‹ Thétre en versChapitre 15 sur 96 · PIERROT, ANTONIO, GIANGURGOLO, LE MOINE, BRIGHELLA, LE BOUFFON · texte numérisé non relu

PIERROT, ANTONIO, GIANGURGOLO, LE MOINE, BRIGHELLA, LE BOUFFON

PIERROT

Un moine, deux voleurs, un bouffon, — quatre fous! Et nous deux, cela fait une demi-douzaine Un compte rond.

LE BOUFFON

Fort bien, messieurs, mais pour m^a part Je récIame.|Je][fais de la folie un art, Un gagne-pain. Aux uns nuisible, elle m'est saine, J'en vis, vous en mourez. Voyez! le fait est clair : Gentilshommes tous deux, du moins en ayant l'air. Vous allez sans vergogne exposer votre vie Pour qui? pour une femme, et quand vous vous serez Vilainement troués la peau, défigurés, Morts"peut-ôtre, n'importe! elle en sera ravie, Car Naples parlera de ce duel tout un soir Et cela peut servir d'enseigne à son boudoir. Quand il^m'adyient d'avoir dispute pour ma belle, Si parfois je me[^bats, je me bats avec elle, A grands coups de bâton sur son dos, — et ma foi. Vous êtes, [messeigneurs, beaucoup plus fous que moi!

Désignant Brighella el Giangiirgolo :

Ceux-ci, je les connais tous deux de longue date. G eulilshommes de l'ombre et mignons de la nuit.

De longs jeûnes leur font une maigreur de datte Sèche, regardez-moi : je suis rond comme un muid. C'est justice I La dague est leur outil, mes armes

Montrant sa marotte :

Les voici ; la gaieté m'accompagne, eux, refîroi.

II vaut mieux monnayer le rire que les larmes.

Vous êtes, maîtres gueux, beaucoup plus fous que moil

Au moine :

Quant à toi, frère Jean, qui fais le bon apôtre, Et qui, la nuit, furtif, t'en vas dans les tripots. Payer l'amour, piper les dés, casser les pots! Chanteur de gros refrains, diseur de patenôtre, Ce que tu fais est bêle et vil! prêtre sans foi. Débauché lâche, sois vraiment chaste ou sans gêne Vicieux! Pas de froc au dos de Diogènei Vous êtes, frère Jean, beaucoup plus fou que moi.

Ce bouffon a du sens.

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