‹ Thomas Bartlett en FranceChapitre 13 sur 15 · LES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS

reste de l’armée ? Il avait eu le temps, malgré la brièveté de son séjour, de connaître les lieux. Si l’armée recule, où vont les Boches? Thomas Bartlett pense à Paris, menacé, découvert, qu’il s’était promis de défendre, que toute l’armée anglaise avait promis de défendre. Hésitants, ses derniers soldats ont les yeux sur lui : un geste, un mouvement, une seconde d’incertitude et le boqueteau d’où ils mitraillent encore les Boches sur les routes de l’Oise, est perdu. Il faut tenir, tenir jusqu’à la mort, pour couvrir Paris! Thomas Bartlett tiendra jusqu’à la mort, pour couvrir Paris.

Soudain, il tombe, s’évanouit !

Quand il se réveille au poste de secours, il ne s’informe pas de sa blessure, qu’il ignore, mais de la bataille.

Toute l’armée britannique est en retraite. On déménage le poste; on emporte ou abandonne les blessés.

Un cri retentit, circule, arrive jusqu’à Thomas Bartlett.

— French !... French !... Les Français sont arrivés... !

— Les Français ?

Le mot s’est exhalé comme un so'upir des lèvres mourantes de Thomas Bartlett, mais son visage, maintenant si pâle, s’est illuminé. Les Français sont là, les rapides Français, faiseurs de miracles ! Paris, qu’il devait couvrir, ils vont en prendre eux-mêmes la défense à leur compte. Thomas Bartlett n’a pas pu faire mieux, mais

il a gagné le temps qu’il fallait et meurt content. Une fois de plus, les Boches ne passeront pas !

Thomas Bartlett murmure :

— French !. . . French /. . . for ever !.. .

Puis se renverse et s’allonge, beau comme un marbre antique.

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