SCENE II GIORGIO D'AST
Il relève la tête au bruit des grelots
Hein? Qu'est-ce, donc? Ah! oui, les folles de la reine Dont le bruit de grelots dans les jardins s'égrène.
Regardant le palais, au foad, d'où viennent toujours des musiques de danse :
Plus folle encore, elle est de retour l Elle est là, Et n*entend point venir dans les bruits de gala L'hôtesse au pâle front qu'elle n'a point priée! — Une heure! et moi, le fils de race décriée, L'aventurier douteux de tant de hasards, moi Qu'une femme avait pris pour jouet, je suis roi.
Lentement :
Giorgio ! Ce passant, — roi !
Après une rêverie :
Dieu ! comme une pensée, Faible d'abord, éparse, et cent fois repoussée, Prend corps, s'acharne, et tient tout notre être envoûté Quand le rêve devient la possibilité.
Inquiet :
Pourtant, ce meurtre... Là, sous les branches fleuries,
Avec l'air d'une fée au milieu des féeries
Elle rira, les yeux par la fête enchantés,
Et je serai peut-être assis à ses côtés,
Quand...
Brusque :
Mais ce crime, enfln, n'est pas le mien. J'ignore, Je n'aide pas. C'est un malheur, douteux encore, Qui la fait choir du trône et me place à son rang!
Avec un frisson, en regardant le trône :
C'est affreux, sur le sein d'une femme, du sang...
II monte, indécis, vers l'escalier du milieu, d'où il voit paraître Jean Gcsano, officier do la porte, et Pompeo Cortez, majordome, qui demeure à parler bas avec des domestiques.
Ah! ces hommes I
11 se dcHourne, revient sur ses pas et sort par la g^auche, en avant du trône.