‹ Theveneau de Morande; étude sur le 18e siècleChapitre 36 sur 55 · MORANDE ET BEAUMARCHAIS · texte numérisé non relu

MORANDE ET BEAUMARCHAIS

Morande continue à soutenir la cour. — Motifs de sa conduite. — L'Affaire Kornmann. — Alliance de Morande et de Beaumarchais. — Les mésaventures conjugales du banquier Kornmann. — Son procès contre Beaumarchais, Daudet de Jossan, le prince de Nassau et M. Le Noir, ancien lieutenant général de police. — L'avocat Bergasse et ses mémoires pour Kornmann. — L'opinion publique défavorable à Beaumarchais. — Arrêt du Parlement. — Morande, dans le Courrier de l'Europe, prend le parti de Beaumarchais. — Lettre apocryphe, publiée sous le nom de Morande; il est accusé de vénalité. — Indignation du gazetier. — 11 se décide à quitter l'Angleterre. — Fin de sa collaboration au Courrier de l'Europe. — Morande revient en France.

AU milieu de ces hautes péripéties d'une révolution à son début, quel rôle va jouer ce chétit" pamphlétaire dont la plume a porté naguère les premiers coups à la monarchie ? Morande va-t-il encore une fois changer d'at-

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titude et, de précurseur de la Révolution devenu auxiliaire et agent de la <. uv, se tourner vers le plus fort^ vers le parti populaire ? Non : il ne changera plus désormais. M. de Loménie lui en tait honneur et le félicite de « s'être montré plein de respect pour Louis XVI, dans un temps où le meilleur des rois était déjà en proie aux plus intames outrages ' », Il n'est pas impossible en effet que Tex ga^etier cuirassé ait éprouvé un secret remords de son ancien métier de libelliste et un réel sentiment de fidélité pour les personnes royales; mais on a le droit de supposer aussi que ce sentiment n'avait rien de chevaleresque, et que Morande ne s'est pas un moment départi de son principe essentiel : gagner avec sa plume le plus d'argent possible. Mirabeau, malgré son génie et son tempérament révolutionnaire, devait se vendre à la cour : Morande, qui ne brillait pas parles scrupules et n'avait jamais obéi qu'aux mobiles les plus bas, restait fidèle à la monarchie parce que la monarchie pouvait payer encore. Jusqu'au lo août, les pamphlets contre-révolutionnaires de Paris et de Coblenz furent payés par la liste civile %

D'ailleurs, Morande prenait de toutes mains.

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