I.'OPERA. T]g
dépensa, en trois mois, plus de 800,000 livres, sansqu'elle lui en sût le moindre gré. Le scandale fut si grand que le roi' exila le duc dans ses terres. Quant au public, il chansonna :
Bouillon
est preux et v
aillant :
Il aime
Ugu^re.
A tout a
Son ca
ur la préfère
Ma foi! V
Qui louj
ufB t'en va disant : '
Moi j'air
e Laguerre, i
Rué,,
Moi j'a
me Laguerre
Les étrangers aussi accouraient à la curée gâtante, avides de plaisirs et semant l'or à plei-
fait banqueroute. Quand il fui bien ruiné, l'aarice le
mit à la porte (février 1781). MH" Laguerre mourut le g février 1783. ■ Elle fut regrettée, disent les Mémoires secrets, des amateurs de l'Opéra, pour la belle qualité de sa voix et pour sa manière de chanter pure et fialtcusc. 1 Au moral, c'était un type de perversité. Dans ses derniers instants, elle avait fait appeler le curé de Saint-Nicolas des Champs. Le pasieur la trouva dan» une malpropreté dégoûtante et la croyait sans ressources. Elle venait simplement de liquider le mobilier donné par son dernier amant; elle laissait 300,000 livres de billets noirs et 3o,ooo livres de rentes. Ses camarades de l'Opéra disaient qu'elle ne s'était jamais débarrassée d'un grand vice : le goût du vol. i. V. dans VEspiort anglais, t. II, p. 173, le Dialogue entre le comte de Lauraguais et milord A II Ear, au sujet des filles les plus célèbres de la capitale. Morande n'a fait que copier. Conf. Galette noire, p. iGi)
tant une église, se trouve en préset trait de l'Immaculée Conception p Chanterie avait servi de modèle au p vérité, dit-il, frappé de la resseml la Vierge qui m'a... rendu si mala<
Mais quittons les sujets de la dans en revue ceux du chant.
L'étoile la plus brillante, à l'époc vait Morande^ c'est incontestablem Saint-Huberty, dont la curieuse exis fixé l'attention de la critique *. Née 1756, d'une famille misérable, ell< Varsovie où le musicien Lemoine des leçons, puis épousa à Berlin le c Croisy et, après des aventures vari< en juin 1777, un ordre de début pc de Paris. Son premier triomphe fut U gélique dans le Roland de Piccinni joua dans le Thésée de Gossec, dans
I. V. notamment le livre curieux de JuUien : VOpéra secret au xviii® siècle de i Paris, 1880, I vol. in-80. Mais l'auteur mention des re nR<»î «»«•«*— '*- ' *
de son maître Lemoine. Dans l'opéra d'Ariane, elle fîtscanda]c,pouravoireul'audacede paraître avec un costume grec dessiné par Moreau jeune, les jambes nues et chaussées du brodequin. Le rôle de Didon, dans l'opéra de Marmontel et Pîccinni, mit le comble â la réputation de la Saint-Huberty. Les deux auteurs, saisis d'enthousiasme, se mirent à genoux devant elle et lui baisèrent les mains. Cette admiration était d'ailleurs partagée par la cour : Amelot enchaîna l'artiste à l'Opéra pour huit ans, en lui faisant des conditions superbes. Grimm dit d'elle, à propos de la dernière représentation de la Didon de Piccinni, en janvier 1784 : « C'est la voix de Todi ; c'est le jeu de Clairon ' . « Quant à lau-