LE SEIGNEUR
Prends Corilla, bouffon, je l'ai payée, Et chante.
LE BOUFFON
Grand merci, monseigneur! — Corilla, Te plaît-il d'opérer ce troc à l'amiable?
CORILLA
Bouffon ou seigneur, peu m'importe, par le diable, L'un vaut l'autre..
LE BOUFFON
Le diable est un sot, et voilà
Ma chanson :
Comme une médaille jaunie, La lune plane en son entier, Et le diable, tête honnie, Surgit au détour du sentier.
Rose et d'or sous sa toque bleue, Le page Raoul en passant A marché sur un bout de queue; Dieu garde le pauvre innocent !
M — Enfant, seize ans et la nuit belle !
C'est le temps et l'heure d'oser.
A son balcon, la dtime appelle, Oiseau, vas-tu pas t'y poser?
« — Bast ! j'ai ma maîtresse à Palerme, Qui me nourrit de sa vertu; Consèience molle et chair ferme...
Es-tu riche, père, et viens-tu? »
OEil mi-clos; lèvre sérieuse, Et son menton blanc dans la main.
Une fille aux airs d'amoureuse Cheminait le mAne chemin.
<c — A qui donc pensez-vous, la brune?
Est-ce pas au fils hasardeux, Qui, l'autre soir, au clair de lune.
Vous a pris un baiser ou deux? »
« — Fi! Je ne suis point romanesque; Je songe au marquis d'Alvila, Qui ce jour, pour un rien oij presque, M'a donné ces vingt piastres-là. »
Le diable au coin d'un bois farouche Rencontre un rogue mendiant, Front bas, face livide, œil louche, Pleurant, geignant, psalmodiant.
« — Fils, mendier est chose folle ; A qui dit non, ta dague au cœur.
N'ayant rien, pour avoir on vole.
Et le mourant se fait tueur.
— Père, cet avis est louable, Mais la faim Ta donné plus tôt. >♦ Et l'homme assassina le diable...
Amis, le diable n'est qu'un sot.
Les écoliers applaudissent et rient.
LE MOINE
Voilà le bon moine,
Oh! gué.
Voilà le...
Il roule sous la table.