CHAPITRE PREMIER
L'Académie n'avait pas tardé à regretter l'acte d'arbitraire qui, en mars 1874, avait empêché ma réception publique. Elle le marqua en autorisant l'insertion dans ses annales de mon discours et de celui de M. Emile Augier et en me nommant, sans que je Teusse sollicité, directeur pour le trimestre de juillet à octobre 1877. Mais il était écrit que mon existence académique serait orageuse. Ce qui devait effacer les derniers souvenirs du passé en a amené le triste recommencement.
Mes fonctions approchaient de leur fin et j'avais déjà quitté Paris, me rendant à mon hal)itation de la Moutte, près de Saint-Tropez, lorsque M. Tiiiers mourut subitement. En vertu de nos usages je me trouvai chargé ainsi de la "mission de représenter
rAcadémie aux obsèques et de recevoirje successeur du défunl. Dès ce premier moment, un choc fut sur le point de se produire. Instruit de l'événement par les journaux, le 6 septembre au matin, j'avais télégraphié à notre secrétaire perpétuel, M. Camille Doucet : « J'apprends la mort de Thiers. Quand les obsèques? Si c'est possible, j'arriverai. »
Pendant que cette dépêche cheminait de Saint- Tropez sur Paris, M. Doucet, arrivé à Paris le matin même, constatait mon absence et celle du chancelier M. Marmier, en informait la famille de M. Thiers, et, sur le désir que celle-ci manifesta, demandait à l'Académie de désigner M. de Sacy pour me remplacer. La séance venait d'être levée après cette décision, quand ma dépêche arriva à M. Doucet. Il y répondit aussitôt : « Je vous écris séance levée; dépêche arrivée trop tard; inutile de vous déranger. »
Certains journaux altérèrent ces faits si naturels et présentèrent mon absence involontaire comme une exclusion prononcée contre moi par mes confrères, à la demande de la famille de M. Thiers. Je rétablis la vérité par une lettre au Petit Marseillais : (( Monsieur le rédacteur, tout est inexact dans Votre dépêche. Je n'ai pas annoncé à l'Académie la mort de M. Thiers, puisque je suis à la Moutte, et c'est uniquement à cause de cet éloignement que M. de Sacy a été chargé de prononcer un discours. Si j'eusse été présent, aucun de mes confrères n'aurait eu l'inconvenance de me demander l'abandon
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de mon droit, et je n'y aurais certainement pas consenti. Agréez, etc. [S septembre).
Ceux qui méditaient déjà de m'enlever la parole se crurent visés par cette lettre et s'en plaignirent. « Le règlement, dirent-ils, en confiant au directeur la tâche de recevoir le successeur de l'académicien mort pendant sa présidence, lui a imposé un devoir auquel il ne peut se soustraire sans de graves raisons : il ne lui a pas conféré un droit contre l'Académie elle-même. Celle-ci a toujours le pouvoir de retirer le mandat qu'elle a délégué si elle y voit un grand intérêt public ou particulier. C'est ainsi que, pour des raisons de convenance, on avait pensé à transférer de M. Dufaure à M. Alexandre Dumas le soin de recevoir M. Sardou. »
M. Camille Doucet ayant eu l'obligeance de me transmettre ces raisonnements, je lui répondis : « Laissons d'abord la distinction entre droit et devoir: tout droit n'est que la forme active du devoir. Tous dites : L'Académie, qui délègue le droit ou le devoir, pourrait le transférer à un autre : nefjo. Lorsqu'une fonction a été déléguée, pendant le temps de la délégation elle est iiudiénahk. L'Académie nomme qui elle veut. mai^. la nomination faite, l'élu exerce indépendamment d'elle, et au besoin malgré elle et contre elle, les attributions que Fusage et les règlements attachent à la qualité de directeur, de même que le député pendant la durée de son mandat, le président de la Répu])li(|ue pendant le temps de sa magistrature, exercent librement leurs fonctions, des devoirs aussi, sans qu'ils puissent être
