‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 113 sur 206 · II, v · texte numérisé non relu

II, v

2. Puisque chacun ici, d'une commune voix, Soutient que je suis prince, il faut que je le sois.

Et il ajoute, non sans finesse :

On est plus grand seigneur quelquefois qu'on ne pense.

Il vous souvient de plus que le roi, votre père....

— Ma foi ! s'il m'en souvient, il ne m'en souvient guère !

s écrie naïvement Jodelet '.

Mis en présence de la princesse de Salernc, dont il est censé avoir tué le frère, il l'aborde galamment, comme il sait qu'on doit aborder les dames :

On vous aura conté, charmante geôlière,

Qu'on vous envoie ici mon âme prisonnière;

Car vos yeux, quand ils font jouer tous leurs ressorts,

Emprisonnent bien plus les âmes que les corps.

Mais la princesse le reçoit si mal, que ses bonnes dispositions s'en trouvent tout d'un coup refroidies :

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