goutte de liquide par le détroit pylorique ; il en est de même, quoique à un moindre degré, pour l'estomac du Brochet, du Congre, de la Roussette, etc.
Chez la Baudroie, on peut dire approximativement que le diamètre de ce canal est moindre que le cinquantième du diamètre transversal de l'estomac.
Jfed. Wiss. 1874, p. 753.^ Sous répithélium stomacal (chez le Chien) existent de petites cellules arrondies, intermédiaires entre les corpuscules lymphatiques et Tépithélium. (1) On trouvera néanmoins des planches très-exactes dans Home. Lectures on comparative anatomy, planche 98. Voyez la planche placée à la fln de ce travail^ et représentant Testomac du Birochet. (figures 1 et 2.)