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remplacés par ceux dont ils tiennent leurs pouvoirs. L'exemple que vous me citez d'un échange possible entre deux discours n'est pas concluant. Il ne s'agissait pas à mon égard d'échange mais d'exclusion humiliante. Rien de plus naturel que des combinaisons comme celles que vous me rappelez, faites volontairement entre collègues. Ainsi M™'' Thiers m'aurait envoyé M. Mignet ou M. Calmon, ou tout autre, avec mission de me dire : « Les traditions de TAcadémie vous désignent pourparler sur la tombe de M. Thiers ; mais M'"'' Thiers vous serait très ohligée de permettre à M. de Sacy de prononcer les dernières pandes de l'adieu », je n'aurais pas fait une objection et j'aurais immédiatement consenti à ce que M'"'' Thiers désirait. Les choses se sont passées bien difleremment. Dans tous les journaux paraît à la fois une note ayant la môme origine, conçue dans les mêmes termes : (( L'Académie ne voudrapas infliger àM. Thiers l'outrage posthume de laisser la terre qui le couvrira foulée par l'homme au co'ur léger, etc. » Dans ces circonstances, j'aurais considéré, moi présent, comme une inconvenance, le mot est doux, comme un outrage, qu'imde mes confrères demandât à l'Académie de charger un autre de la représenter. Je n'ai rien voulu dire de plus, et cela j'étais obligé de le dire. J'ai senti dans cette campagne l'acheminement à une nouvelle tentative de m'empécher de parler, voilà pourquoi j'ai étéraide. Principiis obsta. (15 septembre.) »
L'incident- n'eut pas de suite, mais il contenait un avertissement. En ce ({ui me concerne, je le com-
pris; c'est pourquoi je m'efforçai d'empêcher la nomination de M. Henri Martin au fauteuil de M. Thiers. « Au milieu de la division actuelle des esprits et du déchaînement des passions, dis-je à mes confrères , la véritahle manière de parler de M. Thiers à l'Académie serait de mettre en lumière les côtés par lesquels il mérite l'admiration universelle et de laisser dans le demi -jour la partie militante de sa longue existence, celle surtout qui est liée a des souvenirs poignants, à des événements que l'histoire elle-même n'a pas encore le sang-froid d'apprécier avec équité. Choisissez un esprit élevé, dégagé des liens de parti, M. Renan ou M. Taine, qui, se contentant de puiser à pleines mains dans quarante années d'éloquence et dans trente volumes, sache éviter ce qui trouble ou ce qui irrite. Le hasard vous a créé une difficulté en me chargeant de la réponse; ne faites pas la situation plus aiguë en désignant pour l'éloge une personne qui rendra le choc inévitable. Par la tournure de son esprit aussi bien que par les exigences de son caractère politique, M. Henri Martin sera conduit à insister surtout sur l'homme d'Etat et, en particulier, sur celui des dernières années. Cela m'obligera à des réponses d'où sortira un conflit. » Mes observations furent- vaines : comme c'était un conflit qu'on voulait, on n'en poussa que plus ardemment à la nomination de celui qui devait l'amener.
Les procédés qui suivirent le succès de M. Henri Martin ne me laissèrent aucun doute sur ce qui se préparait. Au lieu de s'entendre avec moi, selon la
coutume, M. Henri Martin ne me donna aucun signe de vie, il ne jugea pas à propos de m'envoyer son discours, et c'est du secrétaire perpétuel que j'en reçus notification. Le discours lui-même était moins un éloge académique qu'un dithyrambe politique, ardent, sans modération et sans équité, tourné à la glorification de la République et à la condamnation du second Empire, dans lequel la guerre de 1870 et ses origines étaient jugées avec le parti pris le plus étourdi. Désireux néanmoins de ne donner aucun prétexte plausible au trouble académique, au lieu d'user de représailles, je m'efforçai de ne pas m'écarter de la plus généreuse modération, et un livre m'aurait moins coûté à composer que ma courte réponse, tant je la refis et la remaniai afin d'éviter tout ce qui eût été de nature à blesser les susceptibilités et à colorer un nouvel acte d'arbitraire.
