MICHELA, ANGÉLIQUE, POMONE
Elles entrent par la gauche, en fuyant devant la poursuite libertine der leurs compagnons. — Toute cette scène jouée aussi vite que possible, dans beaucoup de vie et de tumulte. Malgré la diversité, en apparence éparse du dialogue, elle doit former une seule hgne rythmique.
JEAN CESANO
Pomohe ! -
JEAN VASARI
Michela !
Flore :
POMPEO CORTEZ
POMONE
A l'aide!
MICBELA
On me vole I
FLORE
On me tuel
CASTIGLIONE
Angélique!
Vous avez le ppofit de la Rachel biblique.
i20 THÉÂTRE EN VERS
PANTASILÉE
Eh bien ! allez garder les troupeaux chez Laban î
CASTIGLIONE à Panlasilée
Dites un mot, houri, je coiffe le turban, Et j'ai mon paradis dans une perle î
POMPEO CORTEZ
Donne
Tes fleurs, Flora !
JEAN CESANO
Donnez vos pommes, ô Pomoneî
FLORE
Non!
POMONE
Laissez-nous !
PANTASILÉE
avec une candeur très maniérée
Jésus! serait-ce un guet-apens?
Notre jeune inpocence ignorait les serpents Et jamais on ne vit d'Èves plus ingénues.
Nous espérions en nos honnêtes retenues Qu'en route on cueillerait des fleurs...
LeSujeunes hommes veulent les embrasser.
, . . aux buissons verts !
Mais vous, soudainement terribles, et pervers,
Sans que le cri tremblant de nos pudeurs vous louche, Vous nous baisez les mains, les bras, les yeux, — la bouche I Et voici nos rubans tout sens dessus dessous. Hélas! méchants seigneurs! que voulez-vous de nous?
CASTIGLIONE
Pardieu! je t'aime ainsi, sainte Pantasilée !
Je t'adore, nohnain!
JEAN CESANO à Pomone
POMPEO CORTEZ à Flora
Lys!
JEAN VASARÏ
• à Michela
Neige immaculée !
CASTIGLIONE à Pantasilée
Ange! sans rien d'humain!...
Lui regardant la gorge :
... ni d'artificiel.
PANTASILÉE
Des anges! Soit. Qu'il faut poursuivre jusqu'au ciel!
Elle s'enfuit, en éclatant do rire, suivie par toutes les belles filles, qui montent la côte, à droite ; les jeunes hommes s'élancent à leur poursuite, mais ils s'arrêtent brusquement. Restent en scène Jean Vasari, Jean Cesano, Pompeo Gortez, Castiglione. On entend encore les rires des fugitives.