SCÈNE IV IRÈNE, RAOUL D'HOCQUETONVILLE
Raour apparaît au fond, hautain ot fantasque ; tenue de guerre, aussi furieusement bizarre et exagérée qae possible. Il parle d'an grand ton sonore. Irène va vers Raoul qui recule do trois pas.
RAOUL
Que vois-je, est-ce la reine?
Eh ! quelle autre a ce port noble et doux qui réfrène Les*audaces, et met les gens en désarroi?
IRÈNE
Je suis votre servante et vous êtes mon roi.
Elle le conduit sur le devant de la scène, à droite, et le veut faire asseoir.
Tenez, asseyez^vous, que l'on vous considère A son aise.
' RAOUL
Dis-moi d'abord quel lapidaire Sut enchâsser parmi les cils délicieux Ces deux saphirs charmants et clairs que sont tes yeux?
IRÈNE
Flûtteur!
Elle le fait asseoir sur le fauteuil et prend place à côté do lui sur le tabouret. Raoul la caresse.
RAOUL
Le joli nez ! les mignonnes oreilles !
Mes pareils de tout temps aimèrent vos pareilles Et les petites mains déchirent les grands cœurs.
IRÈNE
Tous ces beaux discours-là sont des propos moqueurs, Mais c'est avec plaisir pourtant, qu'on les écoute. Au moins les tenez- vous à moi seule? >
RAOUL
Sans doute,
IRÈNE
Plus d'une vous adore, ô mon fier conquérant!
RAOUL
modeste
Aucune.
IRÈNE
d'un Ion de reproche
Vous mentez.
Elle le regarde marcher.
Sainte Vierge ! est-il grand !
Auprès de vous je suis en extase et peureuse Comme un enfant qui voit une arme dangereuse.-
Tout à coup, elle s'affaisse, pâle; Raoul la soutient
Irène !
RAOUL
IRENE
la main sur la poitrine
Là, là! c'est un poids étouffant.
Oh!
Raoul laisse tomber Irène sur le tauteuil. Il va à la fenêtre et luuvre Irène jette un regard effrayé vers le prie-Dieu.
Raoul se rapproche et s'agenbuille devant elle; elle souffre un peu moins. Continuant sa pensée :
Non.
A Raoul :
Cela va mieux;
Elle se lève.
C'est fini.
RAOUL
sortant de peino
Chère enfant !
IRÈNE
Je me souviens. J'ai fait dans le parc une course. La fatigue...
Elle marche appuyée au bras de Raoul, et tire une bourse passablement rondelette de la petite sache qui pend à sa ceinture.
Comment trouvez- vous cette bourse?
ba6c:l
extasié
A*irriirable!
lAÉXE
Merci. Depuis tout un grand mois.
J'y travaille, incertaine el le cœur plein d'émois. Je l'ai faite pour vous, Raoul!
RAOUL
prenant la bourse
Oh î ma princesse I Je la conserverai pleine ou \'ide sans cesse.
Soupesant la bourse :
Un peu lourde! mais, bah! les hommes comme nous Oui sous de tels fardeaux vu ployer leurs genoux, Qu'une charge pareille est encore légère!
lionne Irène, un baiser?
IBÈNB
Du calme.
RAOUL
J'exagère Le calme.
IRÈNE
C'est ainsi qu'on se damne, vilain!
RAOUL
la suivant
Par pitié!
Non.
IRÈNE
RAOUL
suppliant
Rien qu'un?
IRÈNE
Oh I le bon patelin