Le public ne se méprit pas sur ce qu'on préparait. « Vous ne prononcerez pas votre discours ; c'est décidé, » me dit-on de toutes parts à mon arrivée à Paris. Cependant, unmoment, je crus m'ètre trompé. A la première des séances auxquelles j'assistais, M. Legouvé, l'ami de la famille Thiers et de M. Henri Martin, un des meneurs de l'Académie, m'aborda et me dit : « Y a-t-il dans le discours d'Henri Martin quelque passage qui vous ait blessé personnellement?— Personnellement? lui répondis-je, non. » En effet, il n'est pas dans mes habitudes de me blesser d'une opinion quelconque, me fût-elle hostile, pourvu que, dans le cas où je ne puis la dédaigner,
il me soit permis de la réfuter. » Mais, ajoutais-je, ce discours contient des appréciations que je relèverai très énergiquement. Du reste, dis-je en concluant, croyez-moi , ne recommencez pas l'histoire de mon discours de réception; personne n'y gagnerait rien; laissez à M. Henri Martin la latitude d'exposer toutes ses idées, ne me disputez pas la liberté de lui répondre par les miennes. — C'est tout à fait mon avis, répartit M. Legouvé. On a eu tort d'interdire votre discours de réception, il ne faut pas recommencer. J'ignore si le sovi me mettra parmi les commissaires; dans tous les cas, je serai présent en qualité de parrain de M. Henri Martin, et, si vous refusez les retranchements qu'on se croirait obligé de vous demander, j'exprimerai l'avis qu'après avoir insisté fortement sur la responsabilité que vous encourrez, on vous laisse parler à vos risques et périls. » M. Legouvé tint le même langage à un grand nombre de nos confrères.
Aussi ma satisfaction fut-elle réelle de ce que le sort eût mis dans la commission chargée d'entendre les discours un juge animé d'intentions aussi libérales. Ce secours m'était bien nécessaire, car le hasard avait singulièrement favorisé mes adversaires systématiques. Sans doute la commission contenait de droit M. Camille Doucet, duquel je n'avais rien à attendre que de bienveillant, M. Sardou, que je supposais n'avoir oublié ni mon empressement à assurer son élection faite à une voix de majorité, ni son mot récent sur M. Thiers : « H était patriote, quand la France c'était lui. » Mais elle
contenait aussi MM. Diifauro, Jules Simon et Mignet, mes ennemis déclarés, confidents ou ministres de M. Thiers. qui se glorifieraient eux-mêmes en le aioi'ifiant.
La première séance de la commission se tint le mardi :20 mai. Après la lecture des deux discours, M. Dufaure se plaignit de ce qu'ils continssent trop de politique belligérante. M. Jules Simon développa la pensée qu'en parlant de la guerre, M. Henri Martin n'avait pas tenu assez compte de ma présence au bureau, et que , de mon côté , j'avais trop diminué en M. Tbiers la valeur de Tbomme d'Etat. Je répliquai à M. Dufaure que, mon discours étant une réponse, j'avais du le modeler sur celui qu'on m'avait présenté, et que son reproche ne s'adressait pas à moi. Je contestai ensuite, non sans quelque vivacité, l'appréciation de M. Jules Simon.
Des observations générales on passa aux critiques de détail.
