‹ Theveneau de Morande; étude sur le 18e siècleChapitre 41 sur 55 · V. Grimm, Corrcsp., t. XIII, p · texte numérisé non relu

V. Grimm, Corrcsp., t. XIII, p

Le marquis Ducrest se piquait de protéger les gens de lettres. Il avait décidé le duc d'Orléans « à suivre l'exemple de M. de Galonné et à pensionner douze trompettes dont voici les noms : MM. Marmontel, Gaillard, l'abbé de Lille et de la Harpe, de l'Académie française; messieurs Bcrtholet, Lavoisier, de la Place

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tière et visita successivement la Hollande , l'Angleterre et l'Amérique. Quand la Révolution s'ouvrit, au début de 1789, Brissot revint en France et reprit sa plume de journaliste en fondant le Patriote fi-ancais '. Après lëvasion du roi et l'affaire du Champ de Mars, il avait levé bien haut le drapeau républicain. Il accuse les Pisistrates qui, à l'entendre, avaient excité la garde nationale contre le peuple et versé le sang des enfants et des femmes dans la journée du 17 juillet, d'avoir voué à l'échafaud « les hommes à caractère « qui voulaient résister à ces essais de dictature. Mais il ne s'est pas

et de Vandermonde, de l'Académie des sciences; l'abbé de la Chaux, de l'Académie des inscriptions et bibliothécaire du prince; enfin, messieurs Bernardin de Saint-Pierre, Palissot et Ménageot : ce dernier est un peintre. » Ces pensions étaicntde 800 livres. Mémoires secrets, 3i janvier 1787. Du reste, le marquis administrait d'une façon remarquable les biens du duc, et le roi lui fit demander un mémoire sur les procédés qu'il avait employés pour faire rentrer les créances arriérées. C'est sans doute ce qui donna à l'audacieux gentilhomme ridée de se proposer au roi commcpouvant faire un ministre idéal, en réclamant la suppression des lettres de cachet et la démolition de la Bastille. Il demandait aussi la création d'un conseil pour chaque département ministériel, comme au temps de la régence.

I. Le Patriote français, publié à partir du 28 juin 178g jusqu'au 2 juin 179?, comprend i388 numéros, ce qui donne environ 8 volumes.

laissé intimider et « a déconcerté par ses regards plus d'un de ces brigands ». Alors on a changé de batteries, et, comme on n'osait pas prendre sa tête, on a essayé de la calomnie. Les tyrans avaient encore bien des ressources. « La liste civile, le trésor public, les places étoient à leurs ordres^ et les libellisteSj les délateurs mercenaires à leurs pieds. L'or a coulé, et la capitale a été inondée et d'émissaires qui préchoient dans tous les lieux publics contre les Jacobins; et de trompettes qui hurloient les grandes conspirations découvertes (encore à découvrir); et de pamphlets qui désignoient au peuple et aux gardes nationales leurs victimes; et de journaux qui versoient au loin le poison, fabriqué dans la capitale '. « Et que peut-on lui reprocher, à lui Brissot? On l'accuse d'être payé par les puissances étrangères? Mais il est pauvre et n'a ni caisse ni portefeuille. On prétend aussi qu'il a fait des dupes en Angleterre et s'est emparé de la fortune de ses associés. Si l'on a des pièces, qu'on les montre et qu'on les dépose chez un officier public : l'un de ses ennemis n'a-t-il pas déjà produit pour le perdre un faux certificat arrivé de Londres? .Et celui qui a commis cette infiimie, qui est-il?

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