‹ Thétre en versChapitre 86 sur 96 · SCÈNE IV IRÈNE, RAOUL D'HOCQUETONVILLE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV IRÈNE, RAOUL D'HOCQUETONVILLE

Raour apparaît au fond, hautain ot fantasque ; tenue de guerre, aussi furieusement bizarre et exagérée qae possible. Il parle d'an grand ton sonore. Irène va vers Raoul qui recule do trois pas.

RAOUL

Que vois-je, est-ce la reine?

Eh ! quelle autre a ce port noble et doux qui réfrène Les*audaces, et met les gens en désarroi?

IRÈNE

Je suis votre servante et vous êtes mon roi.

Elle le conduit sur le devant de la scène, à droite, et le veut faire asseoir.

Tenez, asseyez^vous, que l'on vous considère A son aise.

' RAOUL

Dis-moi d'abord quel lapidaire Sut enchâsser parmi les cils délicieux Ces deux saphirs charmants et clairs que sont tes yeux?

IRÈNE

Flûtteur!

Elle le fait asseoir sur le fauteuil et prend place à côté do lui sur le tabouret. Raoul la caresse.

RAOUL

Le joli nez ! les mignonnes oreilles !

Mes pareils de tout temps aimèrent vos pareilles Et les petites mains déchirent les grands cœurs.

IRÈNE

Tous ces beaux discours-là sont des propos moqueurs, Mais c'est avec plaisir pourtant, qu'on les écoute. Au moins les tenez- vous à moi seule? >

RAOUL

Sans doute,

IRÈNE

Plus d'une vous adore, ô mon fier conquérant!

RAOUL

modeste

Aucune.

IRÈNE

d'un Ion de reproche

Vous mentez.

Elle le regarde marcher.

Sainte Vierge ! est-il grand !

Auprès de vous je suis en extase et peureuse Comme un enfant qui voit une arme dangereuse.-

Tout à coup, elle s'affaisse, pâle; Raoul la soutient

Irène !

RAOUL

IRENE

la main sur la poitrine

Là, là! c'est un poids étouffant.

Oh!

Raoul laisse tomber Irène sur le tauteuil. Il va à la fenêtre et luuvre Irène jette un regard effrayé vers le prie-Dieu.

Raoul se rapproche et s'agenbuille devant elle; elle souffre un peu moins. Continuant sa pensée :

Non.

A Raoul :

Cela va mieux;

Elle se lève.

C'est fini.

RAOUL

sortant de peino

Chère enfant !

IRÈNE

Je me souviens. J'ai fait dans le parc une course. La fatigue...

Elle marche appuyée au bras de Raoul, et tire une bourse passablement rondelette de la petite sache qui pend à sa ceinture.

Comment trouvez- vous cette bourse?

ba6c:l

extasié

A*irriirable!

lAÉXE

Merci. Depuis tout un grand mois.

J'y travaille, incertaine el le cœur plein d'émois. Je l'ai faite pour vous, Raoul!

RAOUL

prenant la bourse

Oh î ma princesse I Je la conserverai pleine ou \'ide sans cesse.

Soupesant la bourse :

Un peu lourde! mais, bah! les hommes comme nous Oui sous de tels fardeaux vu ployer leurs genoux, Qu'une charge pareille est encore légère!

lionne Irène, un baiser?

IBÈNB

Du calme.

RAOUL

J'exagère Le calme.

IRÈNE

C'est ainsi qu'on se damne, vilain!

RAOUL

la suivant

Par pitié!

Non.

IRÈNE

RAOUL

suppliant

Rien qu'un?

IRÈNE

Oh I le bon patelin

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