Dans le discours de M. Henri Martin on ne releva qu'une appréciation violente sur Napoléon P"" : (^ La « nature propre de M. Tbiers 1* avait porté à cette « sympatbie envers le grand capitaine et le grand « organisateur : le milieu où il avait vécu avait u fortifié en lui c»» sentiment. Personne n'ignore à « (jnel p(jiut s'étaient mêlés le -libéralisme et l'im- « périalisme sous la Restauration : le regi'et de la
« grandeur perdue se confondait avec le souvenir « du nouveau César. La génération actuelle, qui a « étudié le passé sous l'impression d'une seconde « expérience de l'Empire, ne garde plus rien des « sentiments que conservait l'époque précédente à « l'égard du premier empereur. Il serait impossi- « ble à cette génération de penser autrement; mais « il serait injuste à elle de se refuser à comprendre « chez ses devanciers ce qui était pour eux comme « une des formes du patriotisme. »
On regarda de plus près à mon discours. Indépendamment de quelques observations de détail, on releva un premier passage — « A-t-il aimé la vérité? Sans nul doute, mais à sa façon. Y a-t-il intérêt? Il commence par grossir le fait vrai ; à force de répéter cette exagération, il se persuade qu'elle est la vérité et il la traite en conséquence, c'est-àdire, il l'exagère de nouveau, il arrive ainsi d'exagérations en exagérations à soutenir ce qui n'(.'st pas véridique sans avoir jamais menti, don heureux qui n'a pas été le plus inutile de tous ceux prodigués à cette riche nature î »
Mais l'insistance porta surtout sur ce que je disais de la conduite de M. Thiers après nos premiers revers. Je la caractérisais dans les termes suivants : « M. Thiers a bien mérité de la patrie en acceptant la tâche terrible de libérer le territoire. On discutera les moyens auxquels il a (mi r(;cours. Aucun juge impartial ne refusera son admiration à ce vieillard infatigable, jour et nuit au travail, passant du conseil à la tribune, au champ de bataille, aux confé-
rences avec un ennemi implacable, usant les derniers restes de sa vie à arracher notre territoire à l'étranger, notre capitale à l'anarchie. Mais, avant ces jours-là, une grandeur plus haute lui avait été offerte par la destinée. Le 9 août, à la première nouvelle de revers aussi foudroyants qu'imprévus, s'il avait tenu le raisonnement qu'il fit le 4 septembre au profit des envahisseurs du Corps législatif, et dit : <( L'ennemi approche, pas de divisions, pas « de luttes intestines , pas de révolutions ! Faisons M tous le sacrifice de nos sentiments personnels aux « dangers publics », par la'force des choses et par la volonté de la Chambre, de l'assentiment général, il fût devenu aussitôt le maître des affaires quand rien n'était encore perdu ; il eût sauvé vraiment le pays et empêché les malheurs qu'il a pu seulement atténuer. Un homme s'est trouvé qui comprit ainsi le devoir patriotique : le noble général Changarnier. S'inspirant de la tradition de Carnot, il oublie son emprisonnement, son long exil, sa carrière brisée; et, ne pouvant à la tribune conseiller l'abnégation, il court au quartier général, serre la main de l'Empereur et s'enferme à Metz, quoique plié par l'âge, pour lutter et souffrir avec ses anciens lieutenants. Voilà la magnanime conduite qu'il faut proposer à l'admiration du temps présent; car si, ayant tant à nous pardonner les uns aux autres, personne ne donne l'exemple de l'oubli généreux, que deviendrons-nous? »
M. Dufaure me provoqua à une discussion. Je la déclinai très poliment. « Si j'étais à la tribune,
lui répondis-je, j'accepterais le débat avec vous, non-seulement sur le 15 juillet, mais surtout ce qui a suivi ; je le refuse, en ce moment, car je n'aperçois pas des juges autour de moi. » Cependant, M. Henri Martin se montrant disposé à opérer quelques modifications, je déclarai que, de mon côté, je tiendrais compte des retranchements qu'il me soumettrait. La commission s'ajourna au jeudi 22, pour prendre connaissance de ce double travail.
