‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 100 sur 206 · Casa con dos puertas..., Jornada I · texte numérisé non relu

Casa con dos puertas..., Jornada I

les rimes qui sonnent de la première scène à la dernière. Pères et frères n'ont qu'une pensée : sauver « la gloire » de la maison, et ce souci si délicat de leur dignité, cet orgueil exaspéré, sans cesse en alarme, semble avoir rempli leur âme au point de ne pas laisser de place à d'autres impressions. Un certain Alvar, qui revient de loin, fait cacher à son père qu'il est en vie ; quand enfin il le rencontre, il n'a pas un mot de tendresse pour lui. Un autre cavalier, llcnrique, meurt sans que son frère ni sa sœur l'aillent voir et, à la fin du cinquième acte, tout le monde s'abandonne à la joie sans songer un seul instant qu'en même temps que deux mariages il faudra faire un enterrement. Il y a pourtant de l'amour dans cette comédie, il y en a même beaucoup ; mais personne n'hésite à sacrifier sa passion aux devoirs qu'impose l'honneur du nom. Les femmes mêmes savent faire taire leur cœur, quand cet honneur commande. Jacinte, par exemple, renonce sans murmurer à une union longtemps espérée, parce que son père outragé a besoin d'elle pour assurer sa vengeance :

L'ardeur de vous venger remplit trop mes désirs, Pour abaisser mon Ame à de honteux soupirs. Si mon sexe aujourd'hui m'avait permis les armes, Vous auriez vu du sang où vous craignez les larmes; Mais je ferai du inoins tout ce qu'il peut souffrir Et, ne pouvant tuer, je saurai bien mourir '.

Un moyen cependant lui reste d'éviter ce sacrifice : mais son orgueil scrupuleux s'effarouche il la pensée qu'il faudra user d'un détour : — « Personne n'en saura rien », lui dit son amant.

Et moi, don Lope, et moi, ne le saurai-je pas 2?

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