M. Henri Martin sacrifia le jugement sur Napoléon P*", que j'avais raillé d'un mot : « Vous brisez la statue de Napoléon aux pieds de M. Thiers et le hissez sur les débris. » Il retrancha, en outre, deux affirmations plus que téméraires : « M. Thiers, dans une interpellation sur les affaires étrangères, en 1867, conclut à l'alliance anglo-autrichienne et à la paix avec douze cent mille hommes sous les armes ou pouvant être appelés aux armes. Si nous les eussions eus, trois ans après, ces douze cent mille hommes organisés et armés, nous eussions été sauvés. Comme saisi d'un sinistre pressentiment, quelques jours avant qu'eussent éclaté dans nos Chambres la fatale question de la royauté espagnole et le nom de HohenzoUern , M. Thiers dénonçait de nouveau à la tribune l'insuffisance de nos forces militaires. « L'Autriche, dit-il, n'était pas prête, « c'est ce qui a causé sa ruine ; ne l'imitons pas ! » Il avait demandé qu'on se préparât à la guerre en maintenant la paix. On se jeta dans la guerre sans s'y être préparé. » A quoi j'avais répondu : « Vous dites que M. Thiers avait conclu à avoir douze cent
mille hommes sous les armes ou pouvant être appelés sous les armes, et que, si nous les eussions eus trois ans après, ces douze cent mille hommes organisés et armés, nous eussions été sauvés. Quelqu'un, en effet, demanda à cette époque douze cent mille hommes. L'Empereur. Quelqu'un les lui refusa, M. Thiers. — Yous ajoutez que, quelques jours avant la fatale question Hohenzollern, M. Thiers dénonçait de nouveau à la tribune l'insuffisance de nos forces militaires. Lorsque vous serez de loisir, je vous engage à relire le discours que vous analysez ainsi, vous y verrez que, loin de dire : « Nous sommes faibles, fortifions-nous », M. Thiers, répondant à ses amis de la gauche et non au gouvernement, dit au contraire : « Nous sommes forts, nous sommes imposants, ne nous affaibUssons pas. » — Si M. H. Martin avait maintenu des accusations aussi manifestement dépourvues de sérieux et de vérité, il m'eût ménagé le succès d'une réfutation triomphante. Par le même motif, il renonça à l'invention mélodramatique « de la voix brisée par les sanglots. » Mais, dans le morceau sur la guerre auquel j'étais personnellement intéressé, il se contenta de quelques changements sans importance et il persista à dire : « On sait par quels efforts désespérés M. Thiers tenta de retenir la France sur la pente de l'abîme. On sait ce que, dans la séance trop fameuse du 15 juillet 1870, il a dépensé de courage, de patience, de dévouement, pour arrêter dans ses entraînements une majorité frappée de vertige. Il n'est pas, dans l'histoire des assemblées politiques,
de spectacle plus émouvant que celui de ce vieillard donnant les plus salutaires conseils, les plus patriotiques avertissements au milieu des interruptions et des murmures , et luttant contre les clameurs de ceux qui l'accusaient de trahir son pays, alors qu'il ne voulait que le sauver! Le même homme qu'on avait tant outragé quand il s'opposait à la guerre fut appelé au Comité de défense le 27 août, après les premiers désastres que d'autres plus aflVeux allaient suivre. Ceux qui avaient envoyé Tarmée à Sedan lui demandèrent conseil quand il n'y eut plus d'armée. » M. Jules Simon eut raison de s'écrier après la lecture de cette tirade provocatrice : « Yous le voyez, rien n'est changé au sens primitif! »
De mon côté, je biffai tout ce qui correspondait aux retranchements opérés par M. Henri Martin : le passage sur les douze cent mille hommes ; la phrase par laquelle j'avais raillé le jugement sur Napoléon ; je m'apphquai ensuite à satisfaire aux principales remarques des membres de la commission. Le fragment sur la manière dont M. Thiers aimait la vérité est de ceux qu'on maintient ou qu'on supprime, mais qu'on n'atténue pas. Quoique ayant entre les mains de nombreuses preuves qui m'eussent permis de le maintenir, je le supprimai. Je fis également disparaître les expressions qui pouvaient être entendues dans un sens défavorable. Par exemple, j'avais dit : « Il considérait la politique comme déterminée par des circonstances auxquelles il est habile de s'adapter », je mis : « auxquelles il est sage de s'adapter. » J'avais dit : « dans la conduite il était